Se sentir bien dans sa peau, heureux de vivre, quelle que soit la raison, affective, physique ou même esthétique, déclenche la sécrétion par le cerveau de substances telles les benzodiazépines naturelles, dont l’effet euphorisant est très bénéfique à l’organisme. Pour certains spécialistes, ces substances sont des véritables «drogues du bonheur» dont l’organisme a absolument besoin. La privation de ces substances, par un sevrage total, est en effet très mal vécue par les sujets avec des sensations de douleur physique et de l’agitation proches de celles d’un état de manque... En revanche une grande joie, un sentiment de bonheur intense, non seulement influent sur l’humeur et le stress mais aussi sur la douleur par un effet antalgique exercé sur les muscles qui se décontractent. L’état de bien-être stimule également la sécrétion des hormones de croissance, ainsi que des hormones sexuelles tout en réduisant le risque d’hypertension. L’alchimie du bonheur Il ne faut pas toutefois confondre plaisir et bonheur. L’un est affaire des sens tandis que le second est un état d’esprit. Selon Christian Boiron, la source du bonheur se trouve dans le cerveau. Il s’agit d’un état physiopsychologique traduisant l’harmonie entre deux parties du cerveau dotées d’un pouvoir de décision, et une troisième partie (dite reptilienne) qui régule les besoins vitaux du corps. Les deux parties cérébrales impliquées sont le cerveau «limbique» et le «néo-cortical». Le plaisir (dans son sens le plus large) concernerait uniquement les cerveaux limbique et reptilien. Autres agents impliqués : les neurotransmetteurs et certaines substances chimiques cérébrales dont le rôle n’a pas encore été entièrement élucidé. Dans les mécanismes du plaisir interviennent les endorphines, du genre de morphines naturelles, sécrétées par le cerveau, dont l’effet est celui d’une douce euphorie. Une autre hormone aussi serait associée au plaisir, l’ocyctocine, également présente durant l’alaitement. Génétiquement programmés ? Une fois ces mécanismes décryptés, se pose la question : existe-t-il un gène qui prédispose au bonheur ? Deux chercheurs, Lykken et Tellegen, ont voulu explorer ce domaine de la recherche, en orientant leurs travaux sur des jumeaux, étudiant l’éventualité de la transmission du gène présumé à la descendance. Le résultat fut ahurissant. Quatre-vingt pour cent, selon leurs calculs, seraient «porteurs de cette tendance au bonheur», sans pouvoir avancer toutefois une preuve génétique de cet héritage. Ce qui enlève, certes, toute crédibilité à leur expérience. Mais deux autres spécialistes, Francesco et Luca Cavalli-Sforza, auteurs de Science du bonheur, soutenant la thèse de l’hérédité, soulignent que ce qui est intéressant c’est que chez chaque individu «doué» existe une tendance stable pour le bonheur au cours du temps... «Comme si tout événement, expliquent-ils, même négatif ou contrariant, ne pouvait modifier durablement le degré de bonheur qu’ils trouvent dans l’existence malgré ses inévitables contrariétés». Conclusion, selon les deux analystes : il est permis de supposer que tout individu serait programmé ou «calibré» (selon leur terme) pour un certain degré de bonheur «prédéfini». Les instigateurs de cette «prédisposition» ne seraient autres que les gènes... Il reste, maintenant, à définir les gènes qui confèrent cette merveilleuse vertu à leur porteur... Entre-temps rien n’empêche d’aimer la vie malgré ses travers et de tirer profit de tous les cadeaux qu’elle apporte, même si son père et son grand-père n’agissaient pas ainsi...
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Se sentir bien dans sa peau, heureux de vivre, quelle que soit la raison, affective, physique ou même esthétique, déclenche la sécrétion par le cerveau de substances telles les benzodiazépines naturelles, dont l’effet euphorisant est très bénéfique à l’organisme. Pour certains spécialistes, ces substances sont des véritables «drogues du bonheur» dont l’organisme a absolument besoin. La privation de ces substances, par un sevrage total, est en effet très mal vécue par les sujets avec des sensations de douleur physique et de l’agitation proches de celles d’un état de manque... En revanche une grande joie, un sentiment de bonheur intense, non seulement influent sur l’humeur et le stress mais aussi sur la douleur par un effet antalgique exercé sur les muscles qui se décontractent. L’état de bien-être...