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Actualités - Chronologie

En congrès à Londres, une opposition à l’unité balbutiante

Quelque 300 à 350 représentants de l’opposition irakienne dont l’unité est encore balbutiante se rassemblent samedi et dimanche à Londres pour un congrès qui parie déjà sur « l’après Saddam Hussein » sur fond de pression montante des États-Unis contre le régime de Bagdad. L’organisation de ce congrès n’a pas été chose facile. Prévu à Londres puis à Bruxelles, il a été reporté à plusieurs reprises en raison de rivalités au sein d’une opposition irakienne éclatée. En témoignent l’intense activité diplomatique des derniers jours et la multiplication des contacts entre les dirigeants des différentes composantes plus ou moins soutenues par les États-Unis. Autre signe : si les six principaux groupes qui ont organisé la conférence sont connus, il restait difficile d’identifier, à deux jours du début de la réunion, l’ensemble des participants. « La liste ne sera communiquée que vendredi ou samedi », indiquait une source proche du Congrès national irakien (CNI), une coalition de partis et l’un des principaux organisateurs. Outre le CNI, figurent dans le comité préparatoire l’Assemblée suprême de la révolution islamique en Irak (ASRII), le Mouvement de l’entente nationale, le Mouvement pour la monarchie constitutionnelle (MMC), le Parti démocratique du Kurdistan (PDK) et l’UPK, les deux principales factions kurdes contrôlant le nord de l’Irak depuis 1991. Certains mouvements, comme le Parti communiste irakien et le parti islamiste al-Daoua, l’un des principaux partis d’opposition chiites en Irak, ainsi que la branche syrienne du parti Baas, opposée à celle au pouvoir à Bagdad, ont eux déjà annoncé qu’ils boycottaient le congrès. « Ils ne sont pas satisfaits de leur niveau de représentation », a affirmé Fayçal Chalabi, porte-parole du CNI en France, présent à Londres et neveu du leader du CNI Ahmad Chalabi qui dispose de forts soutiens au Pentagone. La question de la représentativité de chacun au sein d’un Irak débarrassé de Saddam Hussein est d’ailleurs l’une des questions clefs qui a fait dérailler le processus jusqu’à maintenant. Manœuvres de dernière minute Les deux partis kurdes, forts de plusieurs milliers de combattants présents dans le nord de l’Irak, le disputent aux mouvements chiites du Sud dont certains disposent de bases d’entraînement en Iran. L’Iran, qu’une guerre sanglante a opposé à l’Irak de 1980 à 1988 mais qui est opposé à une intervention militaire américaine, donne asile à l’ASRII, principal groupe de l’opposition chiite et à ses « brigades Badr », et est devenu le passage obligé pour les différents opposants au régime de Bagdad. Reste qu’avec l’absence d’al-Daoua, une bonne partie de l’opposition chiite ne sera pas représentée, même si dans le cadre de manœuvres de dernière minute, al-Daoua al-Islamiya, issu d’une scission du al-Daoua, a rejoint les rangs du comité organisateur mardi. Le parti islamiste al-Daoua dénonce également la tenue d’un congrès aux ordres des États-Unis, ce dont se défend Washington qui vient pourtant de débloquer, sur demande expresse du président George W. Bush, 92 millions de dollars d’aide à des groupes d’opposants irakiens, en équipements militaires et en entraînement. Washington a nommé un Monsieur « Irakiens libres », Zalmay Khalilzad, chargé de la coordination de l’opposition. Selon le CNI, les États-Unis ont également décidé d’entraîner 10 000 Irakiens, ce qui n’est pas du goût des partis kurdes qui défendent l’idée d’un État irakien fédéral où le Kurdistan jouirait d’une large autonomie. « Les Américains veulent s’appuyer sur une force qu’ils ont entraînée et formée eux-mêmes », a indiqué Fayçal Chalabi. Jeudi, certains participants au congrès de Londres (dont d’anciens officiels irakiens) se rendaient dans le sud de la ville à une rencontre spécialisée sur « L’Irak et l’avenir de l’approvisionnement en pétrole dans le monde ».
Quelque 300 à 350 représentants de l’opposition irakienne dont l’unité est encore balbutiante se rassemblent samedi et dimanche à Londres pour un congrès qui parie déjà sur « l’après Saddam Hussein » sur fond de pression montante des États-Unis contre le régime de Bagdad. L’organisation de ce congrès n’a pas été chose facile. Prévu à Londres puis à Bruxelles, il a été reporté à plusieurs reprises en raison de rivalités au sein d’une opposition irakienne éclatée. En témoignent l’intense activité diplomatique des derniers jours et la multiplication des contacts entre les dirigeants des différentes composantes plus ou moins soutenues par les États-Unis. Autre signe : si les six principaux groupes qui ont organisé la conférence sont connus, il restait difficile d’identifier, à deux jours du...