La déclaration sur l’arsenal irakien contient des informations à ne pas mettre entre toutes les mains et d’autres qui ne pourront être vérifiées qu’avec l’aide de services de renseignements, soulignaient hier des diplomates à Bagdad. Mais, dans l’un et l’autre cas, le souci du secret affiché par l’Onu et par les États-Unis va rendre plus difficile l’évaluation de la réalité de la menace irakienne. « Le document sera expurgé avant d’être distribué aux membres du Conseil de sécurité » de l’Onu, a souligné un diplomate en référence aux milliers de pages et aux dossiers électroniques sur les programmes à vocation militaires de l’Irak. Certains pays du Conseil ont estimé qu’il ne serait pas approprié de faire circuler des informations techniques sur des systèmes d’armes nucléaires, chimiques ou bactériologiques qui pourraient tomber entre des mains peu scrupuleuses, ont souligné des diplomates. Mais cette décision, si elle se justifie sur le plan de la lutte contre la prolifération, va de fait limiter la capacité des membres du Conseil à juger, le moment venu, de la réalité d’une éventuelle omission ou distorsion qui pourrait être reprochée aux Irakiens. De même, le travail sur le terrain des inspecteurs en désarmement chargés de rapporter leurs trouvailles au Conseil de sécurité risque de pâtir de la réticence que les services de renseignements, qui prétendent en savoir beaucoup sur l’Irak, affichent pour le partage de leurs informations. « Les inspecteurs ne peuvent pas le faire seul, malgré leur compétence », a admis un diplomate occidental. « On se doute qu’ils ont besoin de compétences extérieures », a-t-il ajouté. Or des responsables de l’Administration américaine qui accuse l’Irak de mentir et de conserver des armes prohibées ont laissé entendre que leurs services n’étaient pas disposés à fournir des informations aux inspecteurs. Les critiques de Hans Blix Lorsque le président américain George W. Bush ou le secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld évoquent des « preuves », a expliqué un responsable américain, « ils parlent de sources d’information exclusives qui seraient sans doute perdues si l’adversaire savait que nous les avons. C’est pourquoi nous ne pouvons pas être plus spécifiques ». Le chef des inspecteurs de l’Onu, Hans Blix, s’en est plaint à demi-mot. Commentant les accusations de Washington, mais aussi de Londres, contre Bagdad, il a relevé : « Ils ont le sentiment de détenir des informations secrètes qui le prouvent. Mais nous n’avons pas reçu une telle documentation. » À moins donc de faire une confiance aveugle à ces deux pays et de les croire sur parole, prendre en considération ce qu’ils avancent va être difficile, notent des experts de l’Onu à Bagdad. « Si les Américains ont quelque chose, ils doivent le dire », a assuré l’un d’eux. Pour autant, ce qui a été récemment rendu public par les États-Unis et la Grande-Bretagne, pour alimenter leur campagne contre le régime irakien, a déjà servi aux inspecteurs sur le terrain pour diriger leurs efforts. Ainsi, le complexe visité hier par une équipe de la Commission de contrôle, de vérification et d’inspection de l’Onu à Falouja a été accusé par les renseignements américains d’abriter des activités prohibées. Photos satellites à l’appui, la CIA avait assuré que la production de chlore, dans une usine, et celle d’huile de castor, dans une autre, étaient largement supérieures aux besoins civils de l’Irak et révélaient une activité militaire.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La déclaration sur l’arsenal irakien contient des informations à ne pas mettre entre toutes les mains et d’autres qui ne pourront être vérifiées qu’avec l’aide de services de renseignements, soulignaient hier des diplomates à Bagdad. Mais, dans l’un et l’autre cas, le souci du secret affiché par l’Onu et par les États-Unis va rendre plus difficile l’évaluation de la réalité de la menace irakienne. « Le document sera expurgé avant d’être distribué aux membres du Conseil de sécurité » de l’Onu, a souligné un diplomate en référence aux milliers de pages et aux dossiers électroniques sur les programmes à vocation militaires de l’Irak. Certains pays du Conseil ont estimé qu’il ne serait pas approprié de faire circuler des informations techniques sur des systèmes d’armes nucléaires,...