Paul-Henri Mathieu était certainement le plus abattu de tous les joueurs français après avoir cédé, dans le cinquième match de la finale, la Coupe Davis à la Russie, dimanche, sur la terre battue du Palais omnisports de Paris-Bercy. Mais tous se sont présentés les yeux rougis à l’heure d’expliquer cette défaite, eux qui avaient tant cru pouvoir conserver le Saladier d’argent, conquis de haute lutte l’an passé en Australie. Mathieu, 20 ans et qui vivait lors de cette finale son baptême du feu dans la compétition, a été battu dans le cinquième match décisif par Mikhaïl Youzhny, revenu du diable vauvert après avoir été mené deux sets à zéro par l’Alsacien (3-6, 6-2, 6-3, 7-5, 6-4). « Au début, ça allait. J’ai essayé de bien entrer dans la partie, ce qui n’est pas facile sur un match décisif. Je suis bien entré dans le match et après, cela se joue à pas grand-chose. Je mène facilement, puis il a commencé à bien jouer et moi, j’étais plus sur la défensive... », a commenté Paul-Henri Mathieu. À l’issue du match, Mathieu a fondu en larmes mais a rapidement été soutenu par tous ses coéquipiers et les membres du staff. « Après le match, ils m’ont dit que j’avais tout fait, que j’avais donné le maximum », a raconté Paul-Henri Mathieu. « Pas à rougir » Nicolas Escudé qui, l’an passé en Australie, avait été le héros des Tricolores en arrachant, en cinq sets, le point de la victoire dans le cinquième set décisif, poursuivait ce discours après la sortie du court. « C’est le sport, il y a des jours plus heureux que d’autres. Vu son potentiel et son état d’esprit, il ne doit pas s’arrêter à cela. Il n’a pas à rougir de cette défaite », a affirmé Escudé. « Il a prouvé par le passé qu’il était un grand joueur. On ramènera à nouveau le Saladier d’argent en France. » Guy Forget, le capitaine des Français, a insisté sur le fait que la défaite était celle « de tout un groupe et pas seulement celle de Paul-Henri ». Il a également mis sur le compte de quelques petites lacunes techniques le revers de « Paulo ». « Il y a plein de petites choses qui ont fait basculer le match. Je sais les raisons pour lesquelles il a perdu. Il a été très fort dans sa tête et physiquement, mais il lui a manqué, techniquement, quelques petites cartes à abattre, qui lui auraient permis de faire d’autres choses sur le terrain », a-t-il analysé. « C’est dur. À la fin, c’est une chappe de plomb qui te tombe sur les épaules. » Le seul regret de Guy Forget aura été – non pas le choix de la surface, la terre battue, que certains lui ont reproché – mais la blessure d’Arnaud Clément. À la veille de la rencontre. « Peut-être aurait-il posé davantage de problèmes tactiques à Youzhny », a-t-il conclu. Quant à Paul-Henri Mathieu, il a promis de faire à nouveau parler de lui. « Cette défaite est très dure, même si j’avais jusque-là réussi une belle fin de saison (vainqueur des tournois de Moscou et Lyon en octobre). Mais je rebondirai », a-t-il prévenu. La terre battue, pomme de discorde La terre battue, chérie depuis longtemps par les joueurs nés dans l’Hexagone, est devenue une pomme de discorde entre les responsables du tennis français à la suite de cette troisième défaite en finale de Coupe Davis à Paris, après Grenoble en 1982 et Nice en 1999. « Il faudra réfléchir pourquoi on perd à Paris sur terre battue », s’est demandé Christian Bîmes, le président de la Fédération française de tennis (FFT), immédiatement après la défaite de Paul-Henri Mathieu qui scellait la perte de la Coupe Davis gagnée l’an dernier sur le gazon de Melbourne contre l’Australie. Le président de la FFT a déjà la réponse : « Lorsqu’on voit le niveau de cette équipe, et le fait d’avoir des joueurs extraordinaires sur toutes surfaces, je finis par me dire que nous sommes les plus forts sur surface rapide. » Cette affirmation est une remise en cause, assez forte car effectuée devant des millions de téléspectateurs, du choix des joueurs français, avalisé par le capitaine Guy Forget. Ce dernier a déjà répondu en affirmant que « si c’était à refaire, je ne changerais rien ». L’équipe française de Coupe Davis a en effet fait son choix surtout en se basant sur la supériorité des Russes sur surface rapide, prouvée par la victoire de Marat Safin le mois dernier à Bercy, deux ans après son premier succès, et qui s’est montré « intouchable », selon les mots du capitaine, même sur terre battue. Plus que la querelle de la surface, le véritable problème est de juger la valeur réelle des membres de l’équipe de France, qui a eu le bonheur de disputer cette année ses cinq rencontres à domicile, après avoir dû jouer tous ses matches à l’extérieur l’an dernier. Un début de réponse sera donné en février prochain avec un déplacement périlleux, pour le premier tour de l’édition 2003, en Roumanie où les attendent les redoutables Adrian Voinea et Andrei Pavel.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Paul-Henri Mathieu était certainement le plus abattu de tous les joueurs français après avoir cédé, dans le cinquième match de la finale, la Coupe Davis à la Russie, dimanche, sur la terre battue du Palais omnisports de Paris-Bercy. Mais tous se sont présentés les yeux rougis à l’heure d’expliquer cette défaite, eux qui avaient tant cru pouvoir conserver le Saladier d’argent, conquis de haute lutte l’an passé en Australie. Mathieu, 20 ans et qui vivait lors de cette finale son baptême du feu dans la compétition, a été battu dans le cinquième match décisif par Mikhaïl Youzhny, revenu du diable vauvert après avoir été mené deux sets à zéro par l’Alsacien (3-6, 6-2, 6-3, 7-5, 6-4). « Au début, ça allait. J’ai essayé de bien entrer dans la partie, ce qui n’est pas facile sur un match décisif. Je...