Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Le doute plane toujours sur la présence de Ben Laden au Pakistan

La remise à un journaliste, le 12 novembre à Islamabad, d’une cassette audio contenant un message d’Oussama Ben Laden, authentifiée avec quasi-certitude par tous les spécialistes, a relancé les spéculations sur la possible présence au Pakistan du leader d’el-Qaëda. C’est dans le Nord-Ouest du pays, une région montagneuse où des tribus islamiques règnent à cheval entre le Pakistan et l’Afghanistan, que l’ennemi public numéro un des États-Unis pourrait avoir échappé à une traque de treize mois. « Il connaît parfaitement la région », explique Asad Afridi, un avocat basé dans le district de Khyber, où la passe du même nom constitue un des points de passage les plus fréquentés entre Pakistan et Afghanistan. « Il est possible qu’il reste deux ou trois jours par semaine en Afghanistan, puis vienne dans les zones tribales passer deux ou trois autres jours », continue l’avocat. La région est le pays d’adoption du Saoudien. Durant sa lutte contre l’occupation soviétique de l’Afghanistan (1979-89), Oussama Ben Laden était basé dans le village de Tira, près de la Khyber Pass, avec quelque 400 combattants islamistes arabes. « Tous ces Arabes connaissent comme leur poche les moindres recoins des montagnes et ils bougent sans arrêt », selon Asad Afridi. À moins de 200 km à l’ouest de la capitale pakistanaise, cette région est celle des tribus pachtounes, l’ethnie qui composait le gros des troupes des talibans au pouvoir en Afghanistan jusqu’à l’intervention des troupes américaines à l’automne 2001. La zone s’étend sur plus de 1 200 km d’une frontière que les contrebandiers franchissent sans même s’en apercevoir. Isolés, conservateurs et régis par des lois différentes du reste du Pakistan, les leaders musulmans y sont maîtres. Dans cette région très sous-équipée, l’éducation est du seul ressort des collèges islamiques. Les sympathies religieuses et ethniques envers les talibans y sont si fortes que les tombeaux des extrémistes abattus par les forces de sécurité pakistanaises sont vénérés par des foules de pèlerins. Pour certains militants des droits de l’homme, la première raison de la connivence est plus terre à terre : l’argent. « Leur sympathie est pour l’argent, pas pour les musulmans », affirme ainsi Zarteef Afridi, un militant de la Commission des droits de l’homme pakistanaise, basée à Khyber. La majorité des quelque 422 militants d’el-Qaëda arrêtés au Pakistan ces douze derniers mois l’ont été dans la zone tribale du Nord-Ouest, où ils avaient trouvé refuge chez des chefs tribaux. « Ici, il n’y a pas de travail, pas d’éducation, pas de communication, aucun équipement. Les chefs tribaux acceptent de faire n’importe quoi en échange d’argent ou de matériel », selon Zarteef Afridi. Il estime à environ 300 les membres d’el-Qaëda qui pourraient se trouver dans les districts du Nord et du Sud-Waziristan, les moins développés des sept districts composant les 62 500 km2 de la ceinture tribale. Selon lui, il y a pourtant peu de chances qu’Oussama Ben Laden puisse être resté dans la zone sans se faire repérer et peu de responsables pakistanais acceptent d’admettre que la remise de la cassette audio à un correspondant de la télévision qatariote al-Jazira prouve que Ben Laden se trouve au Pakistan. « C’est une conclusion un peu simpliste », indique le porte-parole de l’armée pakistanaise, le général Rashid Qureshi. « Je suis sûr que Ben Laden est intelligent et qu’il a pensé à remettre la cassette dans un pays différent de celui dans lequel il est », ajoute-t-il. Les services de renseignements pakistanais ont arrêté 14 personnes en tentant de remonter la filière de la cassette et plusieurs coups de filet ont touché le Waziristan, selon un responsable des ces services ayant requis l’anonymat, qui estime qu’Oussama Ben Laden se trouve plus vraisemblablement en Afghanistan, en Asie centrale ou au Yémen.
La remise à un journaliste, le 12 novembre à Islamabad, d’une cassette audio contenant un message d’Oussama Ben Laden, authentifiée avec quasi-certitude par tous les spécialistes, a relancé les spéculations sur la possible présence au Pakistan du leader d’el-Qaëda. C’est dans le Nord-Ouest du pays, une région montagneuse où des tribus islamiques règnent à cheval entre le Pakistan et l’Afghanistan, que l’ennemi public numéro un des États-Unis pourrait avoir échappé à une traque de treize mois. « Il connaît parfaitement la région », explique Asad Afridi, un avocat basé dans le district de Khyber, où la passe du même nom constitue un des points de passage les plus fréquentés entre Pakistan et Afghanistan. « Il est possible qu’il reste deux ou trois jours par semaine en Afghanistan, puis vienne dans...