Le mouvement d’offre du dollar s’est nettement développé sur le marché des changes à Beyrouth hier à l’occasion des réajustements de fin de mois des comptes bancaires en devises. Selon les cambistes, les détenteurs de fonds, rassurés par les propos télévisés tenus la veille par le gouverneur de la BDL, ont estimé devoir se positionner davantage sur la livre libanaise. Celui-ci avait réaffirmé son ferme attachement à la politique de stabilité monétaire, rejetant toute possibilité de laisser aux forces du marché le soin de déterminer les taux de change. Et d’ajouter que l’objectif de baisse des taux d’intérêt pour réduire le service de la dette publique et relancer l’économie n’est pas censé pénaliser la livre dont le loyer devrait rester largement supérieur à celui du billet vert. De ce fait, il n’est guère surprenant que les opérateurs manifestent beaucoup d’engouement pour les placements en actifs libanais, continuant à se débarrasser du dollar sous le rapport de la rentabilité dans un contexte de stabilité monétaire. Mais, après que la BDL eut maintenu sa fourchette d’intervention entre 1 501 et 1 514 LL, le billet vert devait être invariablement fixé au taux moyen indicatif de 1 507,50 LL et négocié sensiblement au-dessous de ce niveau en l’absence d’intérêts particuliers à la demande. En effet, il est redescendu de 1 505,50 LL la veille à 1 503,50 LL après avoir ouvert à 1 505 LL, ont indiqué les cambistes. Et d’ajouter que le volume d’affaires de la journée d’hier aurait dépassé 75 millions de dollars, entièrement absorbés par la BDL à des taux allant de 1 505 LL à 1 503,50 LL, passant par 1 504,50 LL et 1 504 LL, soit sur la semaine plus de 275 millions de dollars placés à l’achat par la BDL entre 1 509 LL lundi et 1 503,50 LL hier contre 1 511,50 LL jeudi dernier à la veille du long week-end de l’Indépendance (-0,53 %). À l’étranger, le dollar est resté vulnérable face aux autres grandes monnaies, notamment l’euro, sur des marchés sans grands mouvements, alors que se poursuivaient les célébrations du Thanksgiving aux États-Unis. Il a souffert des propos attribués au prince al-Walid ben Talal, laissant entendre que des fonds saoudiens seraient prêts à retirer une partie de leurs avoirs placés en actifs américains, surtout après que des rumeurs eurent estimé ces retraits à hauteur de 200 mds de $. Cela étant et compte tenu de l’affaiblissement de Wall Street au terme d’une séance écourtée au lendemain du Thanksgiving, le dollar s’est finalement négocié à New York hier à 0,9940 pour un euro contre 0,9945 la veille à Londres, à 1,5565 pour un sterling contre 1,5510, à 1,4830 FS contre 1,4840 et à 122,60 yens contre 122,20. Les Bourses européennes en retrait avec Wall Street En Bourse, les marchés américains des actions se sont repliés hier sur des prises de bénéfices après leur envolée de mercredi dernier, Wall Street cédant 0,40 % et le Nasdaq de 0,62 %. Pourtant, les transactions étaient restreintes, beaucoup d’investisseurs étant en vacances toujours en raison du long week-end de Thanksgiving. Même phénomène en Europe où toutes les Bourses avaient terminé dans le rouge plombées par des ventes bénéficiaires. À Beyrouth, la tendance était à la baisse hier avec le recul de 5 413 actions B de Solidere de 5 1/4 à 5 $, de 39 062 actions de Rymco 1 24/32 à 1 23/32 $ et la stabilité de 23 164 actions A de Solidere à 4 7/8 $ ainsi que de 6 150 actions C de la Byblos Bank à 1 1/4 $ et de 4 500 actions de Holcim à 19/32 $. Élie KAHWAGI
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