«La fourrure rajeunit», annonce Paris par la bouche de ses célèbres fourreurs. Le manteau de vison, indice d’ascension sociale ou d’entorse à la vertu, n’est plus que symbole archaïque des temps passés ou d’affaires prospères. Modèles et clientes rajeunissent... Un blouson en jean aujourd’hui est fourré de renard pour réchauffer, telle une doudoune, des corps d’adolescentes. Dernières vogues: les écharpes en vison tricoté qui s’enroulent autour du corps comme des châles. Ou bien les gilets en lapin blanc. Pour la première fois dans les annales, le public des collections des fourreurs parisiens faisait penser à une cour de récréation... Un coup de fouet inattendu qui galvanise l’inspiration et ranime l’intérêt pour les peaux de bêtes. Entraînées par cette nouvelle approche de l’emblème de la prospérité et de l’âge mûr, les mères se laissent prendre au jeu... Le Liban va-t-il suivre? L’avenir nous le dira. Mais comme les goûts et l’attention de notre public restent fidèles aux choix parisiens, il est plus que probable que des visons imprimés baby panthère, de longs gilets sans manches en zibeline remplaceront les traditionnelles pièces en poils et les imposants manteaux, reliques classiques d’anciennes prospérités. La modernisation de la pelleterie désacralise la fourrure. Ainsi un des points forts de la mode de cet hiver, c’est le gilet... Qu’il soit long jusqu’aux chevilles ou maxi-court, doublé ou non, en renard style David Crokett, de couleur naturelle ou teint en orange, le gilet règne sous mille aspects. Le manteau «king size» Le légendaire manteau de fourrure ne baisse pas les armes. Justifié par le froid des pays occidentaux, il réapparaît, taillé dans toutes les fourrures, ample et long, très long... Les versions sont multiples: façon tzarine, à manches pagode, il est taillé dans du vison rasé, d’apparence moirée, proche à se méprendre du velours. Version «glamour», il est en vison blanc. Tandis que la gamme des couleurs s’étend à l’infini, on retrouve le même modèle imposant «king size» en peaux lainées ou retournées. Cuir blanc et patchworks Dans un autre style, le king size réapparaît en cuir blanc, cuir tabac ou blanc avec des patches de mouton et d’agneau de Mongolie. Une autre vogue de cette saison: les «trois quarts», en vison imprimé, taillés dans du lynx russe, blanc et mousseux. Toujours sous le label «plus abordable», les fourreurs parisiens proposent «la fourrure tricotée» qui, en version «luxe», est proposée en zibeline blonde. La fourrure tricotée se taille aussi en vestes ou petits blousons ceinturés, agrémentés d’une écharpe en vison tricoté, proposés dans tous les tons «terre»... Combien vaut mon collier? La meilleure façon de connaître la valeur des bijoux qu’on n’a pas acheté soi-même, c’est de consulter plusieurs joailliers afin de faire les recoupements entre différentes estimations. Il est bon de savoir à cet effet, qu’un bijou même ancien peut avoir été monté avec des pierres synthétiques. Jusqu’aux premières décades du XXe siècle, leur fabrication était encore ardue et très laborieuse, les rendant aussi chères que les vraies, ce qui se reflétait sur leur valeur. Ce dont par contre on peut être plus ou moins sûr du premier coup, c’est le métal: or ou argent. Si c’est de l’or, de combien de carats? À savoir, si les bijoux ont été estimés à l’étranger, leur valeur est consignée dans un registre spécial, désigné comme le livre de police par le joaillier où le vendeur, avec tous les détails les concernant. En cas de perte ou de vol, ce document est précieux dans la démarche de remboursement par la compagnie d’assurances. Raymond Massaro, le dernier des grands bottiers L’industrialisation et les progrès techniques condamnent à la mort lente bon nombre de métiers où l’art occupait une place privilégiée. De nos jours, on parle «de marques» plutôt que d’artisans, et le «prêt à étrenner» a aboli les liens qui se tissaient entre «le faiseur» et ses clientes, dans un passé pas très lointain. Certains de ces hommes du métier étaient de véritables artistes doublés de techniciens hors pair. Raymond Massaro est un des derniers bottiers de renommée internationale. Petit-fils d’émigrés italiens installés en France en 1894, il est devenu l’homme qui a chaussé les plus grandes étoiles de la scène et de l’écran. Il y a deux ans, l’écrivain Marc Lambron lui avait consacré un long texte (v. Madame Figaro 25 mars 2000) très bien documenté, célébrant avec enthousiasme la personnalité et le talent de ce grand bottier, créateur de modèles restés uniques. On sait, malgré le strict anonymat exigé et respecté scrupuleusement dans son royaume, que Azzedine Alaïa, Karl Lagerfeld, Chanel, Thierry Mugler et John Galliano «chaussaient» chez lui leurs collections. Les cercles bien informés affirment que Sylvie Vartan danse sur scène en escarpin Massaro; que les baskets en satin et les sandales sur socles de liège d’un grand défilé Chanel étaient son œuvre. Que mise à part la clientèle des grandes gloires de la scène et de l’écran, un comité d’honneur avait demandé à Massaro à un certain moment de concevoir des mules rouges pour sa sainteté le pape Jean-Paul II. Face à cette notoriété, Massaro prend du recul sans jamais perdre la tête. En bon technicien, il se limite à parler métier... «L’escarpin, dit-il, est la chose la plus simple et la plus difficile. Tout tient dans trois secrets: le décolleté, la courbe de la cambrure, la forme du talon.» Pour Raymond Massaro, les matières (cuir, satin, chevreau, liège, tissu lamé) constituent le point de départ d’une création où tout s’harmonise. Une véritable conception d’artiste qui résume toute sa carrière. Ses créations, dont il garde pieusemet de chacune un exemplaire, remplissent aujourd’hui cinq caves. Il en garde les formes en bois numérotées, avec le nom de la cliente inscrit sur un registre spécial. «Massaro le grand» reste, à soixante-dix ans, «le» bottier du siècle passé. «La gageure c’était de me faire un prénom», résume-t-il avec détachement. Vœu accompli, puisqu’un ouvrage biographique vient de lui être consacré (Massaro, Éd. Assouline) relatant la belle aventure d’«un chausseur sachant chausser». Mélanges insolites La vogue est aux mélanges étranges: soie et chanvre, ficelle et voile, mousseline et velours. Des teintes oubliées, tels le bleu ou le prune, le chic et le débrayé, le vintage et le BCBG (lire «Bon chic bon genre»), s’unissent dans des associations bizarres. Le «look Top» et le vent du Sud se réconcilient avec la modernité pour créer des tenues inattendues, dynamiques et drôles. Le velours et le jean, le débraillé et le supersophistiqué, les mules et les bottes concluent des insolites alliances. Hospitalière, la mode de cet automne accepte dans son tablier les plus inattendues des associations. Émules du chic et amateurs du vintage se rencontrent sans préjugés sur un même ensemble, et les motardes en cuir noir s’accommodent sans problème des ensembles en velours ou du look «destroy». Tous les genres se marient à tous les goûts. Tous les goûts se mélangent dans un amalgame où quelques détails archétypes servent de repaire. La fantaisie est-elle la seule reine dans ces étranges mélanges? Pas nécessairement. Il y a des comptes et des intérêts qui ont priorité bien avant l’esthétique. Tout ça pour démontrer que la mode de cet hiver est un patchwork géant, imposant des alliances inédites. Rien n’est à jeter. Même les symboles les plus éculés, les alliages les plus galvaudés servent d’inspiration ou de point de départ. Il s’agit d’un grand panier où se retrouvent haillons et reliques, clichés du passé et visions du temps actuel. Un merveilleux voyage autour de sa penderie, à condition d’apprécier le goût de cette farce...
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