Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Washington branché sur la fréquence terroriste

Le renseignement étant le nerf de la guerre contre le terrorisme, les États-Unis mettent tous les moyens en œuvre pour intercepter les communications entre les membres du réseau el-Qaëda, dans l’espoir de déjouer leurs plans. Les services du contre-terrorisme prêtent une attention toute particulière à ce flux d’échanges captés sur la « fréquence terroriste » planétaire par les services secrets et qu’ils appellent le « chatter », littéralement le « bavardage », susceptible de renseigner sur la préparation d’une attaque ou l’imminence d’un attentat. « Nous notons un accroissement du bavardage » : c’est dans ce jargon crypté que les responsables américains caractérisent un pic de communications à caractère sensible, signe d’une agitation particulière indiquant qu’une cellule terroriste est peut-être entrée en phase d’exécution. « Lorsqu’il y a beaucoup de trafic sur la fréquence, l’histoire nous enseigne qu’il y a davantage d’attentats et de tentatives d’attaques », avait déjà relevé cette semaine le vice-président de la commission du Renseignement du Sénat, Richard Shelby. Les États-Unis avaient déjà observé un accroissement similaire du « chatter » dans les jours précédant les attentats contre les ambassades américaines au Kenya et en Tanzanie en 1998, l’attentat contre le destroyer USS Cole en 2000 et les attentats du 11 septembre 2001 à New York et Washington. La corrélation n’est pas systématique, mais suffisamment fréquente pour que les autorités américaines prennent ces pics au sérieux. Pour capter les communications électroniques d’el-Qaëda, les États-Unis disposent des « grandes oreilles » de l’Agence de sécurité nationale (NSA) américaine et de son système d’interception, le plus sophistiqué au monde. Composé de stations d’écoute terrestres dispersées sur le globe et de 120 satellites militaires, cet immense « filet électronique » recueille les informations, les transmet au quartier général de la NSA, où elles sont triées par de puissants ordinateurs capables de reconnaître des noms, des mots, des numéros de téléphone, des timbres de voix, puis analysées. Encore faut-il qu’elles le soient à temps. À la veille du 11 septembre 2001, deux messages vagues mais prémonitoires furent interceptés – « Demain, c’est l’heure zéro », « le match commence demain » –, mais ils ne furent traduits que le lendemain. Si le « chatter » peut permettre de recueillir des informations sur un attentat en préparation, il fournit aussi d’utiles indications aux enquêteurs pour reconstruire des attentats passés, cartographier les connexions mondiales d’el-Qaëda ou encore confondre des suspects. Les opérations de surveillance policière sur le terrain, les infiltrations de réseaux et les interrogations de prisonniers interviennent en précieux complément aux écoutes mondiales en permettant d’identifier des va-et-vient, des adresses et des numéros de téléphone. Le directeur de la CIA, George Tenet, assure que la surveillance électronique et la coopération policière internationale ont permis de déjouer de nombreuses opérations d’el-Qaëda aux États-Unis, en Asie du Sud-Est et en Europe. Mais, prévenait-il récemment, on ne peut escompter de succès total. « La pratique d’el-Qaëda consiste désormais à garder leurs opérations les plus meurtrières au sein d’un tout petit groupe de fanatiques ». Car les terroristes tirent aussi les leçons des erreurs passées. Ils changent fréquemment de numéros de téléphone, s’expriment en langage codé, recourent aux instructions écrites remises de la main à la main, aux face-à-face et aux réunions secrètes. En Italie, les membres d’une cellule d’el-Qaëda récemment démantelée, se sachant probablement sur écoute téléphonique, avaient pris l’habitude de se réunir dans une voiture pour de longues promenades dans la banlieue de Milan, sans se douter que celle-ci était équipée d’un micro-espion.
Le renseignement étant le nerf de la guerre contre le terrorisme, les États-Unis mettent tous les moyens en œuvre pour intercepter les communications entre les membres du réseau el-Qaëda, dans l’espoir de déjouer leurs plans. Les services du contre-terrorisme prêtent une attention toute particulière à ce flux d’échanges captés sur la « fréquence terroriste » planétaire par les services secrets et qu’ils appellent le « chatter », littéralement le « bavardage », susceptible de renseigner sur la préparation d’une attaque ou l’imminence d’un attentat. « Nous notons un accroissement du bavardage » : c’est dans ce jargon crypté que les responsables américains caractérisent un pic de communications à caractère sensible, signe d’une agitation particulière indiquant qu’une cellule terroriste est...