Le Premier ministre israélien sortant, Ariel Sharon, s’efforce de plus en plus d’apparaître comme un modéré vis-à-vis des Palestiniens pour se démarquer de son rival, Benjamin Netanyahu, qu’il va affronter au cours de primaires qui désigneront le chef du Likoud. Les quelque 300 000 membres de cette formation doivent désigner le 28 novembre celui qui les mènera à la bataille lors des législatives anticipées du 28 janvier. Le vainqueur du duel entre M. Netanyahu, nouveau chef de la diplomatie israélienne, et M. Sharon, qui s’annonce serré, a toutes les chances de devenir le prochain Premier ministre, dans la mesure où tous les sondages prévoient une nette victoire du Likoud et un effondrement historique des travaillistes. Selon un sondage publié hier, le grand parti de la droite israélienne devrait doubler le nombre de ses députés lors des élections législatives. Mercredi soir, M. Sharon a marqué de façon très nette sa différence lors d’un entretien télévisé, à la fois à propos du sort à réserver au président de l’Autorité palestinienne, Yasser Arafat, et au sujet de l’éventuelle création d’un État palestinien. Il s’est placé délibérément au centre en se présentant comme un dirigeant « responsable, qui n’agit pas à coups de slogans », alors que M. Netanyahu, Premier ministre de 1996 à 1999, tente de le doubler sur sa droite. M. Sharon a ainsi exclu une expulsion du dirigeant palestinien hors des Territoires, préconisée par M. Netanyahu, qui a fait de ce bannissement son cheval de bataille. M. Netanyahu a, en revanche, proclamé mardi soir, lors de la convention du Likoud, que « la première chose » qu’il ferait s’il devenait Premier ministre serait « d’expulser Yasser Arafat, car c’est la condition nécessaire pour éradiquer le terrorisme ». À propos de la création d’un État palestinien, M. Sharon a également pris le contre-pied de son concurrent en admettant, une fois de plus, qu’un État palestinien « existe de fait » et qu’il a été « reconnu par 104 pays avant même d’avoir été proclamé officiellement ». M. Netanyahu a, au contraire, affirmé que les Palestiniens devraient se contenter d’un simple régime d’autonomie. Il avait marqué un point au sein du Likoud en mai dernier, en parvenant à convaincre le comité central du parti de voter, contre l’avis de M. Sharon, une motion excluant la création d’un État palestinien. Mais M. Sharon est passé outre à ce véto, en posant toutefois une série de conditions très strictes à la création d’un tel État palestinien. En avril 2001, M. Sharon avait affirmé que cet État ne devrait s’étendre que sur 42 % de la Cisjordanie, c’est-à-dire la partie de ce territoire que l’Autorité palestinienne contrôle (en théorie) totalement ou partiellement. Sur les questions économiques, considérées comme son point faible par les commentateurs, M. Sharon a également enfoncé le clou. Il a, paradoxalement, repris à son compte un argument traditionnel du « camp de la paix » en affirmant qu’un accord de paix était seul à même de permettre une relance de la croissance économique dans un pays qui subit depuis deux ans la pire récession de son histoire, en raison notamment de l’intifada. M. Netanyahu, qui se présente comme le seul capable de sortir l’économie de l’ornière, s’en tient aux recettes libérales traditionnelles et préconise des baisses d’impôts.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le Premier ministre israélien sortant, Ariel Sharon, s’efforce de plus en plus d’apparaître comme un modéré vis-à-vis des Palestiniens pour se démarquer de son rival, Benjamin Netanyahu, qu’il va affronter au cours de primaires qui désigneront le chef du Likoud. Les quelque 300 000 membres de cette formation doivent désigner le 28 novembre celui qui les mènera à la bataille lors des législatives anticipées du 28 janvier. Le vainqueur du duel entre M. Netanyahu, nouveau chef de la diplomatie israélienne, et M. Sharon, qui s’annonce serré, a toutes les chances de devenir le prochain Premier ministre, dans la mesure où tous les sondages prévoient une nette victoire du Likoud et un effondrement historique des travaillistes. Selon un sondage publié hier, le grand parti de la droite israélienne devrait doubler le...