Authentifier les enregistrements : une tâche ardue
le 14 novembre 2002 à 00h00
Les services de renseignements américains tentent d’authentifier formellement la voix d’Oussama Ben Laden sur l’enregistrement audiodiffusé mardi soir par la chaîne de télévision qatarienne al-Jazira, mais leur tâche est compliquée par la piètre qualité du son, selon les experts. Professeur à la prestigieuse École polytechnique fédérale de Lausanne, Hervé Bourlard explique que les « meilleurs systèmes de vérification des locuteurs sont sûrs à 99 % ». Mais encore faut-il que la voix ait été correctement enregistrée, souligne-t-il. Dans le cas présent, le résultat serait probable « à 70 %, ce qui est plutôt mauvais », commente ce chercheur. Hervé Boulard est à la tête de l’IDIAP, un institut de recherche appelé à travailler sur des programmes militaires ou du renseignement, pour le compte du département américain de la Défense notamment. Autre écueil, la voix enregistrée peut avoir été « trafiquée », un peu comme un photomontage, ce que seules des méthodes « semi-automatiques » permettent éventuellement de déceler. « Trois jours de travail sont alors nécessaires pour une identification à 85-90 % », estime Hervé Bourlard. L’authentification d’un enregistrement de Ben Laden, explique Patrick Macron, PDG de Arts techniques, suppose de disposer au préalable d’un enregistrement de référence. L’amplitude, la modulation et les fréquences de la voix sont analysées sur quelques mots et donnent lieu à la création d’un algorithme, sorte de signature vocale. Des mots identiques sont ensuite isolés sur le nouvel enregistrement afin de rechercher d’éventuelles similitudes. L’ensemble du discours est enfin passé au crible avec, au bout du compte, une certitude à 97 ou 98 % qu’il s’agit ou non de la personne recherchée. « Toutes ces tâches, réalisées à l’aide de logiciels spécialisés, sont doublées d’une analyse syntaxique des discours et d’une expertise de la bande pour déterminer si elle a été enregistrée d’un seul jet ou montée en studio », précise-t-il.
Les services de renseignements américains tentent d’authentifier formellement la voix d’Oussama Ben Laden sur l’enregistrement audiodiffusé mardi soir par la chaîne de télévision qatarienne al-Jazira, mais leur tâche est compliquée par la piètre qualité du son, selon les experts. Professeur à la prestigieuse École polytechnique fédérale de Lausanne, Hervé Bourlard explique que les « meilleurs systèmes de vérification des locuteurs sont sûrs à 99 % ». Mais encore faut-il que la voix ait été correctement enregistrée, souligne-t-il. Dans le cas présent, le résultat serait probable « à 70 %, ce qui est plutôt mauvais », commente ce chercheur. Hervé Boulard est à la tête de l’IDIAP, un institut de recherche appelé à travailler sur des programmes militaires ou du renseignement, pour le compte du...
Iran - USA - Liban : tout peut changer en quelques heures.
Restez informés pour seulement 10 $/mois au lieu de 21.5 $, pendant 1 an.
Abonnez-vous pour 1$ et accédez à une information indépendante.
Dans votre abonnement numérique : la version PDF du quotidien L’Orient-Le Jour, des newsletters réservées aux abonnés ainsi qu'un accès illimité à 3 médias en ligne : L’Orient-Le Jour, L’Orient Today et L’Orient Littéraire.