Les Chinois connaîtront dans quelques jours les noms de leurs nouveaux dirigeants, intronisés à l’issue du 16e congrès du Parti communiste, qui s’ouvre aujourd’hui à Pékin pour officialiser le plus important remaniement à la tête de cet immense pays depuis 13 ans. 2 120 délégués, représentant 66 millions de membres, vont se retrouver au Palais du Peuple, imposant bâtiment à l’architecture stalinienne en bordure de la place Tiananmen, dans la grande salle au plafond décoré de l’étoile rouge. Pendant sept jours, jusqu’au 14 novembre, ces délégués venus de toute la Chine approuveront un rapport d’orientation générale et éliront un nouveau comité central de quelque 300 personnes. Après cette grand-messe, dans une capitale plus policée que de coutume, le comité central désignera formellement les maîtres du pays au 1,3 milliard d’habitants pour les cinq prochaines années. Sauf surprise de dernière minute, le secrétaire général du Parti communiste, Jiang Zemin, 76 ans, aux commandes depuis 1989, cédera sa place à Hu Jintao, 59 ans. Il s’agira du changement le plus marquant de ce passage général de témoin d’une génération, celle des plus de 70 ans, à celle des sexagénaires. Le numéro deux du Parti, Li Peng, également président du Parlement, doit aussi se retirer, de même que Zhu Rongji, numéro trois et Premier ministre. Mais ces retraites dues à l’âge ne signifient pas pour autant que ceux qu’on appellera bientôt à leur tour « la vieille garde » disparaîtront complètement de la scène politique. Ce serait contraire à la tradition. La composition du comité permanent du bureau politique du parti, le centre de décision du pouvoir, sera sur ce point éclairante. Les réponses à quelques questions fondamentales donneront aussi une idée un peu plus précise des forces en présence. Sur combien de protégés et d’alliés pourra compter Jiang pour conserver une influence ? Gardera-t-il la présidence de la commission militaire du parti, poste-clé pour tout patriarche du régime qui se respecte ? Sous quelle forme sa théorie de la « triple représentativité », visant notamment à intégrer les nouvelles classes montantes, dont les capitalistes, sera-t-elle inscrite dans les statuts du parti ? Les avis des analystes chinois et étrangers peuvent diverger sur ces points mais il est une opinion qu’ils partagent : aucun bouleversement n’est à attendre à court terme dans la conduite des affaires du pays le plus peuplé de la terre. Et cela pour trois raisons principales : - la nouvelle génération de dirigeants, la quatrième officiellement, est composée d’apparatchiks exerçant déjà, pour certains, des responsabilités importantes depuis deux décennies ; - il n’y a pas de profonds désaccords au sommet sur la marche à suivre en matière économique. Cap vers plus de capitalisme ; - les différences d’appréciation sur le degré de réformes politiques sont également minces. Personne ne s’attend à voir la nouvelle équipe autour de Hu Jintao mettre en cause le rôle dirigeant du Parti communiste.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Les Chinois connaîtront dans quelques jours les noms de leurs nouveaux dirigeants, intronisés à l’issue du 16e congrès du Parti communiste, qui s’ouvre aujourd’hui à Pékin pour officialiser le plus important remaniement à la tête de cet immense pays depuis 13 ans. 2 120 délégués, représentant 66 millions de membres, vont se retrouver au Palais du Peuple, imposant bâtiment à l’architecture stalinienne en bordure de la place Tiananmen, dans la grande salle au plafond décoré de l’étoile rouge. Pendant sept jours, jusqu’au 14 novembre, ces délégués venus de toute la Chine approuveront un rapport d’orientation générale et éliront un nouveau comité central de quelque 300 personnes. Après cette grand-messe, dans une capitale plus policée que de coutume, le comité central désignera formellement les...