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Actualités - Chronologie

Poutine adopte le même discours que Bush… pour un conflit bien différent

Après la prise d’otages de Moscou, Vladimir Poutine s’est placé sur le même plan que George W. Bush après les attentats du 11 septembre, afin de s’octroyer lui aussi un droit de riposte à l’étranger contre le terrorisme, mais les deux cas sont très différents. Les États-Unis ont été la cible d’un réseau terroriste international, basé dans plusieurs pays. El-Qaëda s’attaquait à la superpuissance mondiale pour combattre sa politique au Proche-Orient, premier nœud géopolitique de la planète avec le conflit israélo-palestinien et le pétrole. La Russie a été, certes, défiée par des musulmans preneurs d’otages, mais il s’agissait jusqu’à preuve du contraire de ses propres ressortissants, même s’ils ont pu bénéficier de complicités à l’étranger dont la réalité reste à démontrer. Le commando semblait être motivé principalement par l’aspiration à l’indépendance nationale et il avait présenté une revendication précise : le retrait des forces russes de Tchétchénie. Il n’empêche, M. Poutine s’en tient toujours à la ligne choisie le 11 septembre en proclamant son soutien aux Américains : Washington en Afghanistan et Moscou en Tchétchénie affrontent le même adversaire. Prononçant un bref discours au soir de la libération des otages, obtenue au prix de 119 morts, M. Poutine a attribué la tragédie à « l’ennemi commun », le terrorisme international, sans prononcer les mots « Tchétchénie » ou « Tchétchène » ou évoquer les revendications du commando. « Tant qu’il (le terrorisme international) n’est pas vaincu, nulle part dans le monde les gens ne peuvent se sentir en sécurité », a-t-il affirmé. Quarante-huit heures plus tard, le président précisait sa pensée, déclarant la guerre aux terroristes « où qu’ils se trouvent » et menaçant de frapper aussi « leurs soutiens idéologiques et financiers ». Ces propos n’étaient pas sans évoquer le discours de M. Bush du 7 octobre 2001 annonçant les frappes en Afghanistan (« Aujourd’hui, nous nous concentrons sur l’Afghanistan, mais la bataille est plus vaste (...). Tout gouvernement qui parraine des hors-la-loi et des meurtriers d’innocents devient lui-même hors la loi et meurtrier. Et il suivra cette voie solitaire à ses risques et périls. ») Encore pendant la prise d’otages, le président Poutine l’avait dite « planifiée depuis les centres terroristes étrangers », puis le FSB a évoqué des contacts du commando avec des ambassades à Moscou. Reste à savoir si cette référence constante à l’étranger a pour objectif d’expliquer à l’opinion la difficulté manifeste des forces russes à mater la rébellion ou bien de préparer le terrain à une intervention militaire à l’étranger, à l’image de l’opération afghane menée par les Américains. Aucun État n’a été nommé, mais les regards se portent sur la Géorgie régulièrement accusée par Moscou d’être un refuge pour les rebelles.
Après la prise d’otages de Moscou, Vladimir Poutine s’est placé sur le même plan que George W. Bush après les attentats du 11 septembre, afin de s’octroyer lui aussi un droit de riposte à l’étranger contre le terrorisme, mais les deux cas sont très différents. Les États-Unis ont été la cible d’un réseau terroriste international, basé dans plusieurs pays. El-Qaëda s’attaquait à la superpuissance mondiale pour combattre sa politique au Proche-Orient, premier nœud géopolitique de la planète avec le conflit israélo-palestinien et le pétrole. La Russie a été, certes, défiée par des musulmans preneurs d’otages, mais il s’agissait jusqu’à preuve du contraire de ses propres ressortissants, même s’ils ont pu bénéficier de complicités à l’étranger dont la réalité reste à démontrer. Le...