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Actualités - Reportage

Prêt-à-porter Printemps-été 2003(PHOTOS)

Le «beau temps» prochain sera chic et beau. Il y a bien longtemps que les couturiers évitaient l’harmonie et l’élégance comme une tare, faisant n’importe quoi. Les créateurs heureusement ont changé, revenant à une inspiration capable d’enthousiasmer et d’émouvoir. Albert Elbaz a créé pour Lanvin une très belle collection, où la femme reste reine, élégante, féminine, précieuse aussi. Bref susceptible de réveiller évocations et élans du cœur. Foulards, bijoux, satin et soieries légères comme un souffle transforment le plus vilain canard en paon royal... Une belle trouvaille: les tailleurs en fil de bronze et cuivre, souples comme de la soie, libres de tout boutonnage! Une innovation de taille... Une mode très étudiée, très harmonieuse, féminine à l’extrême et à la pointe de la technologie avancée. Enfin Lanvin redevient digne de son glorieux passé... Le groupe taïwanais, actuel propriétaire de la prestigieuse maison, doit jubiler de cette superbe réussite et se féliciter d’avoir miser sur Albert Elbaz... Quand Givenchy se modernise Le successeur d’Hubert de Givenchy, le britannique Mc Donald, conçoit un style très différent et bien plus proche de ses propres origines que la vision de l’élégance de son illustre prédécesseur: des tenues qui rappellent les croisières et les fêtes du temps des gloires coloniales mais aussi celles des caves de St-Germain. Tailleurs blancs à boutonnage à pattes, des mini-robes en filets roses, franges, métal et pampilles, tuniques à pointes mouchoir... Plus britannique que parisienne, la vision de Mc Donald s’harmonise peu avec le style de l’inoubliable Givenchy. Mais à Londres, Mc Donald garde sous sa propre griffe un poste important sur l’avant-scène de la mode. Il faut dire que les goûts, surtout vestimentaires, changent en traversant «le Chanel», cette bande de mer qui sépare deux univers: la France et la Grande-Bretagne... Bon goût et luxe calme chez Hermès Cardigans à dos nu, boutonnés sur patte, en cachemire plus doux que du duvet. Luxe raffiné, variations sur du classique de très haute qualité, sobriété, classe... Un imperméable à manches perpétue l’approche du chic confortable britannique. Un des «clous» de la collection, c’est la veste de smoking sans manches, qu’on enfile comme un boléro... Entendons-nous, un vêtement savamment étudié et superbement exécuté: sobre, pratique, précieux et de bon goût... Le génie fou de Galliano Plus original, plus fou que jamais, Galliano, chez Dior, a épaté tout le monde. Mélanges insolites de matières et de teintes, du sérieux et du loufoque, de l’audace et de la provocation. Du lamé marié à du cuir, des tongs à semelles plates-formes très hautes. Des vêtements surdimensionnés, des robes peignoirs, couleur safran, imprimées de palmes... Du folklore indien, des allusions à Shiva, la déesse de l’Inde... Des jeunes femmes enduites de pigments de couleurs différentes se secouent frénétiquement devant un public médusé, comme dans une étrange cérémonie... «Génial et fou, commentera la presse le lendemain, inventif et cinglé. Magnifique, étrange, féerique»... (v. «Le Figaro» du 8-10-02). La belle sans crainte d’échec(s) À la Coupe du monde d’échecs féminine, qui s’est tenue en Inde le 10 octobre passé, la vedette était une jeune beauté russe... Fille d’un haut gradé de l’Armée rouge, Alexandra Kostenink n’a que dix-huit ans et elle est déjà célèbre, et non seulement en Russie... Fardée et mise en valeur, on la retrouve non seulement dans les journaux de mode mais aussi sur les pages Internet. Sa carrière de championne d’échecs a commencé très tôt... Un ancien cliché du temps de ses débuts reflète une fillette de six – sept ans face à un échiquier, ses cheveux tirés en arrière. Aujourd’hui, la championne prodige a à peine dix-huit ans... Son intelligence est, de l’aveu des experts, ahurissante. Esprit analytique, défense de stratégie, réflexion impénétrable, maîtrise absolue de la coordination des actions et des manœuvres que lui aurait envier un vieux général. On comprend facilement la raison qui fait que cette beauté slave, à peine sortie de l’adolescence, fut à quatorze ans Grand-maître international et vice-championne mondiale d’échecs depuis 2001... Considérée à l’heure actuelle comme une des meilleures joueuses du monde, elle est également poète, actrice dans un film récent et ambassadrice de sa discipline auprès du Comité international olympique... Selon Nigel Short, champion britannique d’échecs: «Cette fille a une pensée d’homme. Car les échecs sont sans merci. On doit être prêt à tuer quelqu’un, comme dans une bataille...» Elle répond calmement qu’elle ne ressent absolument aucune haine. «C’est là une pensée d’homme, a-t-elle commenté, cette haine que certains champions doivent éprouver pour vaincre je ne la comprends pas et ne l’ai jamais ressentie...» L’agressivité serait justement pour elle l’explication de la différence du jeu masculin face à celui des femmes. Réfléchie, pondérée, sûre d’elle-même sans l’afficher, cette beauté slave qui aime les chansons de Barbara et la version comédie-musicale de Notre Dame de Paris affirme que dans la vie il faut prendre les choses comme elles viennent sans que rien ne devienne indispensable. «Même pas les échecs», affirme-t-elle, elle qui, de toutes les pièces du jeu préfère le pion... «La seule pièce, explique-t-elle, qui peut espérer changer de condition si elle atteint le camp adverse...» La fille de l’ancien gradé de l’Armée rouge, la géniale joueuse, jeune prodige et beauté en fleurs cache en elle un vieux sage. On n’a pas à se faire du souci pour son avenir... Karl Lagerfeld: hommage à la Callas L’inspiration, le regard, l’évaluation du chic évoluent... Finie l’époque où les mannequins devaient être des beautés uniquement. Aujourd’hui il est indispensable que ces beautés aient aussi une âme, une personnalité, un ego bien visible capable de faire d’un vêtement une tenue animée. Aux collections de cet automne, l’évolution était perceptible: Penelope Cruz chez Ralph Lauren, l’actrice Rie Rasmussen chez Fendi, Juliette Binoche promotrice chez le spécialiste de cachemire Gentry-Portefino. La fille de Mike Jagger et de Jerry Hall, Jade Jagger, est chez Lancôme parmi une kyrielle de jeunes héritières de personnalités célèbres lancées dans la promotion de la maison-reine du maquillage. Mais pour le tant attendu film sur la vie de la Callas (Callas for Ever), de Franco Zeffireli, c’est Karl Lagerfeld qui dessine ce que Fanny Ardant porte pour incarner la grande cantatrice du XXe siècle. Démarche légitime par ailleurs, car dans la vie courante c’est bien Chanel qui habillait la Callas... Karl Lagerfeld a travaillé en étroite collaboration avec Alessandro Lai, l’un des costumiers du film, pour imaginer toutes les tenues de ville portées par Fanny Ardant dans le film (vingt-deux tenues en tout). Vogues Tong alors? Finances et économies sont au centre des considérations, même artistiques, dans l’univers de l’habillement... Or les accessoires sont devenus depuis un certain temps déjà un facteur important de développement de nombreuses griffes de la mode. Cette évolution est illustrée largement au Midec, le Salon international de la chaussure (550 exposants en 2002). Cette grande rencontre internationale réunit des collections-chaussures pour hommes, femmes et enfants, de la layette à l’adolescence... Or la principale vedette, à la récente édition (2002) de Midec, fut la tong, la très rudimentaire sandale prolétaire asiatique... À la dernière session du Midec, il a bien fallu se rendre à l’évidence. Proposée par une firme française de la chaussure comme étant la chaussure «de tous les sexes et générations», la tong fut très vite propulsée grande vedette de la manifestation, installée au premier rang des ventes! Les marques étrangères proposaient des variations inédites, ouvrant des horizons plus larges à cette chaussure jusque-là ouvrière... Ornée de fleurs de lotus et de plaques en PVC coloré, transparent, ou transformée en coquillage d’où le pied émerge en gracieux nénuphar, la tong concurrençait la traditionnelle pantoufle asiatique. La riposte fut de taille: de superbes tongs en raphia, tressé au crochet, d’une légèreté et d’un confort insurpassables. L’industrie brésilienne saisissant le message proposa la tong ergonomique, équipée de semelles creusées sous la voute plantaire et dotées d’un système amortisseur de chocs au talon, désigné comme «Pump System». Autre variation industrielle, la «tong babouche» en daim, montée sur talon rond surélevé et compensée d’un macaron crocheté, en macramé... Fort de semblables panoplies, l’été 2003 sera Air Relax, parcouru de semelles coulées dans des matières ergonomiques assouplies. Un retour au mouvement indolore et à la décontraction sans entrave... Une fois de plus, la leçon parvient du vieil Orient éternellement sage... Le concept Miyake Inventeur avant-gardiste à cheval sur deux cultures, celles de l’Occident et de l’Extrême-Orient, d’où il tire ses racines, le créateur Issey Miyake ouvre une boutique à Paris à l’intention des clientes qui souhaitent exécuter elles-mêmes ses créations: A POC, le nouveau magasin, propose des vêtements «prêts à moitié». C’est-à-dire façonnés dans du jersey tubulaire où la cliente taille en adaptant le modèle à son goût: manches longues ou raccourcies, dos nu, échancré, s’arrêtant à la nuque; longueur au genou, à mi-mollet ou à la cheville. Des accessoires complétant la tenue, rigolos ou classiques, sont disponibles également: gants, bonnets, écharpe, etc., le tout toujours prédécoupé dans le même tissu. La cliente peut ainsi s’associer directement à la création du grand couturier en y participant activement. Le vêtement acquiert ainsi la valeur d’une double création parfaitement adaptée à celle qui la porte et à sa personnalité. Un concept totalement neuf qui va certainement bouleverser le rituel de la manière de se vêtir, comme aussi l’industrie de la mode.
Le «beau temps» prochain sera chic et beau. Il y a bien longtemps que les couturiers évitaient l’harmonie et l’élégance comme une tare, faisant n’importe quoi. Les créateurs heureusement ont changé, revenant à une inspiration capable d’enthousiasmer et d’émouvoir. Albert Elbaz a créé pour Lanvin une très belle collection, où la femme reste reine, élégante, féminine, précieuse aussi. Bref susceptible de réveiller évocations et élans du cœur. Foulards, bijoux, satin et soieries légères comme un souffle transforment le plus vilain canard en paon royal... Une belle trouvaille: les tailleurs en fil de bronze et cuivre, souples comme de la soie, libres de tout boutonnage! Une innovation de taille... Une mode très étudiée, très harmonieuse, féminine à l’extrême et à la pointe de la technologie...