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« L’ange de la dernière heure » (Nathalie Rheims-Éd. Flammarion) Qu’est-ce qui pousse une jeune fille d’aujourd’hui, à peine sortie de l’adolescence, à choisir la réclusion dans une des communautés religieuses les plus strictes : les moniales victimes du saint sacrement. Au moyen d’une double narration, celle de la mère de la recluse, puis celle de la novice, Nathalie Rheims tisse la trame de ce roman mystique, à mi-chemin entre le journal d’une âme et le polar satanique. Petit à petit, le lecteur découvre les événements et les motivations qui on amené cette enfant à choisir le sacrifice. S’agirait-il de destin expiatoire ou d’incarnation mystérieuse ? Serait-elle cet ange de la dernière heure ? Une belle écriture, limpide et poètique à la fois, sous-tend ce livre fort, gênant, cette terrible évocation de la souffrance humaine. Extrait : « Lumière au fond des ténèbres lueur incandescente. Tu apparais enfin. Ton image, Ton visage présent à présent. Au plus loin de moi, je Te trouve m’abandonnant au silence pour mieux T’écouter, T’obéir. Je Te donne mon corps afin de l’oublier. Je Te rends mon âme pour que Tu en disposes. Je ne suis plus personne puisqu’en Toi je repose. » (187 pages.) « La Magnifique » (Isaure de Saint-Pierre-Éd. Le Club. Albin Michel) La cour ottomane du XVIe siècle. Ses raffinements et ses cruautés. Son monde d’hommes malgré les trois cents femmes qui forment le harem de Soliman le Magnifique. Roxelane, une jeune esclave russe va y briller par son charme, sa beauté, son intelligence. Le sultan la surnommera la Joyeuse et en fera sa favorite. C’est ce destin unique, d’une femme fine stratège et à l’ambition démesurée, que nous brosse Isaure de Saint-Pierre. Grand reporter, passionnée par la culture arabe et les figures historiques, l’auteur a construit son roman sur la base de très sérieuses documentations. Cela donne une fresque dense et un roman d’amour et d’aventures à la fois. Pour les amateurs du genre. Extrait : « Il plaisait assez à Soliman de voir face à face ces deux êtres qu’il aimait tant, son grand vizir et sa sultane. Pour lui, ils étaient les deux visages de l’amour, homme et femme. Aussi laissa-t-il Roxelane mener à bien ses préparatifs comme elle l’entendait. Désirant les étonner tous les deux, elle fit venir en grand secret ces graines brunes et odorantes que l’on torréfiait, puis ébouillantait pour obtenir un breuvage noir et délectable, aphrodisiaque, disait-on. » (341 pages.) « Nous ne savons pas aimer » (Jean-Marie Rouart-Éd. Gallimard) Jean-Marie Rouard, académicien, interlocuteur privilégié de François Mitterrand, grand ami de Jean D’Ormesson et admirateur enthousiaste de Napoléon, prend une nouvelle fois la plume pour se confesser. Après Une jeunesse à l’ombre de la lumière, dans Nous ne savons pas aimer, il continue l’aventure exploratoire de sa propre vie. Sauf qu’ici, il déroule le fil de son parcours amoureux. Il se met à nu. Se dépeint tel qu’en lui-même : séducteur sans foi ni loi, compagnon désagréable d’une aimante jeune femme, puis amant docile d’une dure bourgeoise, soupirant transi de la nièce du président Giscard D’Estaing, amoureux rejeté d’une toute jeune fille... Il se raconte sans fards, émaille ses souvenirs personnels de réflexions sur le destin, la puissance, l’amour. Trois mots qui forment l’axe central de la production littéraire de Jean-Marie Rouard. Lequel nous offre là une éducation sentimentale à la lecture prenante. Extrait : « Les astres n’avaient pas menti. La jeune fille apparut. Béatrice avait dix-huit ans. Vingt années ou presque nous séparaient. Elle me semblait pourtant si proche. Heureusement l’amour ne s’embarrasse pas de l’état civil ; aucun visa n’est nécessaire pour franchir la frontière qui conduit à des lèvres aimées, et les jupes sont plus légères à soulever que les barrières douanières. » (278 pages.) Z.Z.
« L’ange de la dernière heure » (Nathalie Rheims-Éd. Flammarion) Qu’est-ce qui pousse une jeune fille d’aujourd’hui, à peine sortie de l’adolescence, à choisir la réclusion dans une des communautés religieuses les plus strictes : les moniales victimes du saint sacrement. Au moyen d’une double narration, celle de la mère de la recluse, puis celle de la novice, Nathalie Rheims tisse la trame de ce roman mystique, à mi-chemin entre le journal d’une âme et le polar satanique. Petit à petit, le lecteur découvre les événements et les motivations qui on amené cette enfant à choisir le sacrifice. S’agirait-il de destin expiatoire ou d’incarnation mystérieuse ? Serait-elle cet ange de la dernière heure ? Une belle écriture, limpide et poètique à la fois, sous-tend ce livre fort, gênant, cette terrible...