Rechercher
Rechercher

Actualités - Reportage

Outre-mer...Serge Akl, le tourisme libanais en technicolor(photo)

Responsable du bureau du ministère du Tourisme en France depuis 2000 et instigateur d’une campagne-affichage promouvant un Liban touristique nouveau qui a fait couler beaucoup d’encre. Il nous fallait rencontrer Serge Akl lors de l’un de ses passages au Liban. C’est chose faite. Il est d’usage de vouloir mettre un visage à un titre. Il est également de bon usage de penser qu’un président, un directeur ou tout autre haut responsable à hautes responsabilités aurait un profil particulier, un âge certain, une certaine expérience. Attention donc aux surprises ! « Vous me reconnaîtrez sûrement ! » avait-il lancé, si sûr de lui, à l’heure de prendre rendez-vous au téléphone. Silence inquisiteur. « Je suis roux », avait-il ajouté avec humour. Silence étonné. Au rendez-vous fixé dans un café du centre-ville, Serge Akl est déjà là. Repéré entre 100. En un instant, toutes les idées reçues volent en éclats. La trentaine fraîche et bavarde, Serge, on peut l’appeler Serge, a-t-il précisé, Serge fait partie de cette nouvelle génération de fonceurs, la génération des costume-cravate sans costume et sans cravate et pour qui l’habit ne fait pas le moine, mais ce sont le look, l’attitude et les ambitions qui font la réussite. Roux, en effet, très roux, autant qu’il est possible de l’être, les yeux d’un bleu vert transparent, il est ce que l’on peut appeler un homme haut en couleurs. Impossible donc d’avoir le moindre doute, c’est bien lui le directeur de l’Office de tourisme du Liban à Paris. Il n’est pas étonné d’être là. « Le monde a changé. Il fallait pour ce job des cadres plus jeunes qui possèdent de nouvelles approches et de nouveaux produits à offrir à bons prix. Avec pour tâche de faire découvrir aux éventuels touristes le Liban d’aujourd’hui, sans cette nostalgie d’avant la guerre qui fait partie du passé. » Il en est même très heureux. « Ce qui me passionne dans ce métier, c’est que tout est à refaire. Lorsqu’on s’investit, on sent qu’on peut aider au redressement de notre pays et à le faire connaître d’une manière positive et vraie. Ce qu’il est, et pas seulement ce qu’il a été. » Pour preuve de son attachement personnel, « dès l’âge de 12 ans, je ne pensais qu’à une chose, rentrer », une médaille du cèdre libanais discrètement accrochée au cou. Son parcours personnel est sans doute assez classique, une partie de son enfance à l’étranger, des études en relations internationales et en sciences politiques aux USA, une maîtrise en développement économique et enfin une thèse sur le développement socio-économique des chiites au Liban. « Mes premiers pas dans le tourisme, précise-t-il, se sont faits lorsque je suis devenu directeur d’opérations d’un grand tour opérateur, en Belgique. » Louchant vers le Pnud avec dans la tête deux objectifs, retrouver le Liban et aider à son développement, il est nommé directeur du bureau de tourisme du Liban en France, à l’heure douloureuse où les Offices de tourisme libanais à Londres, Berlin et Stockholm avaient fermé leurs portes. « Il ne reste plus que Paris et Le Caire, et pas toujours les moyens de travailler correctement. » La campagne publicitaire « Pour mieux nous faire connaître, le plus efficacement et sans avoir à dépenser beaucoup d’argent, j’ai donc travaillé sur plusieurs plans, entretenir une relation importante avec le service presse en France, participer avec constance à la plupart des Salons professionnels et enfin lancer une campagne publicitaire sur les deux canaux, l’Internet et l’affichage. » Cette campagne d’affichage qui a meublé les murs de six stations stratégiques du métro parisien en mars dernier avait pour mission de présenter le Liban « non pas seulement comme une série de sites archéologiques mais comme un concentré de plaisirs, nature, sports, vie de nuit et une destination somme toute moins chère qu’elle n’en a l’air. » Controversée par de nombreux défenseurs de la francophonie – les accroches étaient en anglais – et par certains Libanais qui auraient sans doute préféré un concept mieux adapté aux charmes qu’offre notre pays. Serge se défend ainsi : « Nous avons voulu en utilisant la langue anglaise toucher une audience plus large que les Français, un public qui inclurait les nombreux touristes de passage en France avec, toutefois, la possibilité de modifier ces accroches suivant les contextes et les saisons. À l’occasion du Sommet de la francophonie, l’anglais a été remplacé par du français. » Quant aux visuels, « nous avons voulu surprendre, présenter une image plus jeune du pays et attirer les moins de 35 ans, une cible nouvelle qui ne connaît pas ou si mal le Liban. » Un premier coup d’essai qui vaut quand même le mérite de la sincérité et de la ténacité. Serge doit en effet jongler avec des problèmes constants, « faire le maximum avec le minimum de moyens, dépendre d’une situation régionale dangereuse et imprévisible, et enfin faire avec des prix pas assez compétitifs sur le marché européen » et un seul souci, « redonner confiance aux professionnels. » Car la confiance, il l’a en lui, elle le pousse à poursuivre, malgré un premier bilan « assez mitigé, mais prometteur après deux ans. Il reste beaucoup à faire au niveau des mentalités. » Doublée d’une énergie contre toute épreuve, elle confirme enfin le fameux dicton, « la valeur n’attend point le nombre des années. » Carla HENOUD
Responsable du bureau du ministère du Tourisme en France depuis 2000 et instigateur d’une campagne-affichage promouvant un Liban touristique nouveau qui a fait couler beaucoup d’encre. Il nous fallait rencontrer Serge Akl lors de l’un de ses passages au Liban. C’est chose faite. Il est d’usage de vouloir mettre un visage à un titre. Il est également de bon usage de penser qu’un président, un directeur ou tout autre haut responsable à hautes responsabilités aurait un profil particulier, un âge certain, une certaine expérience. Attention donc aux surprises ! « Vous me reconnaîtrez sûrement ! » avait-il lancé, si sûr de lui, à l’heure de prendre rendez-vous au téléphone. Silence inquisiteur. « Je suis roux », avait-il ajouté avec humour. Silence étonné. Au rendez-vous fixé dans un café du centre-ville,...