Présenté en juillet, dans la revue Nature, le nouveau doyen de l’humanité, vieux de 6 à 7 millions d’années, Toumaï ou Sahelanthropus tchadensis, revient jeudi sous un titre polémique : Sahelantropus ou Sahelpithecus (homme ou singe du Sahel) ? sur les pages de l’hebdomadaire scientifique britannique. Signé par quatre chercheurs, l’ardu plus vieil hominidé connu à ce jour. Des doutes sont apparus dès l’annonce de la découverte. Plusieurs scientifiques se sont demandés si ce crâne écrasé par le long séjour dans les roches avant d’en être « recraché » suite à d’innombrables tempêtes de sable érosives n’était pas plutôt celui d’un « pré-gorille ». Michel Brunet n’a rien voulu entendre de tel. « Toumaï, martelait-il, se trouve juste au-dessus de la fourche qui sépare nos ancêtres de ceux du chimpanzé. Mais son crâne, avec, entre autres, une face haute, courte et étroite, de petites canines et un trou occipital très avancé, présente des traits anatomiques que l’on observe habituellement chez des hominidés bipèdes. » Faux, lui rétorquent Milford Wolpoff de l’université du Michigan (Ann Arbor), Brigitte Senut du Muséum national d’histoire naturelle (Paris), Martin Pickford du Collège de France (Paris) et John Hawks de l’université du Wisconsin (Madison). « La denture, le visage et la base crânienne (...), écrivent-ils, ne semble pas obligatoirement bipède. » À leurs yeux, Sahelanthropus était donc un grand singe vivant dans un environnement (composé d’une mosaïque de forêts-galeries, de zones de savane arborée et de prairies) qui a été plus tard habité par les australopithèques. Profitant d’un droit de réponse offert par Nature, le bouillant paléontologue poitevin, offensé par le « terme méprisant de Sahelpithecus », ironise sur un autre fossile, celui d’Orrorin (âgé de 6 millions d’années et surnommé « Ancêtre du millétaire »), trouvé, lui, par Brigitte Senut et Martin Pickford au Kenya. « L’an dernier, pour Wolpoff et ses collègues, note-t-il, Orrorin était un ancêtre direct de l’homme, et maintenant, ils concluent que Sahelanthropus était un singe (...). Parce qu’il s’agit du plus ancien ancêtre connu de l’homme, ses caractères primitifs n’ont rien d’étonnant. »
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Présenté en juillet, dans la revue Nature, le nouveau doyen de l’humanité, vieux de 6 à 7 millions d’années, Toumaï ou Sahelanthropus tchadensis, revient jeudi sous un titre polémique : Sahelantropus ou Sahelpithecus (homme ou singe du Sahel) ? sur les pages de l’hebdomadaire scientifique britannique. Signé par quatre chercheurs, l’ardu plus vieil hominidé connu à ce jour. Des doutes sont apparus dès l’annonce de la découverte. Plusieurs scientifiques se sont demandés si ce crâne écrasé par le long séjour dans les roches avant d’en être « recraché » suite à d’innombrables tempêtes de sable érosives n’était pas plutôt celui d’un « pré-gorille ». Michel Brunet n’a rien voulu entendre de tel. « Toumaï, martelait-il, se trouve juste au-dessus de la fourche qui sépare nos ancêtres de ceux...