Le chef de la diplomatie britannique Jack Straw et son homologue français Dominique de Villepin ont paru, lors d’un entretien lundi à Paris, rapprocher leurs positions sur la crise irakienne, sans toutefois parvenir à aplanir toutes leurs divergences. Le ministre britannique a clairement ouvert la voie à un compromis possible sur la question cruciale du vote par les Nations unies d’une seule résolution, comme le réclame Washington, ou de deux textes, comme le soutient la France. « Nous avons toujours dit que nous préférions une résolution, mais nous n’avons jamais exclu qu’il y en ait deux et nous ne l’excluons pas », a déclaré à la presse M. Straw. M. Straw a également ajouté qu’il voulait voir une solution pacifique, diplomatique à la menace posée par l’Irak et a repris à son compte cette approche en soulignant que le meilleur moyen de pression sur le président irakien Saddam Hussein restait la menace de la force. « Nous sommes aussi confrontés à la réalité, et une diplomatie efficace doit parfois être soutenue par la menace de la force », a ainsi souligné le secrétaire au Foreign Office. Le ministre français a indiqué de son côté qu’il croyait possible de parvenir « très rapidement » à une résolution de l’Onu sur l’Irak, à l’unanimité, expliquant notamment qu’un accord était envisageable sur le problème de l’inspection des sites présidentiels. Un memorandum entre l’Onu et l’Irak limite l’accès des palais présidentiels irakiens aux inspecteurs en désarmement. Londres et Washington réclament des mesures renforcées afin de permettre un accès « sans restriction » à tous les sites soupçonnés d’abriter des armes de destruction massive. Sur ce point, « on peut arriver à un accord, une position commune », a déclaré M. de Villepin. L’important pour la France, a-t-il souligné, est de délivrer un message qui soit celui de « toute la communauté internationale ». Le ministre français a aussi réaffirmé sa confiance aux inspecteurs en désarmement qui ont, a-t-il dit, « une vraie capacité d’agir » comme ils l’ont montré jusqu’en décembre 1998, date de leur départ d’Irak. « Il faut nous fonder sur leurs capacités et leurs qualités » pour déterminer les conditions d’une mission d’inspection en Irak, a souligné M. de Villepin en opposition sur ce point avec les Américains qui ne cachent pas leur méfiance vis-à-vis des inspecteurs. Les discussions entre MM. Straw et de Villepin, dont un tête-à-tête d’une vingtaine de minutes, ont été « très constructives », a souligné le ministre britannique, expliquant que Paris et Londres « travaillent » à rapprocher leurs positions mais qu’il n’y avait pas seulement deux membres permanents au sein du Conseil. « Il n’y a pas de blocage entre les Britanniques et les Français même si les idées ne sont pas nécessairement les mêmes », a-t-on souligné de source diplomatique à Paris. Mais le problème est aussi de convaincre l’ensemble du Conseil de sécurité, à commencer par les États-Unis, a-t-on ajouté de même source. Le discours sur l’Irak du président américain George W. Bush est de ce point très attendu, tant à Paris qu’à Londres, selon cette source. M. Straw a quitté Paris lundi soir à destination de l’Égypte où il doit notamment rencontrer le président égyptien Hosni Moubarak. M. Straw a indiqué qu’il insisterait auprès de ce dernier sur la menace que fait peser Saddam Hussein sur l’ensemble de la région.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le chef de la diplomatie britannique Jack Straw et son homologue français Dominique de Villepin ont paru, lors d’un entretien lundi à Paris, rapprocher leurs positions sur la crise irakienne, sans toutefois parvenir à aplanir toutes leurs divergences. Le ministre britannique a clairement ouvert la voie à un compromis possible sur la question cruciale du vote par les Nations unies d’une seule résolution, comme le réclame Washington, ou de deux textes, comme le soutient la France. « Nous avons toujours dit que nous préférions une résolution, mais nous n’avons jamais exclu qu’il y en ait deux et nous ne l’excluons pas », a déclaré à la presse M. Straw. M. Straw a également ajouté qu’il voulait voir une solution pacifique, diplomatique à la menace posée par l’Irak et a repris à son compte cette approche en...