Sharon aura finalement cédé aux exigences américaines
le 30 septembre 2002 à 00h00
Après dix jours de pression croissante, le Premier ministre israélien Ariel Sharon a fini par se plier aux exigences de Washington en levant le siège du QG du dirigeant palestinien Yasser Arafat, tout en continuant de faire mine de fermeté à l’égard des Palestiniens. M. Sharon a pris cette décision au retour de Washington de son directeur de cabinet, Dov Weisglass, à qui la conseillère présidentielle pour la Sécurité nationale, Condoleeza Rice, a répété les exigences américaines d’une levée du siège. Selon de nombreux analystes israéliens, cette pression, dictée par les impératifs de Washington sur le dossier irakien, a eu raison de la fermeté du dirigeant israélien. Lors de la réunion hebdomadaire du gouvernement, Ariel Sharon a souligné que les relations avec l’allié américain étaient bonnes, et que cette décision concernant la Moukataa était destinée à « alléger le poids qui pèse sur les Américains », selon la radio publique. À de nombreuses reprises, Washington a fait savoir au gouvernement israélien que le siège de la Moukataa l’embarrassait dans ses efforts pour former une coalition contre l’Irak et donnait l’impression de deux poids, deux mesures, dans l’application des résolutions de l’Onu. Israël refusait d’appliquer la résolution 1435 du Conseil de sécurité de l’Onu au moment où les États-Unis et Londres tentaient de faire passer une résolution musclée devant contraindre Bagdad à accepter un accès total à tous ses sites potentiels, sous peine d’action militaire. L’assouplissement du siège est également motivé par l’aspect contreproductif de cette mesure qui, au lieu d’isoler et marginaliser encore un peu plus le dirigeant palestinien, l’a remis sous les projecteurs. Quelques heures après l’annonce du gouvernement, le chef de l’opposition de gauche Yossi Sarid estimait que la levée du siège n’était que « la réparation d’une erreur initiale ». Le siège avait été décidé à l’unanimité par le gouvernement israélien, le 19 septembre, après deux attentats-suicide dont un à Tel-Aviv. « Arafat est sorti renforcé car ce gouvernement de droite, avec ses deux mains gauches, l’a remis au centre de la scène », a estimé M. Sarid. Le ministre israélien de la Défense Binyamin Ben Eliezer a également reconnu que la décision d’encercler et d’isoler Yasser Arafat avait été « un électrochoc pour les responsables palestiniens modérés » et qu’il fallait, à présent, « relancer le processus de marginalisation d’Arafat », selon la radio publique. Reste qu’il était encore difficile de dire si cet allègement du siège était une réelle levée du blocus ou une opération « cosmétique » qui consiste uniquement à desserrer le nœud qu’Israël a passé autour du cou d’Arafat, comme l’affirment les Palestiniens. Le fond du problème ne semble pas cependant réglé : le sort des Palestiniens retranchés à l’intérieur et réclamés par Israël. Une quarantaine, a indiqué dimanche Ariel Sharon, dont huit sont des « terroristes lourds ». L’armée israélienne a déclaré qu’elle se réservait le droit d’arrêter ces hommes s’ils voulaient s’enfuir de la Moukataa.
Après dix jours de pression croissante, le Premier ministre israélien Ariel Sharon a fini par se plier aux exigences de Washington en levant le siège du QG du dirigeant palestinien Yasser Arafat, tout en continuant de faire mine de fermeté à l’égard des Palestiniens. M. Sharon a pris cette décision au retour de Washington de son directeur de cabinet, Dov Weisglass, à qui la conseillère présidentielle pour la Sécurité nationale, Condoleeza Rice, a répété les exigences américaines d’une levée du siège. Selon de nombreux analystes israéliens, cette pression, dictée par les impératifs de Washington sur le dossier irakien, a eu raison de la fermeté du dirigeant israélien. Lors de la réunion hebdomadaire du gouvernement, Ariel Sharon a souligné que les relations avec l’allié américain étaient bonnes, et que...
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