Le flou persistait toujours sur l’identité des soldats rebelles et sur leurs commanditaires éventuels plus d’une semaine après le déclenchement du soulèvement militaire qui menace la stabilité de la Côte d’Ivoire et qui a des répercussions sur toute l’Afrique de l’Ouest. Le premier mutin à revendiquer le soulèvement, l’adjudant Tuo Fozié, ne l’a fait que huit jours après le début du soulèvement et pour dédouaner aussitôt le général Robert Gueï, l’ancien putschiste de décembre 1999, tué le 19 septembre dans Abidjan, et l’ancien Premier ministre Alassane Ouattara, réfugié dans l’ambassade de France. « Le général Gueï ou Alassane Ouattara ne sont pas derrière cette histoire », a-t-il affirmé jeudi à la presse à Bouaké (centre), se présentant comme le chef des militaires rebelles qui contrôlent cette ville, la deuxième du pays. « Nous sommes des militaires, ce n’est pas un mouvement à caractère politique », a dit l’adjudant, selon lequel des militaires ivoiriens en exil, dont lui-même, sont à l’origine du soulèvement. Les quelques noms de soldats mutinés rendus publics indiquent que ce soulèvement militaire pourrait être le fait de plusieurs groupes de soldats ivoiriens mécontents vivants en exil. Plusieurs militaires recrutés par le général Gueï quand il était au pouvoir (décembre 1999-octobre 2000) avaient fui le pays après sa défaite à l’élection présidentielle. L’adjudant Tuo Fozié est recherché comme « déserteur » depuis la tentative de coup d’État des 7 et 8 janvier 2001 par la justice militaire ivoirienne. Il avait également participé au coup d’État de 1999 et s’était brouillé ensuite avec le général Gueï. Deux autres anciens du coup d’État de 1999, le sergent-chef Ibrahim Coulibaly, dit « IB », et Oumar Diarrassouba, dit « Zaga-Zaga » (onomatopée pour les rafales d’AK 47), seraient impliqués dans le coup, selon une source ivoirienne à Paris. Ces hommes se seraient réfugiés dans un pays frontalier, avant de mener le soulèvement, selon la même source qui n’a pas précisé quel pourrait être ce pays. Selon des témoignages sur place, les rebelles se sont ravitaillés en pillant des armureries dans chaque ville conquise et disposaient avant ces attaques d’un armement important. Une piste qui laisse indiquer l’existence d’un ou de plusieurs bailleurs de fonds d’un soulèvement bien planifié. Le Burkina Faso a été accusé par le journal progouvernemental ivoirien Notre voie d’être à l’origine du soulèvement. Mais Ouagadougou a fermement démenti être à l’origine de la déstabilisation et dit « n’avoir rien à voir dans cette crise ». « Je ne vois pas ce que le Burkina Faso aurait à gagner à un effondrement de la Côte d’Ivoire. Trois millions de Burkinabés travaillent dans les plantations de cacao dans ce pays et cette diaspora envoie régulièrement des sommes très importantes pour l’économie locale », analyse un diplomate dans la région. « Et puis, poursuit la même source, le Burkina, pays enclavé, dépend beaucoup d’une Côte d’Ivoire stable pour ses approvisionnements. » Une fois Gueï tué, et après que Ouattara eut démenti toute implication, reste l’ancien président Henri Konan Bédié, autre acteur de poids de la scène politique ivoirienne. M. Bédié, réfugié à l’ambassade du Canada, a proposé l’ouverture de négociations entre les autorités et les insurgés. Il est à noter que les rebelles, contrairement aux scénarii de guerre civile de ces dernières années en Sierra Léone ou au Liberia, ne s’en prennent pas aux civils, selon les témoignages. Ils sont même appuyés par la population locale, ont pu constater des journalistes à Bouaké. Cette grave crise qui menace la stabilité de tout le pays pourrait avoir de sérieuses répercussions dans toute la région, dans la mesure où l’ancienne colonie française joue un rôle moteur en Afrique de l’Ouest.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le flou persistait toujours sur l’identité des soldats rebelles et sur leurs commanditaires éventuels plus d’une semaine après le déclenchement du soulèvement militaire qui menace la stabilité de la Côte d’Ivoire et qui a des répercussions sur toute l’Afrique de l’Ouest. Le premier mutin à revendiquer le soulèvement, l’adjudant Tuo Fozié, ne l’a fait que huit jours après le début du soulèvement et pour dédouaner aussitôt le général Robert Gueï, l’ancien putschiste de décembre 1999, tué le 19 septembre dans Abidjan, et l’ancien Premier ministre Alassane Ouattara, réfugié dans l’ambassade de France. « Le général Gueï ou Alassane Ouattara ne sont pas derrière cette histoire », a-t-il affirmé jeudi à la presse à Bouaké (centre), se présentant comme le chef des militaires rebelles qui...