De la fumée au-dessus de Muharraq, à Manama, capitale du Bahreïn, après une frappe iranienne de drone sur une installation pétrolière, le 12 mars 2026. Photo REUTERS/Stringer
Au lendemain des vives critiques formulées par le président Joseph Aoun à l'encontre de l'Iran - parrain du Hezbollah -, qu'il a accusé d'utiliser le Liban comme une « monnaie d'échange » dans son bras de fer avec Washington, Bahreïn a affiché samedi son soutien au chef de l'État libanais, insistant sur le refus « d'instrumentaliser le Liban dans des conflits régionaux » et rejetant « toute ingérence étrangère dans ses affaires intérieures ».
Le ministère bahreïni des Affaires étrangères a affirmé dans un communiqué « la position ferme et constante du royaume en faveur de la souveraineté, la sécurité, la stabilité et l’intégrité territoriale du Liban », et rejeté « toute ingérence étrangère dans ses affaires intérieures ». Il a également réitéré son soutien aux efforts de Joseph Aoun et de son gouvernement pour renforcer les institutions de l’État, étendre son autorité sur l’ensemble du territoire et réserver le monopole des armes à l’État, conformément à l’accord de Taëf, à la résolution 1701 du Conseil de sécurité de l’ONU et aux autres résolutions internationales pertinentes.
Manama a souligné « la nécessité de respecter la souveraineté, l’indépendance et le libre processus décisionnel national du Liban », tout en soutenant « un dialogue national inclusif » comme seule voie pour résoudre les problèmes intérieurs. Il a par ailleurs insisté sur son refus « d'instrumentaliser le Liban dans des conflits régionaux » afin de « renforcer la sécurité, la stabilité et la coexistence pacifique dans la région et d'épargner à ses populations les dangers d'une escalade des conflits. »
Le ministère a également salué les efforts de médiation menés par les États-Unis sous l’égide du président Donald Trump en vue de parvenir à un cessez-le-feu permanent au Liban, ainsi que l’engagement de la présidence et du gouvernement libanais en faveur du succès des négociations et des efforts diplomatiques destinés à mettre fin aux hostilités, protéger les civils et permettre le retour des déplacés. Bahreïn a enfin appelé à renforcer les efforts internationaux et régionaux pour fournir une aide humanitaire d’urgence au Liban, soutenir la Finul et contribuer à alléger les souffrances des civils, tout en souhaitant au pays de réussir ses réformes, consolider son unité nationale et retrouver pleinement son rôle dans l'environnement arabe et international.
Alors qu'Israël et le Liban ont convenu mercredi de la « mise en œuvre d'un cessez-le-feu » et de la création de « zones pilotes » placées sous le contrôle de l'armée libanaise, au terme de deux jours de pourparlers à Washington, le Liban-Sud demeure sous sous le feu de l'armée israélienne qui y occupe toujours plus de 600 km². Depuis le 2 mars, date de l'entrée du Hezbollah dans la guerre régionale aux côtés de l'Iran pour venger la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei, les attaques israéliennes au Liban ont fait plus de 3 550 morts.

