Le Premier ministre israélien Ariel Sharon se rend demain à Moscou, à l’invitation du président russe Vladimir Poutine, pour une visite qui doit être dominée par le Proche-Orient et l’Iran. « M. Sharon voulait depuis plusieurs mois répondre à cette invitation, mais la situation sécuritaire en Israël l’a contraint à différer ce voyage, son second en Russie depuis son arrivée au pouvoir en mars 2001 », a indiqué son porte-parole Raanan Gissin. « Tous les sujets relatifs à la situation stratégique au Proche-Orient doivent être abordés, notamment la course aux armements de l’Iran, la menace irakienne, l’appui de la Syrie à des organisations terroristes et la question palestinienne », a-t-il ajouté. La Russie est coparrain avec les États-Unis du processus de paix au Proche-Orient enclenché par la conférence de Madrid d’octobre 1991. Fait significatif, le numéro deux de l’OLP Mahmoud Abbas (Abou Mazen) est attendu à Moscou le 1er octobre, dans le sillage de la visite de M. Sharon. Selon la présidence du Conseil à Jérusalem, le programme de la visite de trois jours de M. Sharon prévoit notamment des entretiens lundi avec M. Poutine et le chef de la diplomatie russe Igor Ivanov, puis le lendemain des rencontres avec les chefs de la communauté juive et le patriarche de Moscou et de toutes les Russies Alexis II. « M. Sharon a noué des liens personnels très étroits avec M. Poutine, qui l’appelle souvent pour s’informer des développements de la situation dans la région », a indiqué sous condition d’anonymat un responsable des Affaires étrangères. « Tous deux font face au même problème : le terrorisme. C’est encore plus évident depuis les attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis », a-t-il ajouté en assimilant les attentats des Palestiniens à ceux des Tchétchènes. Il reste que, selon la presse israélienne, des divergences sérieuses subsistent à propos du transfert de savoir-faire technologique russe à l’Iran susceptible de permettre à ce pays de se doter d’armes de destruction massive. Israël considère l’Iran comme son ennemi potentiellement le plus dangereux et s’inquiète notamment de la construction par la Russie de la centrale nucléaire de Bouchehr que Washington voit également d’un mauvais œil. Israël et la Russie ont constitué une commission mixte qui s’est déjà réunie à plusieurs reprises, sa raison d’être étant d’empêcher la prolifération des armements et le transfert de « technologie sensible ». La presse israélienne s’est par ailleurs émue de l’annonce de la prochaine signature d’un accord de coopération économique à long terme entre la Russie et l’Irak, qui porterait sur 40 milliards de dollars. « Nous comprenons que la Russie cherche à augmenter ses exportations pour surmonter ses problèmes économiques, mais Israël doit empêcher la livraison d’armes sophistiquées à ses ennemis », a affirmé M. Gissin. Selon lui, le Kremlin prête une oreille « très attentive et très amicale » aux arguments de l’État hébreu. La Russie, qui était traditionnellement proarabe et propalestinienne depuis la chute de l’URSS en 1991, s’est progressivement rapprochée d’Israël. D’autant que près d’un million de juifs de l’ex-URSS ont depuis lors immigré en Israël, contribuant largement à l’essor des relations bilatérales. Les échanges entre les deux pays ont atteint 800 millions de dollars l’an dernier. M. Sharon appelle régulièrement les membres de la communauté juive de Russie et des pays de l’ex-URSS, soit encore environ un million d’âmes, à immigrer à leur tour en Israël. Mais seuls 30 000 ont fait ce choix en 2001, contre 45 000 un an auparavant.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le Premier ministre israélien Ariel Sharon se rend demain à Moscou, à l’invitation du président russe Vladimir Poutine, pour une visite qui doit être dominée par le Proche-Orient et l’Iran. « M. Sharon voulait depuis plusieurs mois répondre à cette invitation, mais la situation sécuritaire en Israël l’a contraint à différer ce voyage, son second en Russie depuis son arrivée au pouvoir en mars 2001 », a indiqué son porte-parole Raanan Gissin. « Tous les sujets relatifs à la situation stratégique au Proche-Orient doivent être abordés, notamment la course aux armements de l’Iran, la menace irakienne, l’appui de la Syrie à des organisations terroristes et la question palestinienne », a-t-il ajouté. La Russie est coparrain avec les États-Unis du processus de paix au Proche-Orient enclenché par la...