Le dollar a encore perdu du terrain hier sur des marchés des changes hantés toujours par les craintes d’une guerre contre l’Irak après les propos du Premier ministre britannique devant la Chambre des communes. M. Tony Blair a fait savoir que le programme d’armes de destruction massive de Bagdad est en activité et qu’il faut obtenir le désarmement de ce pays d’une façon ou d’une autre, le plus tôt possible. Ce développement n’a pas tardé donc à générer des spéculations sur l’impact d’une guerre sur l’économie américaine, alors que le pessimisme des investisseurs quant aux résultats des entreprises aux États-Unis ne cesse de se répercuter sur Wall Street. De plus, la publication hier par le Conference Board d’un indice de confiance des consommateurs américains en baisse de 1,2 point en septembre sur août (à 93,3 points) devait aussi peser sur le dollar dans la mesure où la consommation représente les deux tiers de l’économie en général. Dans ce contexte, le statu quo monétaire observé hier par la Fed à l’issue de la réunion de son comité de l’open market n’a guère eu d’effet sur le marché, qui l’avait largement anticipé. Pourtant, l’annonce d’un revirement spectaculaire de la Commission européenne, qui a suggéré tard dans la soirée de reculer à 2006 l’objectif d’un retour à l’équilibre budgétaire, est venue réduire les gains de l’euro d’un côté et permettre au dollar d’un autre côté de freiner sa chute face aux autres grandes monnaies. En effet, le billet vert est parvenu à se négocier finalement à New York sur un ton un peu résistant à 0,9815 pour un euro contre 0,9780 la veille, à 1,5585 pour un sterling contre 1,5510, à 1,4905 FS contre 1,4970 et 123,30 yens contre 123,95. Rechute de Wall Street En Bourse, Wall Street a piqué de nouveau du nez, se rapprochant très près de son plus bas de juillet dernier avec une perte de 2,4 % en clôture. Au contraire, le Nasdaq a manifesté une résistance à la baisse après avoir plongé la veille à son plus bas depuis six ans, pour terminer en léger repli de 0,22 %. La cote américaine a donc continué de battre en retraite, après la publication de résultats décevants de Palm et Lehman Brothers et l’annonce d’une enquête par le procureur fédéral de Connecticut sur les comptes de Xeros. La publication des indices de confiance des consommateurs américains en septembre et le statu quo monétaire observé par la Fed ont été largement anticipés et n’ont eu qu’un impact passager sur la cote. Quant aux Bourses européennes, elles ont réussi hier à réduire leurs pertes, le déclin de la matinée ayant encouragé quelques rachats qui ont interrompu la vague de dégagements entraînée par les craintes de guerre en Irak. À Beyrouth, le dollar continuait à se faire de plus en plus rare, alors que la demande de cette monnaie se limitait toujours aux besoins commerciaux des opérateurs. Cela étant et compte tenu de la présence permanente de la BDL sur le marché, le billet vert devait être fixé au même taux moyen indicatif de 1 507,50 LL et négocié à 1 514 LL. À la Bourse de Beyrouth, la tendance a été partagée entre la baisse de 2 627 actions A de Solidere de 4 1/4 à 4 1/8 $ et la hausse de 37 500 actions C de la Byblos Bank de 1 4/32 à 1 5/32 $, alors que 1 993 actions B de Solidere et 2 000 certificats GDR de la Blom Bank se maintenaient à 4 3/8 $ et à 17 $ respectivement. Élie KAHWAGI
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