Le championnat du monde de basket-ball messieurs qui s’est achevé dimanche à Indianapolis sur la victoire de la Yougoslavie laissera une trace indélébile dans l’histoire de la discipline. Les Jeux olympiques de 1972, à Munich, avec la première défaite d’une équipe américaine, battue par la Russie (51-50), avaient une première fois ouvert une ère. Trente ans plus tard, ce tournoi, dans une des villes phares de la discipline, a sûrement plongé le basket dans son futur. Depuis 1992, il était entendu qu’une équipe américaine, constituée de joueurs NBA, était invincible. Avec son nom de Dream Team, elle avait gagné pratiquement avant de jouer. Cette réalité, consacrée par 58 victoires de rang en matches officiels, est désormais de l’ordre du passé. L’équipe US version 2002 a été humiliée trois fois pour ne finir qu’à la sixième place, le plus mauvais rang des États-Unis en quatorze éditions. Dans l’ordre, l’Argentine en poule (87-80), la Yougoslavie en quart de finale (81-78) et l’Espagne en match de classement (81-75) lui ont marché sur la tête. Collectif Ces trois défaites, ressenties comme autant de cataclysmes, dans un pays où le basket-ball est roi, vont contraindre les responsables à revoir leur politique et les joueurs à faire autre chose que le traditionnel un contre un qui a vécu. Maintenant, c’est l’heure des individualités au service du collectif. Le triomphe de la Yougoslavie en témoigne. Elle regroupe de nombreux joueurs NBA, des vedettes, mais elle forme un groupe. C’est lui qui a réalisé le rêve de Vlade Divac, revenu en sélection pour gagner un deuxième titre mondial, contre les Américains, sur le sol américain. Le voilà comblé. Souvent inconstants, les champions du monde (5 titres désormais), également couronnés en Europe, représentent l’avenir du basket. Ils mélangent avec bonheur des joueurs hors normes comme Divac, Predrag Stojakovic ou Dejan Bodiroga, décisif contre les Argentins en finale (84-77 après prolongation), avec un énorme sentiment d’équipe. Cette notion de collectivité a aussi fait la force des pays émergents, de l’Argentine, magnifique deuxième qui a enfin confirmé l’étendu de son talent, à la Nouvelle-Zélande, inattendue quatrième, en passant par l’Angola qui a montré que l’Afrique s’éveillait. Les collectifs sont d’autant plus forts lorsqu’ils sont conjugués avec des individualités exceptionnelles. L’Allemand Dirk Nowitzki, le Chinois Yao Ming, l’Argentin Emanuel Ginobili, l’Espagnol Pau Gasol, le Portoricain Carlos Arroyo ou l’Américain Paul Pierce sont assurément de cette race. Déceptions Comme dans toute épreuve, il y a eu des déceptions. Sans compter le public, qui a souvent fait défaut, on en dénombre trois : le Canada, la Turquie et la Russie. Le premier a payé l’absence de ses cadres et la deuxième n’a pu rééditer son parcours à l’Euro 2001 à domicile, où elle avait été en surrégime. Le cas des Russes semble plus complexe. Ils disposent de joueurs de talent comme Andrei Kirilenko ou Rouslan Avleev. Pourtant, ils sont passés totalement à côté du sujet sans qu’aucune raison valable n’apparaisse. Si ce n’est peut-être tout simplement un surplus d’individualité et un manque de collectif. Les JO d’Athènes, en 2004, pour lesquels la Yougoslavie est qualifiée, devraient confirmer cette nouvelle hiérarchie des valeurs. En attendant le prochain Mondial à Saitama (Japon) en 2006, avec un nombre d’équipes participantes passant de 16 à 24 et une formule simplifiée. Ces modifications apparaissent comme une bonne nouvelle. Selon les spécialistes, elle peut résoudre deux points noirs de cette épreuve : l’absence de beaucoup de pays importants, notamment européens (Italie, Lituanie, France, Grèce...) et le système de compétition trop complexe.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le championnat du monde de basket-ball messieurs qui s’est achevé dimanche à Indianapolis sur la victoire de la Yougoslavie laissera une trace indélébile dans l’histoire de la discipline. Les Jeux olympiques de 1972, à Munich, avec la première défaite d’une équipe américaine, battue par la Russie (51-50), avaient une première fois ouvert une ère. Trente ans plus tard, ce tournoi, dans une des villes phares de la discipline, a sûrement plongé le basket dans son futur. Depuis 1992, il était entendu qu’une équipe américaine, constituée de joueurs NBA, était invincible. Avec son nom de Dream Team, elle avait gagné pratiquement avant de jouer. Cette réalité, consacrée par 58 victoires de rang en matches officiels, est désormais de l’ordre du passé. L’équipe US version 2002 a été humiliée trois fois pour...