On faisait grise mine chez Ford après un rallye de Finlande écrasé par les Peugeot 206 WRC, le doublé de Marcus Gronholm et Richard Burns, dimanche soir à Jyvaskyla. Ce n’était pas tant le résultat que la manière qui inquiétait Malcolm Wilson, le directeur de l’équipe britannique, principale rivale de la marque au Lion dans la course au titre mondial. À la domination des Peugeot s’ajoutait l’abandon de dernière minute de Colin McRae, la Ford Focus ayant été victime d’un incendie alors que l’Écossais occupait la troisième place. Ce sont quelques points supplémentaires qui s’étaient envolés en fumée, comme sans doute les espoirs de titre de McRae dans son duel avec Gronholm. Ford n’avait pas besoin de cela. Après un sursaut, les victoires de Carlos Sainz sur tapis vert en Argentine, après le déclassement de Gronholm et Burns, déjà les meilleurs sur la route, et de Colin McRae en Grèce et au Kenya, Ford ne se faisait déjà pas beaucoup d’illusions. La suprématie affichée par les 206 en Finlande a assommé un peu plus la concurrence. « Nous disposons des meilleurs ingrédients possibles pour aboutir à des résultats comme ceux que nous enregistrons depuis le début de l’année, expliquait Corrado Provera, le patron de Peugeot Sport. Nous disposons de pilotes de très haut niveau, peut-être la meilleure équipe qui court aujourd’hui en championnat du monde par sa polyvalence, son efficacité, et d’une voiture qui commence à être mûre. C’est-à-dire que l’expérience de deux ans de course commence à porter ses fruits. Et enfin une équipe qui travaille ». « Ces choses-là mises ensemble nous donnent un petit avantage. Pas énorme. Tout juste un dixième de seconde au kilomètre. Mais sur la régularité, la fiabilité, cela fait beaucoup à l’arrivée », ajoutait-il. « Ce qui nous a étonné par contre, c’est que nos voitures 2000, de première génération, dans des bonnes mains de spécialistes finlandais (Lindholm et Pykalysto) faisaient des temps équivalents à ceux des voitures 2002 de la concurrence. Il y a là quelque chose de bizarre, poursuivait Provera. Moi je pense que Michelin a fait ici un travail exceptionnel. Les pneus s’ajoutant aux pilotes, à la voiture et à l’équipe, cela fait cette différence qui aboutit à une domination qui, je l’avoue, a été impressionnante pour nous aussi ». Ford s’inquiète d’autant plus dans son duel déséquilibré avec Peugeot que deux rallyes « asphalte » se profilent à l’horizon, l’Allemagne dans quinze jours (23-25 août) et le San Remo (20-22 septembre). Le constructeur français s’est fait de cette surface une spécialité, même si la 206 est aujourd’hui une « tout-terrain », et pourrait enlever tout suspense avant le terme de la saison. Les responsables de Peugeot veulent rester prudents, tout en affichant cependant une grande confiance quant à l’obtention d’un troisième titre mondial consécutif. « Notre objectif depuis plusieurs épreuves est de parvenir à un total de 140 points à la fin de l’année, calculait Jean-Pierre Nicolas, responsable des rallyes chez Peugeot. Si on atteint ce chiffre, on sera champions. Il nous reste huit points de moyenne à marquer par rallye. Notre tâche est plus facile que celle de Ford. »
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