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Le talon d’Achille des industriels

La publicité vantant aux enfants les mérites des produits alimentaires est le principal argument invoqué par les adversaires des multinationales du secteur dans la lutte contre l’obésité aux États-Unis et pourrait ouvrir une brèche dans l’argumentation juridique de ces groupes. « L’un des principaux points sur lesquels (les groupes agroalimentaires) vont être vulnérables (dans la perspective de procès en justice) va être le marketing visant les enfants », explique Richard Daynard, professeur de droit à la Northeastern University à Boston (nord-est). Pour lui, ces publicités sont souvent, sinon mensongères, du moins trompeuses. Les groupes agroalimentaires « présentent leurs produits comme bons pour la santé alors qu’ils savent en réalité qu’ils seront probablement consommés de telle façon que le consommateur sera au final en moins bonne santé », poursuit le chercheur, spécialiste des poursuites en justice contre les cigarettiers. Il cite notamment l’exemple des céréales sucrées que les petits Américains mangent en quantité abondante au petit déjeuner et qui sont souvent présentées dans la publicité comme des aliments indispensables à leur équilibre alimentaire. Les groupes agroalimentaires doivent, selon lui, se montrer tout à fait irréprochables dans leurs publicités visant les enfants « et je pense (...) que les tribunaux vont juger qu’ils ont une responsabilité particulière » à cet égard, indique Richard Daynard. « Un enfant américain moyen regarde 10 000 publicités télévisées par an pour des produits alimentaires », poursuit Kelly Brownell, professeur d’épidémiologie et de santé publique à l’Université de Yale. Or, « 95 % des ces spots concernent des fast-foods, boissons sucrées, bonbons ou céréales enrichies en sucre », précise-t-il. Les deux plus grands producteurs de sodas, Coca-Cola et PepsiCo, ont dépensé 4,6 milliards de dollars dans le monde en publicité en 2000, affirme un article paru dans l’édition 2002 de Vital Signs, une publication de l’organisme de recherche WorldWatch Institute. Or, « une partie significative de (cet investissement) est dirigée vers les plus jeunes, et établit un lien entre les boissons et les héros des enfants », poursuit le texte. Ainsi, Coca-Cola a signé un contrat mondial exclusif de 150 millions de dollars avec le studio de cinéma Warner Brothers pour être le seul partenaire marketing du film Harry Potter et la pierre philosophale, selon l’article.
La publicité vantant aux enfants les mérites des produits alimentaires est le principal argument invoqué par les adversaires des multinationales du secteur dans la lutte contre l’obésité aux États-Unis et pourrait ouvrir une brèche dans l’argumentation juridique de ces groupes. « L’un des principaux points sur lesquels (les groupes agroalimentaires) vont être vulnérables (dans la perspective de procès en justice) va être le marketing visant les enfants », explique Richard Daynard, professeur de droit à la Northeastern University à Boston (nord-est). Pour lui, ces publicités sont souvent, sinon mensongères, du moins trompeuses. Les groupes agroalimentaires « présentent leurs produits comme bons pour la santé alors qu’ils savent en réalité qu’ils seront probablement consommés de telle façon que le...