Le Grec Konstantin Kenteris, auteur de la meilleure performance de la saison sur 200 m dans l’obscur stade de Trikala, a enfin l’occasion de se mesurer dans une course de haut niveau aux prétendants britanniques à la couronne de champion d’Europe, à partir de jeudi à Munich. Surprenant champion olympique et du monde en titre, le sociétaire de l’Olympiakos le Pirée a couru en 20 secondes 18/100 le 16 juin dernier lors des championnats de Grèce. Un chrono qui, au vu de son insolente réussite lors des courses à médailles, suffit à en faire le favori sur le demi-tour de piste. Alors que Kenteris – à l’image de la sprinteuse ukrainienne Zhanna Pintusevitch absente à Munich – choisissait de bouder les réunions de premier plan, ses rivaux se faisaient les jambes et remplissaient leur compte en banque dans les meetings du début de saison. Une seule course cette saison Jeudi en séries puis vendredi en finale, ils seront trois sujets britanniques à tenter d’empêcher Kenteris de faire le triplé JO-monde-Europe : Marlon Devonish, qui a échoué pour 1/100 à égaler le temps de Kenteris lors des Jeux du Commonwealth, Darren Campbell qui a couru en 20’’21 cette année mais en 20’’13 la saison dernière, et le benjamin gallois Christian Malcolm (20’’39). Mais Kenteris n’en a que faire. Il vit dans une autre planète que celle des sprinteurs ordinaires. Depuis sa révélation en 2000, ses apparitions en meeting se comptent sur les doigts d’une main. « Je n’ai pas besoin d’argent, j’ai besoin de titres », dit le coureur de 29 ans qui recevra tout de même 175 000 euros du gouvernement grec en cas de succès à Munich. C’est grâce à cette parcimonie, déjà, que le natif de l’île de Mitilini a réussi une percée surprenante. En renonçant à doubler 200 et 400 m, Kenteris a pu reconcentrer ses forces sur la plus courte distance et passer en quelques mois de 20’’50 à 20’’09, puis 20’’03, sa meilleure performance personnelle qui date des demi-finales des championnats du monde d’Edmonton, en 2001. Cette saison, le Grec n’a disputé qu’une seule course. Par obligation : les championnats de Grèce étaient qualificatifs pour l’Euro. Le reste du temps, il s’entraîne dans une intimité très protégée avec Kristos Tzekos, le coach de la sprinteuse Ekatherina Thanou, qu’il a rencontré six mois avant les Jeux de Sydney et qui l’a conduit deux fois vers l’or, bien aidé certes par les absences des Américains Michael Johnson et Maurice Greene. Officiellement militaire dans l’armée de l’air, Kenteris s’économise sur les pistes comme en dehors. Deux ou trois 200 m jalonnent ses saisons et il déteste les interviews. Il se préserve pour son but suprême : les Jeux olympiques à la maison, dans deux ans à Athènes.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le Grec Konstantin Kenteris, auteur de la meilleure performance de la saison sur 200 m dans l’obscur stade de Trikala, a enfin l’occasion de se mesurer dans une course de haut niveau aux prétendants britanniques à la couronne de champion d’Europe, à partir de jeudi à Munich. Surprenant champion olympique et du monde en titre, le sociétaire de l’Olympiakos le Pirée a couru en 20 secondes 18/100 le 16 juin dernier lors des championnats de Grèce. Un chrono qui, au vu de son insolente réussite lors des courses à médailles, suffit à en faire le favori sur le demi-tour de piste. Alors que Kenteris – à l’image de la sprinteuse ukrainienne Zhanna Pintusevitch absente à Munich – choisissait de bouder les réunions de premier plan, ses rivaux se faisaient les jambes et remplissaient leur compte en banque dans les...