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Actualités - Chronologie

Les analystes des deux camps affichent leur scepticisme

Les analystes israéliens et palestiniens doutent de la volonté des deux parties d’appliquer le plan sécuritaire pour la bande de Gaza présenté hier par le ministre israélien de la Défense Binyamin Ben Eliezer. Le plan propose un repli des troupes israéliennes sur leurs positions d’avant le début de l’intifada, en septembre 2000, sous condition d’une réduction significative des attaques palestiniennes. Cela implique que l’Autorité palestinienne et le président Yasser Arafat jugulent les mouvements radicaux comme le Hamas et le Jihad islamique. « Selon moi, l’une des raisons pour laquelle il (Arafat) est resté en retrait jusqu’à présent est qu’il n’était pas sûr que tous (les groupes) l’écouteraient. Il ne voulait pas faire trop monter la pression », estime Mark Heller, du Centre Jaffee pour les études stratégiques, près de Tel-Aviv. « Il n’y a rien qui montre que Arafat ait pris une décision pour changer sa manière d’agir », a-t-il ajouté. Un autre analyste politique, Yossi Alpher, estime quant à lui que le gouvernement israélien n’est peut-être pas prêt à donner aux forces de sécurité palestiniennes la possibilité d’agir sans entraves dans la bande de Gaza. « Soit la sécurité palestinienne a la capacité (de lutter contre les groupes radicaux) et vous lui permettez de le faire, soit vous voulez juste donner l’impression qu’une action politique a été entreprise », estime M. Alpher. « Je ne vois pas comment (le ministre palestinien de l’Intérieur Abdelrazak) Yahya pourrait persuader les forces de sécurité palestiniennes de prendre la relève tant que les Israéliens restent actifs » dans la bande de Gaza, a-t-il ajouté. L’expert remet également en question la volonté réelle des dirigeants, tant d’un côté que de l’autre, de voir le plan Gaza d’abord appliqué. Pour lui, il y a peu d’espoir que M. Arafat « coopère » ou que le Premier ministre israélien de droite Ariel Sharon « abandonne sa stratégie et offre aux Palestiniens un plan de paix réaliste ». « Je ne pense pas qu’il y ait des chances sérieuses que le plan Gaza d’abord mette fin au conflit », a indiqué M. Alpher. Côté palestinien, le même scepticisme règne, d’autant plus que le plan a été présenté par M. Ben Eliezer et non par le chef du gouvernement. Le ministre avait fait état pour la première fois de son projet lors de sa rencontre le 15 juillet avec le président égyptien Hosni Moubarak. Mais les Palestiniens n’ont guère été impressionnés par ses propositions. Selon le député palestinien Ziad Abou Amr, « il est important que Sharon s’exprime en personne » car « par le passé, plusieurs initiatives ont vu le jour, mais elles n’ont rien donné ». « J’ai bien peur qu’il s’agisse d’une énième opération de relations publiques », a-t-il ajouté. Selon le député, M. Ben Eliezer a simplement voulu donner l’impression que le gouvernement israélien cherche une solution au conflit, contrairement aux Palestiniens. « Je ne pense pas que la sécurité palestinienne sera en position de sévir contre les activistes tant qu’Israël fera de même en Cisjordanie », a estimé M. Abou Amr. « Cela aboutirait à mettre les services de sécurité (palestiniens) dans la position de collaborateurs », a-t-il poursuivi. Tant qu’Israël n’offrira pas un plan de paix viable, « l’opinion publique s’opposera à la sécurité palestinienne si celle-ci essaie d’emprisonner les activistes du Hamas et du Jihad islamique », estime le député. De leur côté, les deux mouvements islamistes ont catégoriquement rejeté le plan, le qualifiant d’« hypocrite ».
Les analystes israéliens et palestiniens doutent de la volonté des deux parties d’appliquer le plan sécuritaire pour la bande de Gaza présenté hier par le ministre israélien de la Défense Binyamin Ben Eliezer. Le plan propose un repli des troupes israéliennes sur leurs positions d’avant le début de l’intifada, en septembre 2000, sous condition d’une réduction significative des attaques palestiniennes. Cela implique que l’Autorité palestinienne et le président Yasser Arafat jugulent les mouvements radicaux comme le Hamas et le Jihad islamique. « Selon moi, l’une des raisons pour laquelle il (Arafat) est resté en retrait jusqu’à présent est qu’il n’était pas sûr que tous (les groupes) l’écouteraient. Il ne voulait pas faire trop monter la pression », estime Mark Heller, du Centre Jaffee pour les...