À 36 ans, le Britannique Jonathan Edwards a tout gagné en triple saut. Il affiche pourtant des ambitions intactes à l’heure d’affronter, aux championnats d’Europe de Munich, deux gamins qui rêvent de le mettre à la retraite. Le sauteur à la célèbre tignasse grise affiche en effet douze et quatorze ans de plus que ses principaux rivaux, le Britannique Phillips Idowu et le Suédois Christian Olsson, qui le défieront à partir d’aujourd’hui dans les qualifications, puis mercredi en finale. Mais cette saison encore, le champion olympique (2000), double champion du monde (1995, 2001) et tenant du titre européen, domine à nouveau le palmarès de sa discipline : avec un saut à 17,86 m réussi le 28 juillet dernier lors des Jeux du Commonwealth, c’est lui qui mène le bal. Et tant pis s’il n’a toujours pas atteint l’un des objectifs de sa saison en franchissant la barre des 18 mètres. Comme il y a sept ans lorsqu’il avait établi le record du monde actuel avec ses 18,29 m synonymes de titre mondial. « Je voudrais à nouveau sauter à ce niveau et pourquoi pas ici », a-t-il lancé, hier, lors d’une conférence de presse. La concurrence des jeunes devrait aiguillonner Edwards. Depuis le début de la saison, il se sent des jambes de vingt ans à l’heure d’affronter Olsson ou Idowu en compétition. « Je me réjouis de les retrouver. Cette rivalité, c’est ce qui donnera de l’intérêt à la compétition. C’est parce que l’on vient m’asticoter que je suis encore à ce niveau. » Olsson en challenger Olsson, qui avait établi la meilleure performance de l’année en début de saison avant de se faire reprendre son bien par l’ancien, fait figure de favori pour détrôner le Britannique. À Oslo et Paris, lors des deux premières réunions de la Golden League, puis à Stockholm, leur duel avait été somptueux et s’était à chaque fois terminé au bénéfice d’Edwards. À Monaco, Olsson avait enfin pris sa revanche. Pourtant, quelques jours plus tard, c’est privé de son rival favori qu’Edwards a réussi son meilleur bond de l’année à Manchester. Inoxydable, le fils de pasteur – longtemps célèbre pour son refus de sauter le dimanche, ce qui lui avait fait manquer les Mondiaux 1991 – explique sa longévité par un travail bien dosé : « À l’entraînement, je ne saute pas beaucoup. En revanche, je cours et je fais de plus en plus de musculation. » Par ailleurs, son style fluide et souple le protège de blessures plus fréquentes chez les athlètes qui sautent en force. « Physiquement, je me sens capable d’aller encore loin, même si mentalement j’ai parfois du mal à me motiver pour aller au stade », explique-t-il. Prudent, Edwards n’écarte rien. Ni la perspective de sauter à Paris où se disputeront les Mondiaux 2003 ni celle de défendre son titre olympique à Athènes l’année suivante. « Athènes, ce serait beau », dit-il. « Et pourquoi pas si je garde la santé ? » Il aurait alors presque l’âge d’être le père de ses adversaires.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats À 36 ans, le Britannique Jonathan Edwards a tout gagné en triple saut. Il affiche pourtant des ambitions intactes à l’heure d’affronter, aux championnats d’Europe de Munich, deux gamins qui rêvent de le mettre à la retraite. Le sauteur à la célèbre tignasse grise affiche en effet douze et quatorze ans de plus que ses principaux rivaux, le Britannique Phillips Idowu et le Suédois Christian Olsson, qui le défieront à partir d’aujourd’hui dans les qualifications, puis mercredi en finale. Mais cette saison encore, le champion olympique (2000), double champion du monde (1995, 2001) et tenant du titre européen, domine à nouveau le palmarès de sa discipline : avec un saut à 17,86 m réussi le 28 juillet dernier lors des Jeux du Commonwealth, c’est lui qui mène le bal. Et tant pis s’il n’a toujours pas atteint...