Le Canadien Bruny Surin, le deuxième sprinteur le plus rapide de l’histoire, a choisi de terminer sa carrière aux Jeux du Commonwealth, dans la compétition même où il avait remporté sa première médaille internationale en 1990. « C’est fini ! Ces derniers jours, j’avais hâte que ce moment arrive », sourit Surin qui vient de boucler le tour de piste du relais 4x100 m canadien, à quelques centimètres du podium, où justement il était monté sur la troisième marche en Nouvelle-Zélande en 1990. C’est peut être le seul regret qui poind sur le visage du Québécois d’adoption, qui a fêté ses 35 ans le 12 juillet : ne pas avoir terminé exactement comme il avait commencé. Finalement, cette discrète sortie est aussi à l’image de l’homme, qui a passé dix ans sous le règne des rois de la ligne droite. En un sens, Surin n’a pas eu de chance, toujours à courir derrière un incroyable talent. Le début de sa carrière commence face au légendaire Carl Lewis et face à son contestable compatriote Ben Johnson. À peine partis, ces deux-là sont remplacés par le Britannique Linford Christie, qui domine le début des années 90, avant de voir régulièrement le dos de l’Américain Maurice Greene. À côté de ces talents hors normes, l’Haïtien arrivé à Montréal à huit ans se fait une belle place. Chef-d’œuvre sévillan Le « gros Bruny », comme l’appelle ses amis à cause de son physique ramassé (1,80 m pour 81 kg), remporte deux titres de champion du monde en salle sur 60 m (1993 et 1995). Ces victoires seront ses seules dans un grand rendez-vous dans une compétition individuelle. La qualité du relais canadien lui permet tout de même de garnir son palmarès de deux titres mondiaux sur 4x100 m (1995 et 1997) et surtout d’un titre olympique, en 1996, à Atlanta. Mais son chef-d’œuvre passera quasiment inaperçu. Le 22 août 1999 en finale des Mondiaux à Séville, le Montréalais franchit la ligne d’arrivée en égalant le chrono de son compatriote, et pas forcément ami, Donovan Bailey (9.84), qui était quelques jours plus tôt encore le record du monde. Malheureusement, le 16 juin précédent à Athènes, Greene, qui le devance à Séville, avait fait mieux en 9 sec 79. Depuis cette course, qui en fait encore aujourd’hui le deuxième homme le plus rapide de l’histoire – avec Bailey – le parcours de Surin est marqué par les blessures d’un corps meurtri par plus de dix ans sur les pistes. Beau parleur et souriant, il profite maintenant de ses qualités pour préparer sa reconversion qu’il aimerait effectuer à la télévision. Déjà, il rôde sur les réunions de la Golden League pour les médias québécois. « Demain, je serai libre comme un oiseau », glisse en conclusion Surin, qui promet d’aller boire quelques bières et fumer un cigare dans la nuit de Manchester.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le Canadien Bruny Surin, le deuxième sprinteur le plus rapide de l’histoire, a choisi de terminer sa carrière aux Jeux du Commonwealth, dans la compétition même où il avait remporté sa première médaille internationale en 1990. « C’est fini ! Ces derniers jours, j’avais hâte que ce moment arrive », sourit Surin qui vient de boucler le tour de piste du relais 4x100 m canadien, à quelques centimètres du podium, où justement il était monté sur la troisième marche en Nouvelle-Zélande en 1990. C’est peut être le seul regret qui poind sur le visage du Québécois d’adoption, qui a fêté ses 35 ans le 12 juillet : ne pas avoir terminé exactement comme il avait commencé. Finalement, cette discrète sortie est aussi à l’image de l’homme, qui a passé dix ans sous le règne des rois de la ligne droite. En un...