Si Alexandre Dumas a donné une notoriété romanesque à d’Artagnan, le plus fameux des Gascons, Charles de Batz, seigneur de Castelmore et comte de d’Artagnan, a bel et bien existé. Un jour qu’il fréquente la bibliothèque de Marseille, Alexandre Dumas tombe par hasard sur un vieil ouvrage: les Mémoires apocryphes de Monsieur d’Artagnan, publiés en 1700 par Courtils de Sandras, soit 27 ans après la mort du capitaine-lieutenant de la première compagnie des Mousquetaires du roi. Séduit par la vie de ce gentilhomme gascon, Dumas s’en empare. Mais, comme selon ses propres termes, «l’histoire n’est qu’un clou auquel il attache ses romans», il enjolive et, de chapitre en chapitre, transporte le lecteur de réalité en supercherie. Pour ce qui est de la vérité historique, Charles de Batz est né en 1611 au château de Castelmore, un modeste manoir gersois situé aux abords du village de Lupiac, qui abrite aujourd’hui le centre d’Artagnan, musée retraçant l’histoire du héros local. Son père, Bertrand de Batz, est un gentilhomme peu fortuné, et sa mère, Françoise de Montesquiou, est issue d’une lignée plus prestigieuse, les seigneurs d’Artagnan en Bigorre d’où Charles prendra son nom. Âgé d’une vingtaine d’années, le jeune Charles quitte la maison familiale, comme ses frères avant lui, pour gagner Paris. Il entre comme cadet dans le régiment des Gardes françaises, avant de rejoindre en 1644 la Compagnie des Mousquetaires du roi. En 1646, il passe au service du cardinal Mazarin, qui le charge d’actions secrètes et de missions de confiance. De 1630 à 1646, on connaît peu sa vie : on suppose que cet ami de Madame de Sévigné s’est partagé entre champs de batailles et brefs séjours à Paris, émaillés d’aventures galantes. Si, en 1659, il se fixe en épousant Charlotte-Anne de Chanlency, riche veuve issue d’une vieille famille bourguignonne, cet épisode de vie maritale ne durera que six ans. En 1661, il est chargé par Louis XIV d’arrêter son ami Nicolas Fouquet, le surintendant des finances dont la fortune fait ombrage au roi et suscite la jalousie des ministres. Une fonction de geôlier qu’il occupera sept ans plus tard auprès cette fois du duc de Lauzun. Nommé capitaine-lieutenant des Mousquetaires, il meurt en 1673, la gorge traversée par une balle de mousquet, lors du siège de Maastricht. En signe de reconnaissance à l’égard de leur fringant mousquetaire, Louis XIV et le Grand Dauphin deviennent les parrains de ses deux fils. Si, dans le personnage de Dumas, on retrouve nombre d’éléments de la vie de Charles de Batz comme le grade de capitaine des Mousquetaires ou sa mort à Maastricht, d’autres épisodes ou personnages (les ferrets de la reine, la diabolique Milady ou encore sa participation au siège de la Rochelle) tiennent quant à eux de la pure invention.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Si Alexandre Dumas a donné une notoriété romanesque à d’Artagnan, le plus fameux des Gascons, Charles de Batz, seigneur de Castelmore et comte de d’Artagnan, a bel et bien existé. Un jour qu’il fréquente la bibliothèque de Marseille, Alexandre Dumas tombe par hasard sur un vieil ouvrage: les Mémoires apocryphes de Monsieur d’Artagnan, publiés en 1700 par Courtils de Sandras, soit 27 ans après la mort du capitaine-lieutenant de la première compagnie des Mousquetaires du roi. Séduit par la vie de ce gentilhomme gascon, Dumas s’en empare. Mais, comme selon ses propres termes, «l’histoire n’est qu’un clou auquel il attache ses romans», il enjolive et, de chapitre en chapitre, transporte le lecteur de réalité en supercherie. Pour ce qui est de la vérité historique, Charles de Batz est né en 1611 au...