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SCIENCES Trois mois de dérive sur la banquise polaire

Après trois mois de dérive sur la banquise polaire à bord de sa capsule, l’explorateur français Jean-Louis Étienne est rentré en France. À présent commence une autre expérience, celle des chercheurs qui vont étudier les mesures faites par l’explorateur.Trois mois jour pour jour après avoir été déposé au pôle Nord par hélicoptère, cet homme de 55 ans, médecin de formation, vient de raconter son aventure polaire, à l’occasion d’une conférence de presse à Toulouse (sud-ouest de la France). « Je suis heureux et satisfait », a-t-il résumé. Récupéré le 4 juillet par un brise-glace russe en mer du Groenland, il a atterri en France trois jours plus tard, « en très bonne forme », dit-il. C’est à bord du Polar Observer, un module conique de 9 mètres cubes que l’explorateur s’est laissé dériver au gré du courant transpolaire. « Au début, j’avais imaginé une capsule de la forme d’un œuf, mais finalement, c’est devenu quelque chose du type salière de cantine », ironise-t-il aujourd’hui. La principale difficulté fut, à l’origine, de résoudre les « aspects énergétiques », rappelle Jean-Louis Étienne. Pour maintenir une température de 15 dans l’habitacle, alors que la température extérieure atteint parfois -40, plusieurs techniques ont été mises en œuvre : un chauffage au gaz naturel, des panneaux solaires, une pile à combustible fonctionnant à l’hydrogène. Sur place, la mission du scientifique était de prendre des mesures et de relever des échantillons destinés à faire le point sur l’état du monde polaire. En quatre décennies, l’étendue de la banquise s’est réduite de 6 % et son épaisseur moyenne est passée de 3,1 à 1,8 mètre. Le médecin reconnaît avoir été dépassé dans les premiers jours par la foule d’observations à mener : « La banquise est un milieu très hostile, un volcan froid qui fait deux mètres d’épaisseur et qui dérive ». « La banquise a finalement été très calme avec moi », poursuit-il. « J’étais la petite main du CNRS » (Centre national de la recherche scientifique), s’amuse ce grand voyageur, rappelant que « ces mesures sont précieuses par leur rareté », le secteur n’étant « pas très fréquenté ». Son plus beau souvenir : « Voir un bruant des neiges, ce petit oiseau migrateur, en plein océan Arctique, venir picorer les restes de la nourriture » de son chien de traîneau Lynet. Son plus grand regret : « Celui de n’avoir pas rencontré un ours. » L’explorateur garde également un souvenir ému de la pluie, qui à deux reprises est venue cogner au hublot du Polar Observer : « Prendre une averse au pôle, ce n’est pas très polaire, ça m’a fait drôle », avoue-t-il aujourd’hui. Mais, comme le rappelle un représentant du CNRS, « l’expérience commence maintenant pour les chercheurs car c’est à partir de maintenant que les données vont être exploitées. » « Ces mesures vont être très utiles pour faire un diagnostic de la situation actuelle », renchérit Christian Le Provost du Laboratoire d’études en géophysique et océanographie spatiale, mais selon lui « il faudrait multiplier ces capsules à l’infini », afin d’accumuler les mesures nécessaires.
Après trois mois de dérive sur la banquise polaire à bord de sa capsule, l’explorateur français Jean-Louis Étienne est rentré en France. À présent commence une autre expérience, celle des chercheurs qui vont étudier les mesures faites par l’explorateur.Trois mois jour pour jour après avoir été déposé au pôle Nord par hélicoptère, cet homme de 55 ans, médecin de formation, vient de raconter son aventure polaire, à l’occasion d’une conférence de presse à Toulouse (sud-ouest de la France). « Je suis heureux et satisfait », a-t-il résumé. Récupéré le 4 juillet par un brise-glace russe en mer du Groenland, il a atterri en France trois jours plus tard, « en très bonne forme », dit-il. C’est à bord du Polar Observer, un module conique de 9 mètres cubes que l’explorateur s’est laissé dériver au...