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Actualités - Chronologie

La gestion des villes occupées de plus en plus épineuse

Les ordures s’amoncellent, les coupures d’électricité se prolongent, la prise en charge des malades est aléatoire : les conditions de vie dans les villes réoccupées de Cisjordanie se dégradent et posent la question de la coopération israélo-palestinienne. Soumises à couvre-feu, coupées de l’extérieur, les sept zones urbaines sont livrées à elles-mêmes depuis plus de trois semaines. À Salfit, dans le nord, le directeur de la clinique, Naïm Saber, constate que les villageois ne peuvent rejoindre les hôpitaux et dénonce « l’absence de contact avec les Israéliens en cas d’urgence ». Le maire de la grande ville de Naplouse, Ghassan Chakhé, évoque les « aléas » du dialogue, « les coupures d’eau et de courant électrique provoquées par les tirs de l’armée ». Jeudi encore, une part de la ville a été privée d’électricité après des tirs contre un transformateur. Si la question se fait de plus en plus pesante pour les édiles, elle l’est aussi pour Israël. Tsahal, qui prévoit une présence prolongée, appréhende une « éruption de lave brûlante » dans les Territoires, selon les termes d’officiers, du fait de la pression sur la population. Israël a répété ne pas vouloir réinstaller l’administration civile d’avant l’autonomie palestinienne de 1994. Porte-parole du bureau israélien de l’administration civile en Cisjordanie, Peter Lerner assure que « la plupart du temps, sous couvre-feu, les autorités locales se coordonnent avec les israéliennes. Personne ne veut voir les gens crouler sous les ordures ». Il ne s’agit pas d’administration à proprement parler, insiste-t-il, plutôt de « contacts locaux, directs et informels ». Des maires palestiniens ont cependant exprimé leur refus de coopérer. « Ça voudrait dire à nouveau administration israélienne », proteste Mondher Chami, chargé de l’équipement à la mairie d’al-Ram, près de Ramallah. Quatre éboueurs d’al-Ram ont été arrêtés pour avoir jeté leurs déchets dans une décharge proche d’une colonie, faute d’avoir pu le faire à Ramallah, comme à l’accoutumée. « Nous n’avons pas à donner leurs noms à l’armée, le sigle sur nos camions devrait suffire à les laisser passer », dit M. Chami. Depuis, 80 tonnes d’ordures s’ajoutent chaque jour sur les trottoirs et al-Ram compte sur la venue samedi d’une délégation pacifiste israélienne pour trouver une solution au problème. Jeudi dernier, les maires de Ramallah et el-Bireh avaient affirmé avoir été approchés par des responsables israéliens et avoir rejeté leur offre de collaboration à la gestion de leurs villes. D’autres en revanche affichent une fermeté, mais dans l’autre sens. « Nous ne voulons pas que les Israéliens nous administrent, mais il faut voir la réalité : nous sommes sous occupation et les Israéliens sont responsables des dommages qu’ils nous infligent. Ils doivent assumer leurs responsabilités concernant nos vies et nos services », estime le maire de Naplouse. Sa municipalité est en contact avec l’armée par le biais du ministère palestinien des Affaires civiles. Chaque jour, le maire soulève « trois ou quatre » problèmes qui, « selon les jours et les officiers », sont plus ou moins résolus, dit-il. « Mercredi encore, nous avons envoyé un agent réparer une ligne électrique. L’armée l’a arrêté et depuis le détient, nous ne savons pas où, ni pourquoi. » À Hébron, la coopération est obligée, la ville étant restée à 20 % sous contrôle israélien du fait de la présence de 400 colons juifs. « Les services municipaux sont sous contrôle palestinien, mais nous sommes depuis toujours en contact avec les Israéliens », dit le maire, Mustapha Natcheh. « Et ça continue, à travers les DCO », bureaux de liaison jusque-là surtout chargés des questions de sécurité. Sous couvre-feu, l’armée permet parfois aux pompiers de distribuer du pain. Quand il est levé, Hébron procède à la hâte au ramassage des poubelles ou au transport de malades.
Les ordures s’amoncellent, les coupures d’électricité se prolongent, la prise en charge des malades est aléatoire : les conditions de vie dans les villes réoccupées de Cisjordanie se dégradent et posent la question de la coopération israélo-palestinienne. Soumises à couvre-feu, coupées de l’extérieur, les sept zones urbaines sont livrées à elles-mêmes depuis plus de trois semaines. À Salfit, dans le nord, le directeur de la clinique, Naïm Saber, constate que les villageois ne peuvent rejoindre les hôpitaux et dénonce « l’absence de contact avec les Israéliens en cas d’urgence ». Le maire de la grande ville de Naplouse, Ghassan Chakhé, évoque les « aléas » du dialogue, « les coupures d’eau et de courant électrique provoquées par les tirs de l’armée ». Jeudi encore, une part de la ville a été...