L’euro s’est replié sur les marchés des changes internationaux hier, après avoir échoué à atteindre la parité avec le dollar, grimpant dans la matinée jusqu’à 0,9975 $ pour retomber ensuite au-dessous du seuil de 0,99 $. Selon les cambistes, la raison la plus plausible pour expliquer ce changement d’humeur semble être le nouvel accès de faiblesse des Bourses européennes sur fond d’inquiétudes au sujet des manipulations comptables de sociétés du Vieux Continent après que le marché eut largement anticipé ce phénomène aux États-Unis. À cet égard, ils ont été très sensibilisés hier par la décision de la Commission des opérations de Bourse en France (COB) d’ouvrir une nouvelle enquête sur une information faisant état que Vivendi aurait obtenu une ligne de crédit « non assortie de sûretés » d’un montant d’un milliard d’euros auprès d’un groupe de banques internationales. Cela d’autant qu’ils venaient d’apprendre que l’agence Standard & Poor’s a retiré le pétrolier Royal Dutch et le groupe de produits de grande consommation Unilever de son indice boursier S & P 500. De ce fait, ils ont ignoré la vulnérabilité de Wall Street hier, mais aussi l’annonce d’un excédent de 4,3 milliards EUR de la balance allemande des comptes courants en mai contre un solde négatif de 400 millions EUR en avril et l’amélioration de la conjoncture industrielle dans la zone euro en juin selon l’Insee. Ils ont donc estimé devoir racheter le dollar qui s’est négocié à New York sur un ton soutenu à 0,9885 pour un euro contre 0,9940 la veille, à 1,5475 pour un sterling contre 1,5495, à 1,4875 FS contre 1,4825 et à 117,65 yens contre 118. En Bourse, les marchés américains des actions ont opté de nouveau pour la baisse hier après avoir ouvert en hausse, Wall Street cédant finalement 3,11 % et Nasdaq 2,54 %, suite à de nouvelles affaires financières et au remaniement du S & P 500. La décision de Merrill Lynch de relever sa recommandation sur Cisco Systems et les bons résultats de UPS pour le 2e trimestre avaient rassuré la cote en début de journée. Mais l’annonce ensuite que Quest Telecom fait l’objet d’une enquête pénale devant le procureur fédéral de Denver sur ses pratiques comptables n’a pas tardé à assombrir le climat entourant le marché pendant que le titre plongeait de 37 % en quelques minutes. Ces développements se sont ajoutés aux attaques dont fait l’objet le vice-président Cheney sur son passé de PDG du groupe pétrolier Halliburton pour déprimer un marché manquant initialement d’enthousiasme. Les Bourses européennes ont aussi terminé en nette baisse hier, la crainte d’assister à de nouvelles affaires de malversations comptables continuant d’occuper l’esprit des investisseurs surtout après la nouvelle affaire de Vivendi. À Beyrouth, la livre continuait à avoir le vent en poupe avec la poursuite de l’offre du dollar. Mais celui-ci devait être fixé au même taux moyen indicatif de 1 507,50 LL et négocié entre 1 513,25 et 1 513,50 LL, consécutivement au maintien par la BDL de sa fourchette d’intervention entre 1 501 et 1 514 LL. À la Bourse de Beyrouth, on a relevé la hausse de 20 700 actions A de Solidere de 4 1/8 à 4 1/4 $ et la baisse de 1 000 actions B de la même société de 4 1/2 à 4 3/3 $ ainsi que 1 000 certificats GDR de la Blom Bank de 17 1/4 à 17 $. Élie KAHWAGI
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