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Actualités - Opinion

HOMMAGE Négib Taleb : le charme et le savoir

Par le Professeur Roger SALAMON Directeur de l’Institut de santé, d’épidémiologie et de développement à l’Université Bordeaux 2 Je vous ai peu connu si cela se mesure quantitativement par le cumul de nos temps de rencontre ; et pourtant j’ai l’impression que vous êtes très présent dans ma vie. C’est une impression tout à fait exceptionnelle pour moi, comme un coup de foudre. Vous avez immédiatement su m’inscrire sur la longue liste de ceux qui vous aiment et qui vous admirent. Je me souviendrai toujours de nos discussions où vous m’appreniez tant de choses, passant sans effort de la présence phénicienne à Byblos, au ghetto de Varsovie en traversant l’empire de Saladin, pour évoquer la dynastie de Grande-Bretagne, retourner à la chute de l’Empire romain, pour remonter via les rives de l’Euphrate jusqu’aux abords des élections présidentielles françaises récentes... Vous saviez tant et tant de choses ; vous m’avez ainsi conduit à travers siècles, pays et civilisations avec une formidable culture et une gentillesse que je n’oublierai pas. Ces qualités qui vous placent au plus haut parmi les hommes d’esprit sont rehaussées par deux autres traits de votre personnalité. D’abord vous étiez un exceptionnel professionnel qui, dans le domaine médical, a accompli une œuvre très importante ; sur ce point votre réputation, au-delà du Liban, est immense, et je pourrai témoigner du nombre de fois où j’ai entendu à votre égard des propos extrêmement flatteurs de la bouche des plus grands patrons de la médecine française. Mais aussi et surtout, vous étiez un homme de charme, de plaisir, de sensualité, de goût, avide de bien saisir ce que la vie peut nous offrir de délicieux. Je n’oublierai pas la malice de vos yeux, le soin que vous preniez à jouir de la vie et à le faire partager. Vous m’avez très vite accepté comme un ami et même témoigné une certaine affection qui m’honorait. Mes voyages à Beyrouth prenaient une saveur particulière avc nos rencontres devenues rituelles. Comment pourrai-je maintenant apprécier de revenir dans votre beau pays en votre absence ? Heureusement, vous êtes un homme dont le souvenir ne s’effacera jamais de ma mémoire. Que tous vos parents et amis qui, nombreux, pleurent aujourd’hui votre absence sachent à quel point je me joins à eux et comprends leur peine.
Par le Professeur Roger SALAMON Directeur de l’Institut de santé, d’épidémiologie et de développement à l’Université Bordeaux 2 Je vous ai peu connu si cela se mesure quantitativement par le cumul de nos temps de rencontre ; et pourtant j’ai l’impression que vous êtes très présent dans ma vie. C’est une impression tout à fait exceptionnelle pour moi, comme un coup de foudre. Vous avez immédiatement su m’inscrire sur la longue liste de ceux qui vous aiment et qui vous admirent. Je me souviendrai toujours de nos discussions où vous m’appreniez tant de choses, passant sans effort de la présence phénicienne à Byblos, au ghetto de Varsovie en traversant l’empire de Saladin, pour évoquer la dynastie de Grande-Bretagne, retourner à la chute de l’Empire romain, pour remonter via les rives de l’Euphrate...