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Actualités - Chronologie

La SEC porte plainte pour escroquerie

La Securities and Exchange Commission (SEC) a déposé une plainte au civil pour escroquerie contre WorldCom, réagissant avec une célérité remarquée aux révélations de l’opérateur télécom sur une dissimulation comptable qui pourrait l’acculer à la faillite. WorldCom, deuxième compagnie américaine de téléphonie longue distance et de services de données, a révélé mardi avoir dissimulé dans ses comptes près de quatre milliards de dollars de dépenses en les présentant comme des investissements. En réagissant aussi promptement, la SEC, le gendarme de la Bourse américaine, cherche à faire oublier la manière dont elle a géré ces derniers mois d’autres affaires de comptabilité douteuse et qui a fait l’objet de critiques. Son président Harvey Pitt a déclaré aux journalistes que l’agence cherchait notamment à empêcher WorldCom de céder des actifs, de détruire des documents ou d’effectuer des versements généreux pour le compte de ses principaux dirigeants. « Ce qui est arrivé à WorldCom, et nous ne savons pas encore tout, est un scandale », a-t-il déclaré. « Ce que nous savons aussi, c’est que nous n’avons pas affaire à une erreur, c’est une escroquerie », a-t-il ajouté. Un rapport détaillé exigé avant lundi La SEC a porté plainte devant un tribunal fédéral de New York, accusant WorldCom d’avoir manipulé ses résultats pour les maintenir conformes aux prévisions des analystes financiers. La commission ordonne par ailleurs à WorldCom d’adresser sous serment avant l’ouverture des marchés d’actions américains, lundi, un rapport détaillé sur les circonstances qui entourent la reformulation de ses résultats. C’est la troisième fois seulement de son histoire qu’elle formule une telle exigence. Elle cherche à frapper vite et fort pour éviter que le parfum de scandale qui entoure actuellement les comptes des sociétés, depuis la faillite du courtier en énergie Enron et la déroute de son cabinet d’audit Andersen jusqu’aux démêlés actuels du conglomérat Tyco, ne vienne fragiliser encore davantage la confiance des investisseurs. En outre, Pitt s’est vu fréquemment reprocher ses liens avec les milieux, de l’audit, mais il a toujours refusé de quitter son poste. Mercredi, il a mis l’accent à plusieurs reprises sur la vitesse à laquelle la SEC avait réagi à l’affaire WorldCom, ce qui traduit, selon lui, le rôle actif de la commission dans la lutte contre l’escroquerie. Pitt a ajouté que la SEC ferait en sorte que les personnes coupables d’exactions financières soient punies par des peines de prison ferme. La commission qu’il préside travaille en liaison avec le département américain de la Justice et les procureurs. Le ministère a fait savoir, de son côté, que WorldCom était sous examen. Par ailleurs, Andersen auditait également les comptes de WorldCom jusqu’à ce que KPMG prenne la relève cette année. La menace du défaut de paiement Cette affaire, l’une des plus grosses du genre, pourrait acculer le groupe à la faillite. WorldCom renégociait en effet une ligne de crédit de cinq milliards de dollars et une source proche des banques de l’opérateur a déclaré que l’accord était enterré. WorldCom se retrouverait alors dans l’impossibilité de couvrir ses dépenses courantes et de rembourser les intérêts sur sa dette de 30 milliards de dollars. « La faillite est maintenant une possibilité nette sur le court terme », estime Dan Reignold, analyste chez Credit Suisse First Boston. À la suite de l’affaire, l’agence de notation Moody’s Investors Service a qui plus est une nouvelle fois abaissé sa notation de la dette de WorldCom un peu plus bas encore dans la catégorie spéculative (« junk bonds »), estimant que les liquidités ne pourraient sans doute pas couvrir la dette arrivant à échéance début 2003. Les deux autres agences de notation, Standard & Poor’s et Fitch, avaient également déclassé la dette du groupe peu avant. WorldCom, qui a limogé son directeur financier Scott Sullivan, dit avoir découvert les irrégularités au cours d’un contrôle de routine. Après reformulation sur les cinq derniers trimestres, ses résultats feront apparaître des pertes et non plus des bénéfices. Le groupe a, lui aussi, fait part de son émoi. « Nous sommes certainement aussi scandalisés que le président de voir que ces faits ont pu se produire et nous travaillons pour restaurer la confiance du public », a déclaré Brad Burns, porte-parole de WorldCom. La SEC a également annoncé une directive exigeant à partir du 15 août des directeurs généraux et financiers des 1 000 plus grandes sociétés américaines qu’ils certifient les rapports financiers intérimaires et annuels. La commission cherche ainsi à éviter que d’autres dirigeants avouent leur ignorance sur des irrégularités ayant lieu dans leur propre société.
La Securities and Exchange Commission (SEC) a déposé une plainte au civil pour escroquerie contre WorldCom, réagissant avec une célérité remarquée aux révélations de l’opérateur télécom sur une dissimulation comptable qui pourrait l’acculer à la faillite. WorldCom, deuxième compagnie américaine de téléphonie longue distance et de services de données, a révélé mardi avoir dissimulé dans ses comptes près de quatre milliards de dollars de dépenses en les présentant comme des investissements. En réagissant aussi promptement, la SEC, le gendarme de la Bourse américaine, cherche à faire oublier la manière dont elle a géré ces derniers mois d’autres affaires de comptabilité douteuse et qui a fait l’objet de critiques. Son président Harvey Pitt a déclaré aux journalistes que l’agence cherchait...