L’avalanche continue de mauvaises nouvelles en provenance des télécoms entraînait hier un effondrement général de ces valeurs, les marchés ne faisant plus le détail entre opérateurs comme l’américain WorldCom au centre d’un nouveau scandale financier et équipementiers comme le français Alcatel. La méfiance des marchés financiers envers ce secteur défie les capacités des entreprises à rassurer. Le président de France Télécom Michel Bon souligne ainsi sans trêve que « tout le monde est d’accord pour considérer que les télécommunications constituent un secteur très porteur, assuré de connaître au cours des prochaines années des croissances importantes, parmi les plus importantes de toute l’économie ». Pourtant, les marchés « valorisent maintenant nos entreprises bien moins cher que des sociétés traditionnelles, ayant des perspectives de croissance plus limitées », déplore-t-il. L’action France Télécom, qui n’a fait l’objet d’aucune information nouvelle, perdait pourtant 15 % supplémentaires mercredi en milieu de journée, portant à 80 % sa chute sur les six derniers mois. « Les critères habituels de valorisation ne fonctionnent plus, c’est la psychologie qui régit actuellement la Bourse », reconnaissait hier l’analyste de Fontenay Gestion Xavier Gandrille. Et les nerfs des opérateurs sont mis à rude épreuve par une succession d’informations catastrophiques, qui même si elles n’ont rien à voir entre elles entretiennent la suspiscion sur l’ensemble de ce secteur. D’une part, les financiers sont effrayés par la créativité comptable qui, ces dernières années, a permis à des entreprises américaines, puis européennes, de financer des stratégies d’acquisition à tout-va sans trop rendre de comptes, et d’autre part ils considèrent qu’une entreprise endettée est forcément menacée de faillite. Le nouveau scandale financier dévoilé mardi soir chez l’américain WorldCom, l’une des valeurs phares du secteur, n’est pas de nature à renforcer chez les financiers l’impression qu’ils savent ce qu’ils achètent lorsqu’ils investissent dans une entreprise. La société a eu beau assurer qu’elle « reste viable et attachée à un avenir à long terme », son action a aussitôt perdu plus des trois quarts de sa valeur. Le problème est complètement différent chez le fabricant Alcatel, qui doit faire face à la faiblesse des commandes passées par les opérateurs. Il a annoncé hier qu’il n’atteindra pas l’équilibre d’exploitation cette année, contrairement à ce qu’il annonçait précédemment. Alcatel a lancé un nouveau plan de restructuration, qui devrait concerner 10 000 emplois jusqu’à la fin 2003, en plus des 34 500 supressions d’emplois déjà annoncées depuis le printemps 2001. Avec le risque que l’équipementier se prive de la capacité de profiter de la reprise lorsque les commandes d’équipements repartiront. Les commandes aux équipementiers télécom ne sont pourtant pas taries. « Certes, nous serons cette année dans la partie basse de notre fourchette d’investissement, mais cela représente encore quelque 8 milliards d’euros », soulignait Michel Bon.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats L’avalanche continue de mauvaises nouvelles en provenance des télécoms entraînait hier un effondrement général de ces valeurs, les marchés ne faisant plus le détail entre opérateurs comme l’américain WorldCom au centre d’un nouveau scandale financier et équipementiers comme le français Alcatel. La méfiance des marchés financiers envers ce secteur défie les capacités des entreprises à rassurer. Le président de France Télécom Michel Bon souligne ainsi sans trêve que « tout le monde est d’accord pour considérer que les télécommunications constituent un secteur très porteur, assuré de connaître au cours des prochaines années des croissances importantes, parmi les plus importantes de toute l’économie ». Pourtant, les marchés « valorisent maintenant nos entreprises bien moins cher que des sociétés...