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Actualités - Opinion

IMPRESSION Les plus beaux d’la Saint-Jean

C’était hier, le premier jour de l’été, jour le plus long , nuit la plus blanche. Nuit de feux où partent en braises les saisons consumées. Tandis que brûlaient ailleurs les premiers feux de la Saint-Jean et que l’on célébrait les pères sous leur astre tutélaire ; comme aux temps très antiques où l’on croyait s’attirer à force de bruit les faveurs du soleil, la Fête de la musique portait aux nues la joie de vibrer ensemble dans la touffeur ambiante et les bonheurs promis. Les pères d’abord. Ils méritaient bien qu’un jour leur fût consacré. Enfants, ils n’ont jamais joué à « papa », quand sœur et cousines minaudaient avec leurs baigneurs dans les bras. N’est-ce pas une preuve que la nature leur est hypocrite ? Elle pousse les garçons au-devant des filles et leur fait croire qu’ils mènent le jeu. Elle les bâtit pour protéger, les fait rêver de puissance, développe dans leurs organismes les hormones agressives, échafaude dans leurs jeunes esprits des constructions complexes, tout ça pour ça : veiller un jour sur le nid et la terre qui l’entoure. Solaires, leur vocation est vigilance. Bon gré, mal gré, ils sont l’œil que toute progéniture porte en soi. Pourvoyeurs de vie, ils n’en sont pas porteurs. Portefeuilles, pour longtemps, que leur manne s’amenuise et ils sentent leur rôle réduit d’autant. Pas gâtés. Pour votre frayeur mêlée de tendresse quand vous nous avez vus venir, pour votre fierté parfois déçue à nous regarder grandir, pour les dialogues rendus impossibles sans l’intercession des mères, pour le souçi de l’avenir qui vous hante et vous empêche de vivre le temps de l’enfance au présent, pour les grands rires et les plaisirs que vous vous interdisez encore, bonne fête les pères, les « vieux », les « reups », les « géniteurs », sans vous, que voulez-vous, nous n’irions que d’une jambe et pas bien loin. Alors, c’était bien trouvé, cette Fête de la musique pour vous mettre de la joie dans l’austère. Cette grande fête païenne qui vous transforme les rues en temples pour célébrer le bonheur d’être là, coude-à-coude, corde à corde et voix contre voix. Le soleil, la nuit qui ne vient pas, les percussions à la place du cœur, un coup de délire dans la pesanteur du surmoi, et tout paraît possible. Lâche un peu ton fardeau, papa. On te le garde, va ! Fifi ABOUDIB
C’était hier, le premier jour de l’été, jour le plus long , nuit la plus blanche. Nuit de feux où partent en braises les saisons consumées. Tandis que brûlaient ailleurs les premiers feux de la Saint-Jean et que l’on célébrait les pères sous leur astre tutélaire ; comme aux temps très antiques où l’on croyait s’attirer à force de bruit les faveurs du soleil, la Fête de la musique portait aux nues la joie de vibrer ensemble dans la touffeur ambiante et les bonheurs promis. Les pères d’abord. Ils méritaient bien qu’un jour leur fût consacré. Enfants, ils n’ont jamais joué à « papa », quand sœur et cousines minaudaient avec leurs baigneurs dans les bras. N’est-ce pas une preuve que la nature leur est hypocrite ? Elle pousse les garçons au-devant des filles et leur fait croire qu’ils mènent le...