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La Turquie favorite improbable

Dans ce Mondial où rien ne se déroule jamais comme prévu, la Turquie, qui a écrit la plus belle page de l’histoire de son football en éliminant le Japon en 8e de finale, se trouve désormais en position de favorite face au Sénégal, malgré une expérience internationale réelle mais réduite. Cet avantage théorique, les Turcs le doivent pour une bonne part à la maîtrise tactique affichée mardi face aux Japonais, dont l’enthousiasme et la fougue ont été totalement muselés par les coéquipiers d’Umit Davala sitôt son but marqué (12e minute). Or, enthousiasme et fougue sont également l’apanage des Sénégalais, comme la France (battue 1-0 au premier tour) et la Suède (battue 2-1 au but en or en huitièmes) peuvent en témoigner. « Le Sénégal est l’une des équipes surprise de cette Coupe du monde », lâche le sélectionneur turc Senol Gunes, alors que peu de monde misait sur la présence de sa propre équipe parmi les huit dernières de la compétition. « Nous voulons être reconnus sur le plan mondial, et c’est ce qui commence à se passer avec cette qualification », ajoute-t-il. Avant cette année, rayon Mondial, l’expérience de la Turquie se résumait à une anecdotique participation au premier tour de l’édition 1954 en Suisse, pour laquelle elle ne s’était qualifiée que sur tirage au sort. Et il y a deux ans, elle avait atteint les quarts de finale de l’Euro 2000, lors duquel elle s’est aguerrie avant son élimination par le Portugal. Du déjà-vu Samedi à Osaka, en plus d’évoluer à un niveau qu’elle ne connaît pas, même si un Euro est souvent plus relevé qu’un Mondial, la Turquie va de nouveau être confrontée à une formation contre qui elle n’a jamais joué. « Lors de ce tournoi, nous avons rencontré des équipes que nous connaissions peu », explique Gunes. « Le football a changé, il se globalise. » Hakan Unsal, lui, avoue à demi-mots ne pas savoir grand-chose sur ses adversaires de samedi, à part qu’il y a « cinq ou six bons joueurs dans cette équipe ». De leur côté, les Sénégalais s’ingénient à entretenir l’image de « petits » qui leur a bien réussi. Ainsi, quand le gardien Tony Sylva avance que la qualification se jouera « à 50-50 », son capitaine Aliou Cissé le tance : « Non! C’est du 80-20 pour eux. » Une chose semble en tout cas acquise : les Turcs devraient reconduire le type de dispositif qui leur a permis de bouter les Japonais hors de « leur » Mondial, même si ces derniers sont moins physiques que les Sénégalais. Une défense hermétique, qui a annihilé les efforts de Nakata, Alex ou Nishizawa, un milieu de terrain sans concession et le repli dans l’attente du contre. Rien de bien compliqué ni de très spectaculaire, mais Gunes n’en a cure. Malgré les obstacles externes ou internes (critiques mordantes de la presse, influence sur le groupe des « barons » Hakan Sukur, Erdem Arif, Tugay, Okan, Hasan Sas et Alpay), son équipe s’est engagée sur le chemin de la reconnaissance au pays du Soleil levant. Logique quand on sait que Gunes, en turc, est aussi le nom de l’astre du jour.
Dans ce Mondial où rien ne se déroule jamais comme prévu, la Turquie, qui a écrit la plus belle page de l’histoire de son football en éliminant le Japon en 8e de finale, se trouve désormais en position de favorite face au Sénégal, malgré une expérience internationale réelle mais réduite. Cet avantage théorique, les Turcs le doivent pour une bonne part à la maîtrise tactique affichée mardi face aux Japonais, dont l’enthousiasme et la fougue ont été totalement muselés par les coéquipiers d’Umit Davala sitôt son but marqué (12e minute). Or, enthousiasme et fougue sont également l’apanage des Sénégalais, comme la France (battue 1-0 au premier tour) et la Suède (battue 2-1 au but en or en huitièmes) peuvent en témoigner. « Le Sénégal est l’une des équipes surprise de cette Coupe du monde », lâche le...