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Mondial 2002 Risque de séisme dans la dernière phase

Les chocs qui se sont enchaînés jusqu’à présent ont fait tressaillir l’ordre établi du football mondial, mais la Coupe du monde pourrait être ébranlée par un véritable tremblement de terre quand elle entrera dans sa dernière phase, vendredi et samedi avec les quarts de finale. Les quarts auront beau commencer par un classique, Angleterre-Brésil, l’épicentre du Mondial risque bien de se trouver ailleurs. Les autres matches réservent en effet d’ores et déjà des surprises, puisqu’ils verront descendre sur le terrain trois équipes externes aux bastions européen et sud-américain du football – le Sénégal contre la Turquie, la Corée du Sud contre l’Espagne, et les États-Unis contre l’Allemagne. Depuis la première Coupe du monde en 1930, jamais plus d’une équipe étrangère à ces puissances footballistiques n’avait accédé à ce stade de la compétition dans un même tournoi. Le « tiers-monde » du ballon rond fait donc une irruption remarquable et remarquée dans les quarts de finale – d’autant qu’il ne reste plus en lice que quatre sélections européennes, le nombre le plus faible jamais atteint, soit autant qu’au Mexique en 1970. Alors, puisque la planète du football bouge, pourquoi les quatre équipes qui n’avaient jamais atteint ce stade d’un Mondial (Corée du Sud, Sénégal, Turquie et États-Unis) n’amplifieraient-elles pas la magnitude de ce mouvement ? L’impensable – une « petite » équipe peut-elle gagner le Mondial 2002 ? – commence en tout cas à prendre forme dans les esprits. Plus de logique Car l’une de ces équipes au moins arrivera certainement dans le dernier carré, puisque le Sénégal et la Turquie s’affrontent en quart de finale. Le compte à rebours avant la finale du 30 juin à Yokohama commence vendredi, à 9h30 heure de Beyrouth, à Shizuoka, avec la principale affiche des quarts entre l’Angleterre et le Brésil. Un duel entre fantaisie latine et réalisme européen. Le Brésil a recommencé à ravir le public par son beau jeu, après une phase de qualification désastreuse. Avec Ronaldo et Rivaldo, qui ont chacun marqué au moins un but par match depuis le début du tournoi, la Seleçao espère bien continuer à en mettre plein la vue. Les quadruples champions du monde, qui entendent décrocher une troisième place consécutive en finale, ont marqué 13 buts en quatre matches – soit plus que les autres sélections. Qui plus est, ils n’ont jamais perdu contre l’Angleterre en match du Mondial, et ont même remporté le titre à chaque fois qu’ils ont battu les Anglais durant le tournoi, en 1958, 1962 et 1970. Mais les Brésiliens auront à faire cette fois à une Angleterre déterminée qui n’a encaissé qu’un but en quatre rencontres et aucun dans les trois dernières. Le défenseur Rio Ferdinand s’est d’ailleurs illustré comme l’un des meilleurs du Mondial jusqu’à présent. Quant aux hommes de Luiz Felipe Scolari, ils ont prouvé contre la Belgique en huitième qu’ils étaient vulnérables en défense, ce que n’ont pas manqué de relever David Beckham et ses équipiers. Tectonique en évolution La logique voudrait que le vainqueur de cette finale avant l’heure aille au bout et gagne la Coupe. Mais la logique a quitté ce tournoi depuis l’élimination dès le premier tour des favoris argentins et des Français champions du monde. La seule chose qui est sûre, c’est donc que les vainqueurs de ce quart rencontreront en demi-finale le Sénégal ou la Turquie, qui s’affrontent samedi à 14h30 heure de Beyrouth à Osaka. Les Lions de la Teranga, qui ont créé la première secousse de cette Coupe du monde en battant les Bleus 1-0 en match d’ouverture, aimeraient devenir les premiers Africains à atteindre une demi-finale mondiale. Ce serait un exploit dans l’exploit pour ces novices du Mondial. La capacité de l’Espagne à contenir une Corée du Sud soutenue à domicile par son public tout de rouge vêtu dépendra quant à elle des adducteurs de Raul. Si le buteur est rétabli à temps pour le match de samedi à 9h30 heure de Beyrouth à Gwanju, ses frappes pourraient faire taire les fanfares sud-coréennes et mettre un terme au rêve du pays organisateur. Mais les « Diables rouges », déjà censés abandonner la compétition au premier tour, voire en huitième de finale selon tous les pronostics, se sont montrés capables de battre le Portugal, la Pologne et l’Italie. Alors pourquoi pas les hommes de José Antonio Camacho ? Enfin l’Allemagne, le troisième ex-champion du monde encore en lice, va devoir disputer vendredi à 14h30 heure de Beyrouth à Ulsan une rencontre qui aurait été considérée comme une formalité avant le coup d’envoi de ce Mondial asiatique. Mais les États-Unis, dont les observateurs les plus expérimentés se demandent « mais que font-ils encore là ? » ont fait preuve de fraîcheur et de solidité. Entraînés astucieusement par Bruce Arena, ils ont joué un football de contre-attaque qui s’est montré payant et ne se laisseront pas faire si facilement par la Mannschaft. Dans un monde normal, on pourrait parier sur un dernier carré composé du Brésil, du Sénégal, de l’Espagne et de l’Allemagne. Mais la tectonique des plaques de la planète football est en pleine évolution. Alors ne soyez pas surpris si vous voyez y accéder l’Angleterre, la Turquie, la Corée du Sud et les États-Unis. Les Coréens semblent inusables La Corée du Sud a impressionné mardi par sa condition physique qui a fini par avoir raison de l’Italie (2-1 au but en or) pour décrocher une qualification en quarts de finale du Mondial 2002 de football. À la 117e minute, quand Ahn Jung-hwan a inscrit le but fatidique, les joueurs du Néerlandais Guus Hiddink couraient comme à la première minute. Les Italiens, qui ont mené au score jusqu’à la 88e minute, ont attendu en vain une baisse de régime des Coréens dont c’était le cinquième match en trois semaines disputé sur ce rythme d’enfer, avec celui en amical contre la France (2-3) juste avant le début du Mondial. Écrasés physiquement par les Français il y a un an (0-5), les Asiatiques ont fait craquer deux puissances majeures du football mondial, le Portugal (1-0) et l’Italie. Ces progrès stupéfiants sont à mettre au crédit d’Hiddink, l’« Orange mécanique », qui prépare son équipe quotidiennement depuis mars, ne conçoit pas le football sans performance athlétique de haut niveau et dont les entraînements insistent sur l’endurance et le pressing. Les Coréens ont été plus réceptifs à ce discours que les stars du Real Madrid, l’ancien club du Néerlandais : « La condition physique est la chose la plus importante » en football, de l’avis du capitaine Hong Myung-bo. L’influence d’Hiddink est par exemple évidente sur Ahn. Peu porté sur la musculation et le foncier, la star de l’équipe a été menacée de ne pas être sélectionnée. « Il a très bien compris le message il y a quelques mois. J’ai été dur avec lui mais maintenant, il est très fort physiquement », explique Hiddink. Les Italiens craquent Mardi, « le temps passant, nous savions que la défense italienne allait céder car nous étions en meilleure condition physique », explique le milieu Yoo Sang-chul. Cette forme olympique a des conséquences sur le moral. Le penalty raté par Ahn en début de match aurait détruit les Reds il y a quelques mois. Mais dorénavant, les joueurs sont à « un niveau où l’erreur d’un joueur n’influence plus tout le match », se félicite Lee Young-pyo. « Désormais, les joueurs savent gérer toutes les situations. Menés 1 à 0 contre l’Italie, nous n’avons jamais envisagé de perdre », assure-t-il. « Ils étaient plus déterminés à gagner », reconnaît le milieu italien Damiano Tommasi. Cette fraîcheur a permis aux Coréens de gérer avec bonheur les changements tactiques opérés par Hiddink en cours de match, à l’image de Song Chong-gug, qui a joué à quatre postes différents, commençant milieu offensif pour finir en défenseur central. « Ils n’abandonnent jamais et ils ont beaucoup appris tactiquement en quelques semaines », se réjouit Hiddink. Comme les Portugais et les Italiens, les Espagnols sont individuellement meilleurs que les Coréens. Mais physiquement, ils ont fini à l’agonie contre l’Eire. Les deux jours supplémentaires de repos dont ils ont disposé avant le match samedi ne seront pas de trop. Le gardien Lee Woon-jae se disant « confiant dans ses capacités à bloquer les tirs de Raul », les ingrédients sont réunis pour une nouvelle sensation coréenne. Hiddink a mis échec et mat Trapattoni Le duel de grands maîtres du football sur l’échiquier de Daejeon a tourné à l’avantage du Néerlandais Guus Hiddink qui a mis échec et mat l’Italien Giovanni Trapattoni mardi au Mondial 2002. Le sélectionneur de la Squadra azzurra est l’un des techniciens les plus réputés au monde, titulaire d’un palmarès prestigieux. Mais c’est le Batave, 55 ans, à peine moins coté, qui, à la barre d’un commando d’inépuisables Sud-Coréens, a remporté la partie. La carte de visite de Hiddink est chargée. Il a été révélé par le PSV Eindhoven avec qui il a remporté une Coupe d’Europe des clubs champions (C1) en 1988 avant d’émigrer en Turquie, à Fenerbahce, en 1990 puis de faire carrière en Espagne, à Valence (1991-93), au Real Madrid (1998-99) puis au Betis Séville (2000). De 1995 à 1998, il avait fait sa première expérience de sélectionneur à la tête de l’équipe nationale néerlandaise. Au Mondial 98 en France, il a humé l’air de la gloire mais une infime défaite (1-1, 4 tirs au but à 2) en demi-finale face au Brésil l’en a tenu à l’écart. Et lui a même coûté son poste. La revanche, il est allé la chercher à des milliers de kilomètres, en Corée du Sud, où, en janvier 2001, il prend les rênes de la sélection. Depuis mardi, il est un demi-dieu au pays du Soleil levant. Avant ce triomphe romain, il avait déjà obtenu la reconnaissance des Coréens en permettant à la sélection de réaliser un parcours sans précédent pour elle qui, en cinq participations à une phase finale de Coupe du monde, n’avait pas remporté la moindre victoire. Soif de vaincre Lacune comblée dès le premier match cette année avec un succès « historique » face à la Pologne (2-0). La qualification pour les huitièmes de finale était l’objectif le plus élevé que Hiddink et la Fédération coréenne s’étaient fixé. Le quart de finale est un bonus, apprécié à sa juste valeur. « Ce qu’ont fait les joueurs est incroyable. Je suis très heureux. L’Italie est une superpuissance du football », a-t-il déclaré, ému, après la victoire. Désormais, la Corée du Sud, qui ne figurait même pas dans les 40 premiers au classement de la Fédération internationale (Fifa) avant le début de ce Mondial, ne doute plus de rien. Surtout pas de faire mordre la poussière à l’Espagne, samedi en quart de finale. « Nous nous sommes qualifiés pour les quarts de finale grâce à notre public. Maintenant, nous allons battre l’Espagne », a affirmé le défenseur Kim Tae-young. Moins catégorique, Hiddink encourage néanmoins l’ambition. « C’est le moment de savourer le fruit de nos succès mais je veux que mes joueurs conservent l’ambition et la soif de vaincre dont ils ont fait preuve jusqu’alors », a-t-il déclaré. Lui se régale déjà à l’idée de jouer un autre tour à l’Espagne, une équipe qu’il connaît aussi bien que la plupart des joueurs du Real Madrid qui en font partie et dont il a été l’entraîneur. L’arbitrage à nouveau en accusation La défaite de l’Italie mardi face à la Corée du Sud en huitième de finale du Mondial de football a ravivé la polémique, endémique, sur les erreurs d’arbitrage avec de virulentes accusations lancées par le sélectionneur et la presse italiens. La Squadra azzurra a été battue 2-1 par un « but en or » inscrit à la 117e minute de la prolongation. Depuis 14 minutes, les Italiens étaient réduits à dix joueurs en raison de l’exclusion de leur attaquant Francesco Totti, sanctionné à la suite d’un second avertissement infligé pour simulation. Le sélectionneur Giovanni Trapattoni a vivement contesté l’interprétation de l’arbitre équatorien Byrom Moreno. « Voleurs », a titré le quotidien spécialisé Corriere dello Sport. La Fédération internationale (FIFA) a implicitement rejeté mercredi ces critiques en faisant état du « sentiment général de satisfaction » de l’arbitrage et affirmant qu’il y avait eu, depuis le début du tournoi, « un nombre minimum d’erreurs de jugement ». Le président de l’institution Joseph Blatter avait tout juste reconnu quelques jours plus tôt certaines faiblesses de la part des arbitres assistants dans le jugement des positions de hors-jeu. Le 8 juin, les Italiens, déjà, s’étaient plaints à l’issue d’un match perdu contre la Croatie d’avoir été floués, deux buts leur étant refusés pour hors-jeu. Le 16 juin, c’est le sélectionneur espagnol José Antonio Camacho qui s’était plaint à l’issue du match contre l’Eire gagné aux tirs au but par son équipe après qu’elle eut été rejointe au score dans les ultimes minutes du temps réglementaire sur un penalty qui, pour lui, « n’existait pas ». Protestations contre l’arbitre le 4 juin de la part du Brésil et de la Turquie, colère slovène le 2 juin, mexicaine le 17 juin... Vidéo Dans la quasi-totalité des cas, la contestation a porté sur des buts refusés pour des positions de hors-jeu, sur des penalties accordés ou, au contraire, non sifflés. Rien que de très classique. En début de tournoi, la Fifa avait autorisé que les images de la télévision, y compris les ralentis, soient diffusées en direct sur les écrans géants des stades. Un système cruel pour les directeurs de jeu, souvent dénoncés à chaud par ces « replays ». La Fifa a retiré l’autorisation. Ces mêmes images vidéo, avec ralentis et prises de vue sous différents angles, sont présentées par les victimes proclamées d’erreurs à l’appui de leurs arguments. Un attirail technologique évidemment plus précis que les sens banalement humains dont dispose un arbitre pour juger à vitesse réelle et au dixième de seconde. Certains directeurs de jeu plaident l’indulgence face à ce qu’ils présentent comme des « aléas du jeu ». D’autres souhaiteraient être aidés, comme cela se pratique déjà en rugby à l’échelon international ou dans le championnat de football américain, par le recours à la vidéo pour juger des situations litigieuses. Au nom de l’universalité des lois du jeux, la Fifa s’y est toujours opposée en arguant que le football devait se pratiquer selon les mêmes règles que l’on soit en Coupe du monde ou en championnat de quartier. Allemagne : saine émulation entre les joueurs L’ensemble des 22 joueurs restants de l’équipe d’Allemagne de football étant opérationnel pour le quart de finale face aux États-Unis demain à Ulsan, la concurrence se fait sentir sans que cette situation empoisonne la bonne ambiance générale. Le défenseur Christoph Metzelder, blessé à la cheville gauche lors du huitième de finale contre le Paraguay samedi (1-0), a repris l’entraînement hier après avoir seulement trottiné la veille. La séance s’est déroulée en fin d’après-midi sous la pluie sur le terrain d’entraînement des Allemands non loin de leur complexe hôtelier, le Paradise, à Segowipo, sur l’île de Jeju. En outre, le sélectionneur Rudi Voeller peut compter sur le retour des trois suspendus du précédent match face au Paraguay, Carsten Ramelow, Dietmar Hamann et Christian Ziege. Leurs remplaçants estiment ne pas avoir démérité. Ainsi, Marco Bode a déclaré hier en conférence de presse qu’il n’avait pas l’intention « de prendre congé du tournoi de cette manière. Je me battrai pour ma place. La situation n’est pas devenue plus facile pour Voeller », a-t-il ajouté. « Il n’y a pas de pugilat », a dit sur le ton de la plaisanterie Miroslav Klose, qui, lui, n’a pas de souci de titularisation à se faire. « J’ai disputé tous les matchs. Maintenant je me concentre sur celui face aux États-Unis et j’essaierai de mettre encore plus les gaz afin que nous quittions le terrain en vainqueurs. » L’ambition de Klose Le meilleur marqueur des Allemands avec cinq buts dédiera son prochain but à l’idole du football allemand Fritz Walter, champion du monde 1954 et deux fois champion d’Allemagne avec le FC Kaiserslautern, le club de Klose, décédé lundi à l’âge de 81 ans. « Nos relations étaient amicales. Il m’a envoyé du vin et s’est réjoui de chacun de mes buts », a raconté Klose hier. « Je ne l’oublierai jamais, il m’a accompagné et je garderai toujours Fritz Walter dans mon cœur. » Le joueur du Kaiserslautern qui partage la première place du meilleur buteur du Mondial avec le Brésilien Ronaldo lorgne ouvertement vers la couronne. « Avec l’Italien Christian Vieri, un nouveau candidat a été éliminé », a-t-il constaté. Sans vouloir se comparer à Ronaldo et Rivaldo (4 buts), Klose « spécule sur l’élimination du Brésil par l’Angleterre ». L’optimisme des Allemands avant le quart de finale a été souligné une nouvelle fois hier par Michael Skibbe, l’assistant de Rudi Voeller. « C’est ma ferme conviction et celle de la Mannschaft que nous allons battre les États-Unis. » Après une conférence de presse matinale aujourd’hui, les Allemands se rendront en car à l’aéroport de Jeje, à environ une heure de Seogwipo, pour s’envoler à destination d’Ulsan. les buteurs marquent... le pas Cent quarante-sept buts, soit deux de moins qu’en 1998 au même stade de la compétition, ont été inscrits à l’issue des huitièmes de finale du Mondial 2002 en Corée du Sud et au Japon, qui ont eu lieu de samedi à mardi. Après avoir été plus prolifiques au premier tour qu’au Mondial français (130 buts contre 126 en 1998), les attaquants ont baissé de régime en huitième. Le nombre de buts inscrits lors des huit matches est même le plus faible en huitièmes d’un Mondial (quand huitièmes il y a eu), puisque 17 buts ont été marqués contre 18 en 1990 au Mondial italien. Au niveau des cartons jaunes, le chiffre est toujours plus élevé avec 239 avertissements distribués contre 214 en 1998 au même stade de la compétition. Le Brésil reste la meilleure attaque avec 13 buts marqués en 4 matches, devant l’Allemagne (12) et l’Espagne (10). Parmi les équipes restant en lice en quarts de finale, l’Angleterre est la moins bonne attaque avec 5 buts, mais paradoxalement celle qui a marqué le plus de buts lors de son huitième (3). L’Allemagne et l’Angleterre possèdent la meilleure défense avec seulement un but encaissé en quatre matches. Parmi les équipes qui disputeront les quarts à partir de vendredi, les États-Unis ont l’arrière-garde la plus perméable avec six buts encaissés malgré les deux penalties arrêtés (face à la Corée du Sud et à la Pologne) par leur gardien Brad Friedel. Le Sud-Coréen Ahn renvoyé par Pérouse Le joueur sud-coréen Ahn Jung-hwan, auteur du but en or qui a éliminé l’Italie du Mondial 2002 mardi en 8e de finale, sera renvoyé par son club italien de Pérouse, où il évoluait depuis août 2000, a-t-on appris auprès de la direction du club italien de football de première division. « Je ne le prolonge pas, il ne le mérite pas » , a affirmé le président du club Luciano Gaucci, dans une interview à la chaîne privée « La 7 » mardi soir. « Quand il est arrivé chez nous, c’était une brebis égarée qui n’avait même pas de quoi se payer un sandwich. Il est devenu riche sans fournir de prestations exceptionnelles et puis, au Mondial, il a commencé à dénigrer le foot italien », a expliqué M. Gaucci. « Il me suffirait de 3 milliards de lires – pour prolonger son contrat – et je pourrais faire encore plus de bénéfices en le revendant. Mais je ne le prolonge pas », a-t-il ajouté. « Ahn ne jouera plus à Pérouse. Qu’est-ce que vous croyez ? Que je vais garder un joueur qui a ruiné le football italien. Son coup de génie, il devait le faire avec nous. Il n’a qu’à rentrer en Corée du Sud pour gagner cent mille lires par mois ! », s’est encore emporté le président Gaucci, cité hier par le quotidien romain Il Messagero. Plusieurs journaux italiens se sont déchaînés hier contre le joueur sud-coréen, affirmant qu’il s’était plus fait connaître comme mannequin pour une firme cosmétique que pour ses performances sur le terrain. Aucun détail n’est épargné sur les défauts d’Ahn, un quotidien affirmant qu’« à Pérouse, il se nourrissait quasi exclusivement de chocolat » et que « cela lui avait donné des boutons gigantesques et anti-esthétiques. »
Les chocs qui se sont enchaînés jusqu’à présent ont fait tressaillir l’ordre établi du football mondial, mais la Coupe du monde pourrait être ébranlée par un véritable tremblement de terre quand elle entrera dans sa dernière phase, vendredi et samedi avec les quarts de finale. Les quarts auront beau commencer par un classique, Angleterre-Brésil, l’épicentre du Mondial risque bien de se trouver ailleurs. Les autres matches réservent en effet d’ores et déjà des surprises, puisqu’ils verront descendre sur le terrain trois équipes externes aux bastions européen et sud-américain du football – le Sénégal contre la Turquie, la Corée du Sud contre l’Espagne, et les États-Unis contre l’Allemagne. Depuis la première Coupe du monde en 1930, jamais plus d’une équipe étrangère à ces puissances...