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Actualités - Chronologie

Un retournement de destin exceptionnel pour Chirac, président tout-puissant

Le président français Jacques Chirac pouvait se réjouir lundi, au lendemain de la victoire de ses partisans aux élections législatives, d’avoir vu son destin opérer un formidable retournement en huit semaines qui ont bouleversé le paysage politique de la France. Le 21 avril au soir, il rassemblait sur son nom le score le moins flatteur pour un candidat arrivé en tête du premier tour d’une présidentielle depuis l’instauration en 1958 de la désignation au suffrage universel du chef de l’État. Il payait ainsi le prix des accusations de corruption lancées contre lui, de la satire qui le malmenait et le traitait de « menteur » et de l’image d’un président affaibli par le contrôle effectif exercé sur l’Exécutif par le Premier ministre socialiste Lionel Jospin. Le 16 juin au soir, il s’est retrouvé à 69 ans investi d’un immense pouvoir, dominant seul pour cinq ans l’appareil de l’État, renouant ainsi avec les prérogatives exorbitantes prévues par la Constitution de la Ve République lorsque le président dispose d’une majorité absolue à la Chambre des députés. « Voilà donc le chef de l’État doté d’une majorité comme peu de chefs de l’État avant lui auraient osé en rêver », a commenté lundi le quotidien des milieux d’affaires Les Échos. La veille, l’Union pour la majorité présidentielle (UMP) avait été créditée de 355 sièges sur 577 à l’Assemblée nationale. Les étapes de ce rétablissement pour un homme politique à la longévité exceptionnelle, qui fut une première fois ministre en 1967, se sont succédé au rythme d’une période électorale intense. Les Français se sont d’abord, le 5 mai, au second tour de la présidentielle, mobilisés contre l’extrême droite, dont le candidat, Jean-Marie Le Pen, avait éliminé du dernier face-à-face M. Jospin. Ils ont alors, toutes tendances confondues, plébiscité M. Chirac. Dans un deuxième temps, aux législatives de juin, les électeurs ont sanctionné les sortants, comme ils le font systématiquement depuis 1978, écartant les socialistes et leurs alliés communistes et Verts, unis pendant cinq ans au sein de la « gauche plurielle » – devenue, pour le journal de gauche Libération : « Gauche, plus rien. » « L’ampleur du rejet de la gauche plurielle a tout bouleversé en ouvrant la voie de la victoire à l’équipe politique de réserve, celle conduite par Jacques Chirac », a analysé Libération. À l’issue de cette course d’obstacles, où M. Chirac a été généreusement servi par les circonstances, le voilà investi d’un pouvoir sans partage alors qu’il s’en était lui-même privé par la dissolution d’une Chambre qui lui était favorable en 1997. « Quel retournement », a souligné l’éditorialiste des Échos. Et, pour Libération, « le chef de l’État a sa revanche cinq ans après s’être ridiculisé avec une dissolution boomerang ». M. Chirac a en effet vécu pendant les cinq années de la cohabitation avec la redoutable humiliation d’avoir été le seul président de la Ve République à rater une dissolution, deux ans après sa victoire à la présidentielle. « Ce fut en effet un échec personnel. Un véritable camouflet. Qui l’a mis KO debout », a écrit le quotidien conservateur Le Figaro, sous le titre « Chirac ou l’incroyable retour ». L’erreur de 1997 et le difficile parcours des cinq années qui ont suivi ne peuvent qu’être restés dans l’esprit du président Chirac comme des épisodes d’une longue carrière qu’il va falloir faire oublier. M. Chirac et son parti ont en effet tous les pouvoirs mais aussi toutes les responsabilités. « Avec cinq ans devant lui, avec une forte majorité derrière lui et une opposition délabrée en face de lui, tout est possible. Et tout est donc exigible », ont estimé Les Échos.
Le président français Jacques Chirac pouvait se réjouir lundi, au lendemain de la victoire de ses partisans aux élections législatives, d’avoir vu son destin opérer un formidable retournement en huit semaines qui ont bouleversé le paysage politique de la France. Le 21 avril au soir, il rassemblait sur son nom le score le moins flatteur pour un candidat arrivé en tête du premier tour d’une présidentielle depuis l’instauration en 1958 de la désignation au suffrage universel du chef de l’État. Il payait ainsi le prix des accusations de corruption lancées contre lui, de la satire qui le malmenait et le traitait de « menteur » et de l’image d’un président affaibli par le contrôle effectif exercé sur l’Exécutif par le Premier ministre socialiste Lionel Jospin. Le 16 juin au soir, il s’est retrouvé à 69 ans...