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Le Brésil se méfie quand même des Belges

Le Brésil, interloqué par l’élimination de favoris comme la France ou l’Argentine, se méfie de la Belgique, son adversaire en huitième de finale, aujourd’hui à Kobe (14h30 heure de Beyrouth). « Il y a eu beaucoup de surprises dans ce Mondial. Et nous ne voulons pas qu’il y en ait une à nos dépens, a ainsi expliqué Rivaldo. Nous devons donc respecter chaque adversaire, même s’ils ne travaillent pas la balle techniquement autant que nous, et lancent de longs ballons au-dessus du milieu du terrain vers la surface de réparation. » Si certains joueurs comme l’attaquant Edilson et le milieu de terrain Juninho ne peuvent s’empêcher de penser qu’ils vont retrouver l’Angleterre – déjà qualifiée – en quart de finale, les joueurs de la Seleçao adoptent tous un profil bas avant de rencontrer les « Diables rouges ». « La Belgique a montré qu’elle possédait une équipe expérimentée, habituée aux grandes compétitions, avec une moyenne d’âge de 32 ans, aussi faut-il vraiment faire attention », a renchéri Roberto Carlos, le latéral gauche du Real Madrid et de la seleçao. « Il faut faire très attention à jouer selon nos caractéristiques, être attentifs aux détails pour ne pas être surpris », a indiqué pour sa part le milieu de terrain Ronaldinho. Balles aériennes Comme Rivaldo, le joueur du Paris-SG a insisté sur « les ballons aériens », le danger numéro un, selon lui, du jeu des « Diables rouges ». « Nous ne devons pas craindre, nous ne devons pas être inquiets. Nous devons nous concentrer sur notre propre jeu. Tout dépend de nous », a estimé l’attaquant vedette des Brésiliens, Ronaldo. Une opinion partagée par Ronaldinho : « J’ai déjà dit à mes camarades que, selon moi, nous devons continuer à jouer avec le sérieux démontré lors du premier match (gagné 2-1 contre la Turquie). C’est la seule manière d’avoir de bons résultats. La Belgique est une bonne équipe mais nous aussi. » « Avec les matchs à élimination directe qui commencent, c’est une nouvelle Coupe du monde qui débute », a encore souligné Roberto Carlos. « L’objectif est toujours le même : être champion du monde », a enchaîné Ronaldo, tout en s’empressant d’ajouter que le « Brésil n’était pas encore parfait ». L’attaquant vedette de l’Inter Milan a encore expliqué qu’il avait de meilleures sensations de match en match, et qu’il ne pensait qu’à marquer encore plus pour le bien de son équipe. De Boeck incertain Tout le groupe brésilien est opérationnel. Le sélectionneur Luiz Felipe Scolari devrait titulariser à nouveau ses défenseurs Roque Junior et Roberto Carlos ainsi que Ronaldinho contre la Belgique. Les trois joueurs n’avaient pas été alignés lors du dernier match de poule (groupe C) contre le Costa Rica (5-2), avant lequel le Brésil était déjà qualifié. Roberto Carlos souffrait du mollet gauche, tandis que Roque Junior et Ronaldinho, tous deux sous le coup d’un carton jaune, avaient été préservés en vue des 8es de finale. L’équipe de Robert Waseige, son homologue belge, pourrait connaître un changement avec la blessure au dos survenue au défenseur Glen De Boeck pendant l’entraînement hier. Eric Van Meir ou Timmy Simons peuvent le suppléer. Les Belges soignent surtout leur récupération, entre leur match gagné vendredi contre la Russie à Shizuoka (Japon) et le déplacement à Kobe pour le match aujourd’hui. Leur fin de semaine a encore été émaillée par un nouvel épisode de la série « je t’aime moi non plus » entamée avec la presse, après la parution d’un article en flamand qui avait déplu aux « Diables rouges ». Les joueurs belges, qui n’avaient pas parlé aux journalistes durant deux jours en début de semaine, ont à nouveau boudé samedi. Hier, les joueurs se sont exprimés à nouveau. Les équipes probables Brésil : Marcos – Lucio, Edmilson, Roque Junior – Gilberto Silva – Cafu (cap), Juninho Paulista, Ronaldinho, Roberto Carlos – Rivaldo, Ronaldo Belgique : De Vlieger – Peeters, Van Buyten, De Boeck ou Eric Van Meir, Van Kerckhoven – Mpenza, Simons, Walem, Goor – Wilmots (cap), Verheyen. Derrière le « simulateur » Rivaldo, un gaucher hors pair Rivaldo, milieu de terrain offensif du Brésil, adversaire de la Belgique en 8e de finale du Mondial 2002 de football, doit profiter des matchs à élimination directe pour redevenir ce gaucher hors pair et décoller son étiquette de « simulateur » collée depuis Brésil-Turquie (2-1). À la fin du match remporté par le Brésil, Rivaldo avait feint une douleur excessive après avoir été frappé par un ballon expédié violemment, alors que le jeu était arrêté, dans sa direction par le Turc Hakan Unsal. Ce dernier avait été exclu. Le Brésilien avait reconnu après la rencontre avoir « exagéré l’importance du geste pour que le joueur soit exclu ». La Fédération internationale lui a infligé une amende de 11 500 francs suisses (moins de 8 000 euros) pour simulation. Cette image de tricheur au rabais s’inscrit dans le droit fil des mauvais penchants du « Ballon d’or 1999 » : individualiste, peu enclin à suer sang et eau à l’entraînement ou à se plier aux schémas tactiques. Les différents entraîneurs qu’il a croisés au cours de sa carrière ont également fait connaissance avec son mauvais caractère. Et même son histoire avec les « Auriverde » (62 sélections avant la Belgique, 31 buts) a connu des hauts et des bas depuis sa première sélection le 16 décembre 1993 contre le Mexique. Machine à marquer Rivaldo Victor Borba Ferreira, de son vrai nom, a ainsi été ignoré pour la Coupe du monde aux États-Unis en 1994 et pour la Copa America en 1995. Puis, après les Jeux d’Atlanta (1996), il a rongé son frein jusqu’en décembre 1997 pour réintégrer la Seleçao. L’actuel sélectionneur brésilien Luiz Felipe Scolari est un des rares à l’avoir défendu dans l’affaire de Brésil-Turquie. Le meilleur moyen que Rivaldo, 30 ans (1,86 m, 75 kg), ait de le remercier est de montrer son meilleur visage. Celui du gaucher pétri de talent formé au football des rues du côté de Recife et au club local de Paulista, devenu l’auteur de 11 buts en 19 rencontres sous le maillot des prestigieux Corinthians en 1993. L’autre Rivaldo peut aussi prendre l’apparence de la machine à marquer qu’il fut en Espagne à La Corogne (1996-97) avec 21 buts lors de sa première saison, dont quelques coups francs d’anthologie, et 55 buts en trois ans sous le maillot de Barcelone. Il avait été transféré chez les « Blaugrana » pour 24 millions d’euros, afin de remplacer une autre étoile brésilienne, Ronaldo, parti pour l’Inter Milan. Maintenant que les choses sérieuses commencent, Rivaldo doit prouver que son pied gauche vaut vraiment de l’or, après s’être frotté dans le groupe C aux modestes équipes de Chine, Costa Rica et Turquie. Mexique-États-Unis : duel historique pour une place en quart C’est dans la bonne humeur que le Mexique a clos hier la préparation de son 8e de finale du Mondial de football face aux États-Unis, aujourd’hui à Jeonju (9h30 heure de Beyrouth), dans une ambiance contrastant avec le sérieux de son adversaire, outsider inquiet de ce duel régional historique. « L’équipe est en pleine forme. Aucun joueur n’est suspendu, ni blessé », se réjouit l’entraîneur mexicain Javier Aguirre, qui devrait faire une nouvelle fois confiance aux joueurs alignés contre l’Italie (1-1), lors du dernier match, pour affronter les USA. « Décidés à vaincre » « Nous sommes détendus, et j’espère que nous nous qualifierons pour les quarts, puis pour les demi-finales », assure-t-il, rejoint par l’attaquant vedette Cuauhtemoc Blanco : « Nous sommes extrêmement motivés. Nous avons bien joué au cours des derniers matchs et nous sommes bien décidés à vaincre ». Les « Aztèques » ont en effet de quoi être satisfaits après avoir réalisé un excellent premier tour. Ils ont terminé premiers de leur groupe après deux victoires sur la Croatie (1-0) et l’Équateur (2-1), et un nul face à l’Italie dans un match qu’ils auraient pu remporter sans une tête de Del Piero en fin de rencontre. Une assurance mexicaine qui semble faire fi de la pression, comme le prouve le dernier entraînement, effectué hier après-midi sur la pelouse du Jeonju World Cup Stadium. Si les exercices ont été nombreux et fournis, les rires ont égayé une bonne partie de la séance. « Les deux équipes se sont nettement améliorées cette année, et la rencontre devrait se disputer à un niveau qu’elles n’ont jamais atteint de concert », prévient toutefois le sélectionneur mexicain pour qui la majeure partie de la bataille de ce « classiquo » se livrera au milieu de terrain. « Traditionnellement, les matchs entre le Mexique et les États-Unis ne débouchent pas sur un festival offensif, mais se résument plutôt à un duel défensif où les chances de marquer sont minces », estime, de son côté, son homologue américain, Bruce Arena. Arena, qui devra toutefois composer sans deux éléments- clés de sa défense, Frankie Hejduk suspendu (deux avertissements) et Jeff Agoos, blessé et définitivement forfait pour le Mondial. Deux absences qui inquiètent les Américains, qui se sont studieusement entraînés une dernière fois hier, à huis clos, en fin de journée. 72 ans sans quarts Côté américain, on va donc se remémorer les excellentes performances du 1er tour face au Portugal (3-2) et à la Corée du Sud (1-1) pour se mettre du baume au cœur et oublier le dernier match face à la Pologne (1-3). Une nette défaite qui aurait pu condamner les Américains, mais le Portugal, en s’inclinant dans le même temps face à la Corée (0-1), leur a sauvé la mise. La présence des USA reste néanmoins inattendue à ce stade de la compétition – beaucoup plus que celle des Mexicains qui se sont déjà qualifiés deux fois pour les quarts (1970, 1986) –, après un Mondial 98 où ils avaient été la plus mauvaise équipe du tournoi. Grâce à quelques individualités comme le gardien Brad Friedel, qui a déjà arrêté deux penalties au Mondial, le jeune espoir Landon Donovan et le vétéran Cobi Jones, ils sont parvenus à s’extirper d’un groupe où on les promettait pourtant à la dernière place. Jones, notamment, était présent au Mondial 94 aux États-Unis, la dernière fois où sa sélection a atteint les huitièmes. Quant aux quarts de finale, c’est un cap que n’ont plus atteint les USA depuis... 72 ans, et la première édition de la Coupe du monde en Uruguay. Les équipes probables Mexique : Perez – Carmona, Marquez (cap), Vidrio, Morales – Rodriguez, Torrado, Arellano, Luna – Blanco, Borgetti États-Unis : Friedel – Sanneh, Pope, Mastroeni, Llamosa – Donovan, O’Brien, Reyna (cap), Beasley, Jones – McBride. Huitièmes de finale : le programme Lundi 17 juin : 9h30 à Jeonju (Corée du Sud) : Mexique-États-Unis 14h30 à Kobé (Japon) : Brésil-Belgique. Mardi 18 juin : 9h30 à Miyagi (Japon) : Japon-Turquie 14h30 à Daejeon (Corée du Sud) : Corée du Sud-Italie. Résultats du week-end Voici les résultats des huitièmes de finale du Mondial 2002 enregistrés durant le week-end : Samedi Allemagne-Paraguay 1-0 Danemark-Angleterre 0-3 Dimanche Suède-Sénégal 1-2 (après prolongation) Espagne-Eire 1-1 (3-2 tirs au but). Le duel des « rescapés » argentins Le 8e de finale du Mondial de football entre le Mexique et les États-Unis, aujourd’hui à Jeonju, propose aussi un duel entre deux « rescapés » argentins, Gabriel Caballero et Pablo Mastroeni. La sélection argentine a quitté prématurément la compétition, mais ces deux natifs du pays sont encore en lice, le premier sous les couleurs du Mexique, le second avec le maillot américain. Mastroeni, né en Argentine il y a 25 ans, a émigré à l’âge de quatre ans aux États-Unis où il a fait toute sa jeune carrière. Il joue aujourd’hui en défense centrale chez les Colorado Rapids et pourrait remplacer Jeff Agoos, blessé au mollet droit lors du match contre la Pologne (1-3). À 31 ans, le milieu de terrain de Pachuca (D1 mexicaine) Caballero, natif de Rosario en Argentine, a longtemps joué dans son pays natal. Naturalisé en décembre, Caballero est un nouveau venu dans la sélection mexicaine, dans laquelle il n’a fait ses débuts qu’en mars contre l’Albanie. Une arrivée qui ne s’est d’ailleurs pas faite sans des grincements de dents, certains commentateurs ou supporteurs estimant qu’il prenait la place d’un « vrai Mexicain ». Caballero reconnaît d’ailleurs que ses coéquipiers demandent encore à être convaincus. Un but contre les Américains offrant la qualification à son pays d’adoption devrait lui permettre de faire taire les interrogations. Brésil-Allemagne, le choc fantôme Voir le Brésil et l’Allemagne remporter des matches en Coupe du monde, ce n’est pas une surprise. Mais voir le Brésil et l’Allemagne s’affronter dans un Mondial, voilà ce qui s’assimile davantage à de la fiction. Pelé contre Franz Beckenbauer, Socrates contre Karl-Heinz Rummenigge, Romario contre Lothar Matthaus ? Cela n’est jamais arrivé, et cet affrontement à distance est devenu une sorte de match fantôme de l’histoire du Mondial, et en tout cas une curiosité du football international. Les deux sélections ont disputé plus de rencontres de Coupe du monde que toutes les autres équipes (83 pour le Brésil, 82 pour l’Allemagne), mais les quadruples champions du monde brésiliens et les triples champions du monde allemands sembles destinés à ne jamais se croiser. Le tirage au sort du Mondial 2002 n’a pas fait mentir la tradition : une fois encore, la Mannschaft et la Seleçao ne pourront se rencontrer que si toutes deux arrivent en finale, le 30 juin à Yokohama. Chocs évités de justesse À plusieurs reprises, les deux pays ont pourtant été à deux doigts de jouer ensemble. En 1958, une finale entre le Brésil et l’Allemagne de l’Ouest semblait écrite d’avance, avant que le pays hôte, la Suède, ne sorte les Allemands en demi-finale. Douze ans plus tard au Mexique, la finale tant attendue semblait enfin devoir se réaliser – d’autant qu’en demi-finale, l’Allemagne menait 2-1 face à l’Italie. Mais les Azzurri ont retourné la situation dans les prolongations pour aller décrocher une mémorable victoire 4-3 et affronter les Brésiliens. En 1974, une défaite surprise de la RFA contre ses frères-ennemis de la RDA au premier tour a fait en sorte que les Allemands ne rencontrent pas les Brésiliens au deuxième. Cette année-là, la Seleçao a tout de même joué et contre les Allemands... de l’Est, battus 1-0. Sept équipes seulement ont déjà remporté au moins une Coupe du monde – l’Argentine, l’Angleterre, la France, l’Italie et l’Uruguay en plus des deux autres – et toutes se sont déjà rencontrées entre elles. Sauf l’Allemagne et le Brésil.
Le Brésil, interloqué par l’élimination de favoris comme la France ou l’Argentine, se méfie de la Belgique, son adversaire en huitième de finale, aujourd’hui à Kobe (14h30 heure de Beyrouth). « Il y a eu beaucoup de surprises dans ce Mondial. Et nous ne voulons pas qu’il y en ait une à nos dépens, a ainsi expliqué Rivaldo. Nous devons donc respecter chaque adversaire, même s’ils ne travaillent pas la balle techniquement autant que nous, et lancent de longs ballons au-dessus du milieu du terrain vers la surface de réparation. » Si certains joueurs comme l’attaquant Edilson et le milieu de terrain Juninho ne peuvent s’empêcher de penser qu’ils vont retrouver l’Angleterre – déjà qualifiée – en quart de finale, les joueurs de la Seleçao adoptent tous un profil bas avant de rencontrer les « Diables...