Le Premier ministre israélien Ariel Sharon a estimé lundi avoir atteint ses objectifs à Washington avec le président américain George W. Bush, a indiqué un important responsable israélien à l’issue de leur rencontre, la sixième depuis mars 2001. « La rencontre a été bonne, amicale et même davantage, et nous avons obtenu ce que nous voulions », a affirmé le Premier ministre, selon ce responsable. Il s’est notamment félicité du « resserrement des liens d’amitié », du constat désormais acquis de « la nécessité de réformes chez les Palestiniens », et du désaveu du président palestinien Yasser Arafat, dont M. Bush s’est à nouveau déclaré « déçu ». Durant ses entretiens à la Maison-Blanche, M. Sharon a rappelé « qu’Israël est épris de paix et œuvre en ce sens, mais que la fin du terrorisme conditionne tout progrès », a encore dit ce haut responsable israélien. « Nous devons avoir un partenaire pour négocier la paix, et il faut donc que la nature de l’Autorité palestinienne change. Tout le monde sait aujourd’hui avec qui il est possible d’engager un dialogue et avec qui c’est impossible », a-t-il ajouté. « Ce qu’on attend de l’autre partie (les Palestiniens) pour qu’elle puisse proclamer un État est aujourd’hui clair. Ils doivent être des partenaires. Nous avons accepté de conduire des discussions sur un cessez-le-feu, même sous la pression de la violence, mais on ne peut mener des pourparlers de paix alors que la violence continue », a-t-il encore dit. Toujours selon la même source, M. Sharon s’est prononcé « pour des réformes authentiques de l’Autorité palestinienne, car on ne peut pas se contenter de mesures juridiques arrêtées en une heure ». Il a mis l’accent sur la nécessité de réformer les services palestiniens de sécurité, affirmant qu’« aucune directive ne leur a été donnée pour lutter contre le terrorisme, même dans la bande de Gaza où leur force est intacte car Tsahal n’est pas intervenue dans cette région ». Le Premier ministre a exigé qu’après leur refonte, ces services procèdent à des arrestations d’extrémistes, démantèlent les organisations hostiles à la paix avec Israël « comme le Hamas, le Jihad islamique, la Force 17 – garde personnelle du président palestinien Yasser Arafat – ou les Brigades des martyrs d’al-Aqsa (liées à son mouvement le Fateh) ». Autres exigences de M. Sharon : la collecte par les services palestiniens de sécurité des armes détenues illégalement et la fin des incitations à la haine. Dans le même ordre d’idées, le Premier ministre a estimé que la conférence régionale ministérielle sur le Proche-Orient, envisagée en été par les États-Unis en présence des parties, de la Russie, de l’Union européenne et de l’Onu, « devrait porter sur la fin du terrorisme et de la violence, ainsi que sur les réformes » chez les Palestiniens, a noté ce responsable. De même source, durant leurs entretiens lundi, MM. Bush et Sharon n’ont évoqué ni l’expulsion éventuelle par Israël de M. Arafat hors des territoires palestiniens autonomes, ni un gel de la colonisation juive (dans ces territoires), ni la possibilité d’un retour d’Israël sur ses lignes d’armistice de juin 1967, ni enfin celle d’une attaque américaine contre l’Irak. « En revanche, la présence d’organisations terroristes basées à Damas et la fourniture d’armes de la Syrie au Hezbollah libanais, notamment de 9 000 lanceurs de roquettes Katioucha, ont été abordées très sérieusement, car cela risque de déstabiliser le Proche-Orient », a encore indiqué ce responsable. Le chef de gouvernement, selon cette source, s’est par ailleurs réjoui du « renforcement des liens d’amitié » de son pays avec les États-Unis « qui partagent les mêmes valeurs ». Selon son programme, M. Sharon a eu hier une série de rencontres au Capitole, avant de prendre l’avion pour Londres où il rencontrera le Premier ministre britannique Tony Blair, « un autre ami d’Israël ».
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