Il est pétillant comme du champagne frais, Thierry Van Biesen, tant son énergie est débordante. Avec des bulles plein la tête, bulles de toutes les couleurs qui flottent, se promènent, chatouillent et explosent, il éclabousse le regard de ses photos pleines d’humour… Petites bulles de champagne frais qui grandissent et prennent la forme de grosses bulles de BD dont Thierry serait le héros, sorti un moment nous raconter son histoire avant de repartir très vite faire ses photos aux quatre coins du monde. es bulles qu’il peuple de ses histoires et de son regard très personnel « je ne vois que le bon côté des choses » et qui diraient tout simplement « merci la vie ! » Poil de Carotte, Tintin dans la lune ou petit prince fou, son univers est peuplé de colleuses d’étoiles, de dessins de Moebus, de robots qui rêvent et de silhouettes de femmes colorées, comme lui, en mouvement perpétuel, comme lui, qui sourient à la vie, comme lui ! Thierry Van comment? Van Biesen… Libanais, malgré les apparences, un nom directement importé de Belgique, lorsque son grand-père puis son père s’installent au Liban et un physique importé d’un univers où l’adolescence est un état d’âme définitif. « Je suis né à la rue Abdel Wahab el-Inglisi, en avril 1965 » ; premier de classe, malgré les apparences, un look haut en couleur, t-shirt orange, tennis jaunes, l’air complètement « déjanté » de l’artiste libre, des cheveux fous, un regard vif et un sourire évidemment pétillant, souligné par une petite barbichette blanche – personne n’aura compris le secret de cette mèche rebelle et personne ne s’en étonne – c’est du Thierry tout craché ! De Beyrouth à Londres « Matheux », malgré ces mêmes apparences, une année à Polytechnique, en Belgique, « je voulais logiquement et en bon premier de classe être ingénieur, tous mes copains photographes avaient raté le bac ! » et un BS en math et sociologie à l’AUB ne le détourneront pas de sa passion pour la photo. « J’ai commencé par photographier ma petite amie qui était mignonne. » Les professionnels lui trouvent du talent et de la technique, il trouve la motivation de continuer. Le reste se fera instinctivement, des rencontres de hasard qui ne se font jamais vraiment par hasard et qui le mènent au septième ciel pour y coller ses propres étoiles… En 1988, il s’envole pour New York et travaille dans l’école de photo du grand Art Kane comme assistant à Sarah Moon, Ralph Gibson et d’autres signatures de l’univers du papier glacé. Puis il ouvre son propre studio à Beyrouth, se fait timidement un nom dans la photo publicitaire avant de s’exiler en 1991, « j’étais trop idéaliste ». Après un court passage à Bruxelles, il s’installe à Londres et commence à se faire voir dans de nombreuses revues internationales telles Tank, Jalouse, Dealer de luxe ou encore Mined, des campagnes pour Issey Miyaké ou Castelbajac parfums dont il s’enorgueillit en disant, « avec ma compagne la styliste Marianne Ghantous nous avons tenu à être les auteurs de cette photo, de l’idée et la réalisation ». Ces « colleuses d’étoiles », « pour rendre le ciel plus beau » auront également embelli le ciel de Thierry qui a gagné une reconnaissance et deux agents, Marion de Beaupré – autrefois agent de grands photographes tels Peter Lindbergh – et Stephane Baumet. Thierry figure actuellement dans une exposition collective qui se tient à Paris après Hambourg, « Archéologie de l’élégance, 20 ans de photos de mode ». Son nom s’associe enfin à ceux qu’il considère comme ses grands maîtres. Photographe de mode, bien qu’il affirme « la mode m’intéresse, la photo de mode pas trop. Ce sont des filles trop belles pour moi qui portent des vêtements trop chers pour moi dans des endroits trop inaccessibles pour moi... ». Ce qu’il en fait est taillé à sa mesure, des couleurs, des lignes qui bougent, des perspectives et surtout de l’humour. « J’aimerais que mes photos ajoutent quelque chose, un sourire, une émotion qui rendent les gens plus optimistes. J’ai envie de transporter. » Car, comme le disait si justement un ami de longue date, Thierry est « une âme ». Heureuse. Et le bonheur, en général, est contagieux. Carla HENOUD
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