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Le chef, c’est Kahn

Ni devant ni au milieu, mais loin derrière, droit dans ses buts, se trouve le véritable chef de l’équipe d’Allemagne de football, le gardien et capitaine Oliver Kahn, auteur d’un sans-faute pour l’instant pour son premier Mondial. « Tant qu’il sera là, personne ne pourra le concurrencer », tranche ainsi l’ex-gardien et légende vivante Sepp Maier, son entraîneur au Bayern et en sélection. Jens Lehmann (Dortmund) et Hans Jœrg Butt (Leverkusen), deuxième et troisième choix, ne s’y aviseraient guère. Ils devront, comme Kahn, attendre leur heure. Le natif de Karslruhe (ouest) a en effet passé deux Coupes du monde sur le banc. Barré par Bodo Illgner au Mondial 1994 aux États-Unis et par Andreas Kœpke au rendez-vous français de 1998. Ce n’est donc qu’à la retraite internationale de Kœpke qu’il devint titulaire, aussi incontestable qu’incontesté. De sa première expérience ès-qualité, l’Euro 2000, cet accident industriel du football allemand, il ne veut aujourd’hui plus rien savoir. « Le temps des Primadonna est fini. Aujourd’hui, il y a un vrai esprit d’équipe », a-t-il lancé avant l’ouverture de ce Mondial asiatique. Le « meilleur gardien du monde 2001 » doit donc aussi à ce titre donner de la voix sur le pré, en l’absence de caractères suffisamment trempés pour assurer cette fonction. L’ancien de Karlsruhe (1975-94) ne s’en prive pas, mais, comme le reconnaît Franz Beckenbauer, « cela ne suffit pas, car en tant que gardien, il est difficile d’influer sur le jeu ». Ce rôle devrait aussi revenir au milieu de terrain Michael Ballack, que toute la confrérie des experts allemands exhorte à « aboyer » un peu plus. Mais l’intéressé ne cesse de répéter que « Oliver est notre leader », même s’il avoue que « de temps en temps », il devrait en effet prendre un peu plus les choses en main. « Je peux vous garantir que nous n’allons pas nous ridiculiser devant le Cameroun mardi », a prévenu Kahn, dans ce rôle du remonteur de mécanique. Le gaillard (1,88 m, 90 kg) ne voudrait surtout pas revivre le scénario cauchemardesque du match contre l’Irlande, avec ce but encaissé dans le temps additionnel, qui le mit dans une colère noire au point d’accuser publiquement le malheureux Oliver Bierhoff d’être à l’origine de cette malédiction. « C’est vrai qu’on peut parfois sur-réagir dans de telles circonstances », a reconnu celui qui, jusqu’à cette fameuse 92e minute, avait repoussé avec talent les vagues irlandaises. Et d’ajouter : « C’est maintenant que nous devons montrer que nous sommes capables d’encaisser la pression d’un Mondial ». En 2006 en effet, il sera peut-être trop tard pour lui.
Ni devant ni au milieu, mais loin derrière, droit dans ses buts, se trouve le véritable chef de l’équipe d’Allemagne de football, le gardien et capitaine Oliver Kahn, auteur d’un sans-faute pour l’instant pour son premier Mondial. « Tant qu’il sera là, personne ne pourra le concurrencer », tranche ainsi l’ex-gardien et légende vivante Sepp Maier, son entraîneur au Bayern et en sélection. Jens Lehmann (Dortmund) et Hans Jœrg Butt (Leverkusen), deuxième et troisième choix, ne s’y aviseraient guère. Ils devront, comme Kahn, attendre leur heure. Le natif de Karslruhe (ouest) a en effet passé deux Coupes du monde sur le banc. Barré par Bodo Illgner au Mondial 1994 aux États-Unis et par Andreas Kœpke au rendez-vous français de 1998. Ce n’est donc qu’à la retraite internationale de Kœpke qu’il devint...