Le taux d’abstention a atteint hier un niveau record pour des élections législatives, se situant autour de 36 %, selon les estimations des instituts de sondage, comme si le sursaut civique observé au second tour de l’élection présidentielle avec la présence de Jean-Marie Le Pen était retombé comme un soufflé en cinq semaines. Le taux d’abstention dépasse de près de 9 points celui du premier tour de l’élection présidentielle du 21 avril dernier (28,4 %), qui avait favorisé la présence de M. Le Pen au second tour et entraîné une forte mobilisation des électeurs lors du scrutin du 5 mai, faisant retomber l’abstention à 20,3 %. Il est supérieur de cinq points à celui du premier tour des élections législatives de 1997 (32 %) et de six points à celles du premier tour de 1993 (30,8 %). Le taux d’abstention est davantage comparable à celui du premier tour des élections législatives de 1988 (34,3 %), qui avaient été organisées comme le scrutin de dimanche dans la foulée de l’élection présidentielle, après la réélection de François Mitterrand. En 1981, dans un cas de figure comparable (élection présidentielle suivie des élections législatives, après dissolution de l’Assemblée nationale), les électeurs avaient été plus nombreux à se déplacer (29,1 % d’abstention). Déjà, l’abstention avait nettement augmenté d’une consultation à l’autre, avec un écart de dix points en 1981 (18,9 % seulement d’abstention au premier tour de la présidentielle) et de près de 16 points en 1988 (18,6 % d’abstention au premier tour de la présidentielle). La participation aux élections législatives de dimanche n’a été contrariée ni par des vacances scolaires ni par les « ponts » du mois de mai, comme cela avait été le cas lors de l’élection présidentielle. Mais elle a pu souffrir de l’intérêt des Français pour la Coupe du monde de football et le tournoi de tennis de Roland-Garros. Sur le terrain politique, certains électeurs de gauche, privés de leader depuis le retrait de la vie publique de Lionel Jospin, ont pu se réfugier dans l’abstention, troublés à l’idée de provoquer, en votant pour leur camp, une nouvelle cohabitation, dont le caractère nocif a été dénoncé de toutes parts. De surcroît, la campagne législative a généralement été jugée morne, sans véritable débat gauche-droite, et les thèmes abordés n’ont pas apporté beaucoup de nouveauté par rapport aux sujets discutés pendant la campagne présidentielle. Le résultat de dimanche semble ne pas confirmer le regain d’intérêt pour la politique dont faisaient état certaines enquêtes. Selon un sondage Sofres-Cidem publié jeudi, 95 % des électeurs déclaraient avoir envie d’exercer leur droit de vote, contre 80 % avant la présidentielle, et 73 %, contre 55 % en avril, estimaient que la politique « permet de changer des choses importantes dans le pays et la vie quotidienne des gens ».
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le taux d’abstention a atteint hier un niveau record pour des élections législatives, se situant autour de 36 %, selon les estimations des instituts de sondage, comme si le sursaut civique observé au second tour de l’élection présidentielle avec la présence de Jean-Marie Le Pen était retombé comme un soufflé en cinq semaines. Le taux d’abstention dépasse de près de 9 points celui du premier tour de l’élection présidentielle du 21 avril dernier (28,4 %), qui avait favorisé la présence de M. Le Pen au second tour et entraîné une forte mobilisation des électeurs lors du scrutin du 5 mai, faisant retomber l’abstention à 20,3 %. Il est supérieur de cinq points à celui du premier tour des élections législatives de 1997 (32 %) et de six points à celles du premier tour de 1993 (30,8 %). Le taux d’abstention...