Rechercher
Rechercher

Actualités - Opinion

Les modérés plaident pour une opposition bicommunautaire constructive

Baabda ouvre ses portes. Et rouvre la porte du dialogue. Il fait peu de doute en effet que l’audience accordée aujourd’hui à Nassib Lahoud doit inaugurer tout un défilé d’opposants. Qui auront loisir d’exposer leurs revendications. En sachant bien entendu que leur réalisation reste aléatoire, conditionnée par ce que l’on appelle les circonstances. Mais en espérant que le minimum obtenu permettrait de jeter les bases d’une véritable entente nationale. Il reste que l’opposition dite constructive se place, bien évidemment, à l’ombre de l’autorité légale et du système. Se distinguant ainsi de la contestation qui le rejette, par principe même. La différence est nettement perceptible quand on évoque le facteur, capital en pratique, du timing. C’est-à-dire que des demandes présentées sans tenir compte des circonstances permettraient, par leur apparent irréalisme, de mettre en doute les objectifs, les intentions de leurs auteurs. L’opposition constructive, forcément modérée, ne peut pas se limiter à la fraction chrétienne. Des pôles mahométans vont sans doute en grossir les rangs. Pour en faire un mouvement de dimension nationale, disposant d’un programme cohérent et se préparant en front uni pour les législatives de l’an 2005. En attendant, cette formation accepterait de participer à tout nouveau gouvernement. En s’efforçant aussi de jouer un rôle efficient dans la prochaine présidentielle. Des sources proches de ce courant modéré multiconfessionnel indiquent qu’on peut discuter avec le pouvoir. Sauf les lignes rouges : la présence militaire syrienne, la résistance, le non-déploiement de l’armée au Sud et la primauté de la présidence de la République. Et d’expliquer que les conditions régionales actuelles renforcent l’axe Beyrouth-Damas, en justifiant stratégiquement le maintien des troupes syriennes. De même, la résistance active garde droit de cité tant que l’occupation perdure, ce qui signifie du même coup qu’on ne peut déployer l’armée à la frontière. Enfin, la présidence de la République doit être respectée en tant qu’instance suprême d’arbitrage, se plaçant au-dessus de toute mêlée pour veiller à l’intérêt national. Selon ces sources, la contestation qui récuse ces lignes rouges est minoritaire et pour ainsi dire marginale. Les radicaux devraient rester en-dehors de tout dialogue, comme de tout nouveau gouvernement. Les modérés, pour leur part, offrent un large éventail de forces politiques susceptibles de dialoguer avec le pouvoir sur des doléances dites raisonnables. Ils sont prêts, évidemment, à intégrer le système de l’intérieur, à faire partie du cabinet. Cette façon de voir les choses est cependant critiquée comme réductrice et sommaire par beaucoup de pôles. Qui relèvent, par exemple, qu’on ne peut pas toujours effectuer un tri pointu entre pôles disposés à dialoguer et pôles intransigeants, ou plus exigeants. Ces personnalités citent l’exemple de Kornet Chehwane où plusieurs tendances, plus ou moins accentuées ou nuancées, se côtoient. Ce sont les constantes nationales qui en cimentent l’unité. Et certains de ces principes ne supportent pas d’être soumis à des lignes rouges, sauf à titre tactique et provisoire. Et encore, pas de l’avis de tous. Autrement dit, concluent ces sources, en voulant à tout prix poser des cloisons pour parquer les courants d’opposition, on risque de provoquer des césures empêchant l’opposition de prendre corps en tant que force politique unie. Émile KHOURY
Baabda ouvre ses portes. Et rouvre la porte du dialogue. Il fait peu de doute en effet que l’audience accordée aujourd’hui à Nassib Lahoud doit inaugurer tout un défilé d’opposants. Qui auront loisir d’exposer leurs revendications. En sachant bien entendu que leur réalisation reste aléatoire, conditionnée par ce que l’on appelle les circonstances. Mais en espérant que le minimum obtenu permettrait de jeter les bases d’une véritable entente nationale. Il reste que l’opposition dite constructive se place, bien évidemment, à l’ombre de l’autorité légale et du système. Se distinguant ainsi de la contestation qui le rejette, par principe même. La différence est nettement perceptible quand on évoque le facteur, capital en pratique, du timing. C’est-à-dire que des demandes présentées sans tenir compte des...