Les pays arabes et les Palestiniens envisagent avec réticence une conférence sur le Proche-Orient et y posant de nombreuses conditions malgré les efforts américains et européens pour la réunir. Les Palestiniens exigent, selon leur ministre de la Coopération internationale Nabil Chaath, que la conférence, envisagée pour cet été, relance les négociations de paix avec Israël. « Elle devrait comporter un calendrier (pour des négociations), s’accompagner de garanties internationales » et devrait aussi être fondée sur le plan de paix arabe, proposant à Israël la normalisation en échange de son retrait de tous les territoires arabes occupés depuis 1967, a-t-il dit. M. Chaath a aussi insisté sur la participation de tous les pays concernés, en allusion à la Syrie et au Liban dont la présence est contestée par Israël. L’idée de conférence, avancée en avril par le Premier ministre israélien Ariel Sharon, a été relancée en mai par les États-Unis, avec le soutien de l’Union européenne, de la Russie et de l’Onu. L’Arabie saoudite, chef de file des monarchies arabes du Golfe, s’en tient de son côté à ce que la conférence se penche sur l’application du plan de paix arabe dont elle a été l’initiatrice. « Les Saoudiens tiennent à ce que toute conférence discute d’un mécanisme d’application du plan de paix arabe, et non du lancement de nouvelles négociations », a indiqué un diplomate arabe. L’Égypte, premier pays arabe à avoir signé la paix avec Israël en 1979, a insisté sur la participation de « tous les pays arabes concernés par le conflit », comme l’a souligné récemment son chef de la diplomatie Ahmed Maher. La Jordanie, deuxième pays arabe signataire de la paix avec Israël en 1994, exige que la conférence ait pour objectif la fin de l’occupation israélienne des territoires palestiniens et l’établissement d’un État palestinien selon un « calendrier précis ». La Syrie demande qu’elle soit basée, selon Radio-Damas, « sur les résolutions 242 et 338 du Conseil de sécurité de l’Onu qui interdisent à Israël l’occupation des terres d’autrui par la force », et veut « un calendrier précis pour le retrait israélien » des terres arabes. Le président syrien Bachar el-Assad a demandé par ailleurs des « garanties américaines » pour qu’elle « aboutisse à des résultats ». Le Liban partage la même position. Cette conférence était au centre de l’activité diplomatique de ces derniers jours dans la région. L’émissaire américain William Burns a indiqué qu’« une solution politique était possible sur la base des résolutions 242 et 338 du Conseil de sécurité de l’Onu ». Le haut représentant de l’UE pour la politique extérieure, Javier Solana, a dit hier espérer qu’une conférence de paix qui déboucherait sur la création d’un État palestinien pourrait être organisée cet été. « Je pense que nous avons une possibilité en juillet », a-t-il confié à quelques correspondants européens. « Je ne suis pas optimiste, mais j’espère que quelque chose pourra être fait. »
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