Le sommet d’Almaty où vont se trouver le Premier ministre indien Atal Behari Vajpayee et le président pakistanais Pervez Musharraf projette sur le devant de la scène la CICA une conférence régionale due à l’initiative du président kazakh Noursoultan Nazarbaïev. C’est dans le cadre de cette dernière que les présidents russe Vladimir Poutine et chinois Ziang Jemin vont tenter de convaincre MM. Vajpayee et Musharraf de faire baisser la tension entre leurs deux pays. La création de la Conférence sur les interactions et mesures de confiance en Asie (CICA) a été annoncée en octobre 1992 lors d’une allocution de M. Nazarbaïev devant l’Assemblée générale de l’Onu. Elle regroupe à ce jour seize membres : Afghanistan, Azerbaïdjan, Chine, Mongolie, Égypte, Inde, Iran, Israël, Kazakhstan, Kirghizstan, Pakistan, Palestine, Russie, Tadjikistan, Turquie, Ouzbékistan. Elle compte aussi dix observateurs dont le Vietnam, les États-Unis ou encore le Japon. La conférence est avant tout un forum consacré aux questions de stabilité et de sécurité régionale, avec un accent particulier sur le terrorisme et les armes de destruction massive. C’est la première fois depuis sa création que la CICA se tiendra au niveau des chefs d’État et de gouvernement de ses pays membres. Ces derniers devraient adopter à cette occasion l’Acte d’Almaty, une déclaration commune dont le projet a été adopté en septembre dernier lors d’une réunion des représentants des membres de la conférence. Ce document, encore susceptible de modifications de dernière minute, engage ses signataires à « soutenir les efforts d’élimination totale de toutes les armes de destruction massive », alors même que l’Inde et le Pakistan développent leur programme nucléaire militaire, et que l’Iran est soupçonné par les États-Unis de chercher à s’en doter. Les participants à la CICA s’engagent aussi à « refuser de fournir protection et accueil aux terroristes », alors que l’Inde accuse le Pakistan d’abriter des groupes indépendantistes cachemiris menant des incursions dans la partie indienne du Cachemire. Tout en reconnaissant le droit à l’autodétermination « des peuples vivant sous une occupation étrangère », le projet d’acte interdit à un pays membre de soutenir un mouvement séparatiste agissant sur le territoire d’un autre membre de la CICA. La CICA est l’une des trois organisations régionales de sécurité touchant l’Asie centrale, avec le Traité de sécurité collective de la Communauté des États indépendants (Russie, Arménie, Bélarus, Kazakhstan, Kirghizstan, Tadjikistan), et le groupe de Shanghai, qui réunit la Russie, la Chine, le Tadjikistan, le Kirghizstan, le Kazakhstan et l’Ouzbékistan. Tout en affirmant s’inspirer des principes guidant par exemple l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe, la CICA entend « prendre en compte les spécificités et caractéristiques des différentes régions d’Asie et travailler de manière graduelle et volontaire », selon le projet de l’Acte d’Almaty.
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