La torture reste pratiquée dans de nombreux pays en Europe, dont la Turquie et la Russie, relève Amnesty International, qui s’inquiète par ailleurs des restrictions aux libertés publiques après les attentats du 11 septembre. Dans son rapport, Amnesty relève « de nombreuses informations faisant état d’actes de torture et d’autres mauvais traitements infligés à des hommes, des femmes et des enfants » en Turquie. « La torture en garde à vue demeure une pratique systématique et les tortionnaires sont rarement déférés en justice » dans ce pays, affirme Amnesty. L’isolement prolongé imposé à des milliers de détenus dans des prisons de type F « s’apparente à un traitement cruel, inhumain ou dégradant », poursuit l’organisation de défense des droits de l’homme. Les forces russes engagées dans des opérations militaires en Tchétchénie se rendent également coupables de tortures, d’arrestations arbitraires et d’exécutions sommaires. Mais les combattants tchétchènes violent aussi le droit international en se préoccupant insuffisamment du sort des civils dans leurs opérations militaires, et en exécutant des soldats russes faits prisonniers, toujours selon Amnesty. Des cas de tortures et de mauvais traitements ont également été rapportés dans les commissariats et les prisons en différents points de Russie. Amnesty a répertorié au total 34 pays où les forces de l’ordre ou de police sont accusées de torture ou de mauvais traitements. L’organisation cite notamment l’Albanie, la Géorgie, la Lituanie, la Roumanie et l’Espagne. Amnesty International épingle par ailleurs la Grande-Bretagne pour « avoir passé une nouvelle législation sur la sécurité, dans la foulée des attentats du 11 septembre aux États-Unis, qui ouvre la voie à des violations des droits de l’homme ». L’organisation déplore en particulier la possibilité de placer en détention administrative, sans possibilité d’appel judiciaire, tout étranger « soupçonné de faire peser un risque pour la sécurité nationale ». La force des Nations unies en Bosnie-Herzégovine (Sfor) a de son côté arrêté sans inculpation et mis en isolement au moins une douzaine de personnes soupçonnées d’activités terroristes, pour la plupart juste après le 11 septembre. L’organisation non gouvernementale déplore d’autre part le durcissement à l’égard des demandeurs d’asile et condamne le renvoi par la Suède de deux Égyptiens vers leur pays d’origine alors qu’ils y sont « en grand danger de torture et de procès inéquitable ». La France épinglée pour les brutalités policières et la guerre d’Algérie Amnesty International retient à charge de la France la question des brutalités policières et le dossier des violations des droits humains lors de la guerre d’Algérie. « Des cas de brutalités policières ont été signalés, notamment contre des demandeurs d’asile et des ressortissants étrangers sans papiers », note en préambule l’organisation de défense des droits de l’homme. Amnesty avait déjà insisté l’an passé, dans son rapport annuel, sur les cas de mauvais traitements et parfois de torture par la police en Europe, notamment en France. « L’issue judiciaire de certaines affaires de coups de feu meurtriers tirés par des policiers a suscité de nouvelles et graves inquiétudes relatives à l’impunité de la police », note par ailleurs Amnesty. L’organisation choisit enfin de revenir sur le cas du général Paul Aussaresses, qui avait publié début mai 2001 Services spéciaux, Algérie 1955-1957, dans lequel il témoignait des tortures et exécutions qu’il avait commises en Algérie. « Tout en condamnant les actes relayés par le général Aussaresses, le gouvernement se refusait toujours à ouvrir une enquête à la fin de l’année », regrette Amnesty. « Plusieurs instructions judiciaires ont été ouvertes sur des allégations de violations des droits humains commises durant cette guerre, mais certaines ont été rapidement refermées », estime l’ONG.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La torture reste pratiquée dans de nombreux pays en Europe, dont la Turquie et la Russie, relève Amnesty International, qui s’inquiète par ailleurs des restrictions aux libertés publiques après les attentats du 11 septembre. Dans son rapport, Amnesty relève « de nombreuses informations faisant état d’actes de torture et d’autres mauvais traitements infligés à des hommes, des femmes et des enfants » en Turquie. « La torture en garde à vue demeure une pratique systématique et les tortionnaires sont rarement déférés en justice » dans ce pays, affirme Amnesty. L’isolement prolongé imposé à des milliers de détenus dans des prisons de type F « s’apparente à un traitement cruel, inhumain ou dégradant », poursuit l’organisation de défense des droits de l’homme. Les forces russes engagées dans des...