L’Égypte renforce sa coopération énergétique avec ses voisins arabes, tout en tenant Israël à l’écart pour marquer sa désapprobation de sa politique, explique-t-on dans les milieux spécialisés. Ainsi, Le Caire a ouvert la porte à la Libye pour racheter les parts détenues encore récemment par des investisseurs israéliens dans une raffinerie de pétrole à Alexandrie (nord). Tripoli négocie la reprise de « tout ou d’une partie des 39 % des parts détenues par la Banque nationale d’Égypte » dans la raffinerie Midor (Middle East Oil Refinery), indique le quotidien spécialisé International Oil Daily (IOD). La banque avait acheté il y a un an les actions des investisseurs israéliens, dont le groupe Merhav, qui totalisaient 23 %, portant ainsi à 39 % sa participation dans la raffinerie, dont la construction a coûté 1,2 milliard de dollars, selon le quotidien basé à Londres. L’actionnariat est actuellement égyptien dans sa totalité, le groupe étatique Egyptian General Petroleum Corporation (EGPC) détenant directement et à travers des filiales 60 %. L’intérêt porté par la Libye à Midor, entrée en production en décembre 2000, a été souligné dimanche au Caire par le Premier ministre Moubarak al-Chamekh. « La Libye a pris la décision de participer à la raffinerie (...). Le volume et les conditions de cette participation seront annoncés dans les prochaines semaines », a indiqué M. Chamekh après avoir rencontré son homologue égyptien Atef Ebeid. « Une participation libyenne signifie qu’Israël est sorti pour de bon de Midor, c’est encore un signe de désapprobation », estime un cadre pétrolier occidental, sous couvert de l’anonymat. Considérée comme l’une des raffineries les plus modernes du Proche-Orient, Midor, dotée d’une capacité de 100 000 barils par jour, était la plus importante entreprise conjointe arabo-israélienne depuis la signature du traité de paix entre l’Égypte et Israël, en 1979. Les investisseurs israéliens se sont retirés à la suite de la dégradation des relations avec l’Égypte, depuis le début de l’intifada palestinienne en septembre 2000. Leur départ permettra aux pays arabes producteurs de pétrole du Golfe, dont l’Arabie saoudite et le Qatar, de confier à Midor une partie de leurs exportations transitant par l’oléoduc Sumed (Suez-Méditerranée), selon IOD. La participation libyenne marque une nouvelle étape dans la coopération entre les deux pays, qui prévoient la construction d’un oléoduc pour transporter du pétrole libyen en Égypte, et un gazoduc pour acheminer le gaz naturel égyptien en Libye. L’Égypte, dont les réserves sont estimées à 165 milliards de m3, a aussi tourné le dos à Israël dans un projet de gazoduc de 700 millions de dollars, qui doit approvisionner la Jordanie, la Syrie et le Liban. Les ministres du Pétrole et de l’Énergie des quatre pays doivent se réunir prochainement à Amman pour discuter de la « création d’une compagnie conjointe supervisant les opérations du gazoduc et coordonnant la fourniture de gaz à la Jordanie, à la Syrie et au Liban », a déclaré le ministre jordanien de l’Énergie, Mohammad Batayneh, cité par IOD. Les premières livraisons de gaz à la Jordanie doivent commencer en 2003, alors que la Syrie et le Liban doivent encore se mettre d’accord avec l’Égypte sur les volumes d’approvisionnement. L’Égypte envisage de prolonger le gazoduc de la Syrie à la Turquie et à Chypre. La décision de l’Égypte a poussé le Premier ministre israélien Ariel Sharon à donner son accord préliminaire pour l’achat du gaz extrait d’un champ au large de la bande de Gaza par la compagnie britannique BG, avait indiqué récemment IOD.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats L’Égypte renforce sa coopération énergétique avec ses voisins arabes, tout en tenant Israël à l’écart pour marquer sa désapprobation de sa politique, explique-t-on dans les milieux spécialisés. Ainsi, Le Caire a ouvert la porte à la Libye pour racheter les parts détenues encore récemment par des investisseurs israéliens dans une raffinerie de pétrole à Alexandrie (nord). Tripoli négocie la reprise de « tout ou d’une partie des 39 % des parts détenues par la Banque nationale d’Égypte » dans la raffinerie Midor (Middle East Oil Refinery), indique le quotidien spécialisé International Oil Daily (IOD). La banque avait acheté il y a un an les actions des investisseurs israéliens, dont le groupe Merhav, qui totalisaient 23 %, portant ainsi à 39 % sa participation dans la raffinerie, dont la construction a...